Veiller, par Xavier Bazot, écrivain

Edouard Vuillard, La petite fille au volant, circa 1899 « Savez-vous quelle est la différence entre le communisme et le capitalisme ? Sous l’un ou sous l’autre régime, l’écrivain gagne sa vie en étant veilleur de nuit. » Je ne connaissais pas Xavier Bazot, pourtant auteur chez P.O.L., Le Serpent à Plumes et Champ Vallon de six livres…

La peinture comme désir, par Yannick Haenel, écrivain

La Mort de Sardanapale, 1827, 3,9 x 4,9m, Eugène Delacroix Pour Baudelaire célébrant Delacroix le poëte en peinture – contre Hugo l’académicien – dans son fameux Salon de 1846, le tempérament, voluptueux, violent, voire la naïveté géniale, est le secret de la préservation de l’âme. « Delacroix, écrit-il, est le seul aujourd’hui dont l’originalité n’ait pas…

Une logique au chaos, Paul Klee, par Stéphane Lambert, écrivain

« Paul Klee écrivait de la main droite et peignait de la main gauche. Une légère distorsion fait trembler la ligne d’horizon sur laquelle nous marchons. Le trait ouvre une porte dans la couleur. Qui allume une énigme dans la raison. En chaque témoin, il y a un devin qui dort. L’œuvre, elle, demeure un chemin…

Tombeau de Roche, voisin et ami, par Karine Miermont, écrivain

5 août 1997. Sète, Pierre Soulages © Denis Roche Pour comprendre le projet littéraire de Karine Miermont à propos de l’écrivain et photographe Denis Roche, il faut aller à la dernière page de son livre de témoignage vagabond, Marabout de Roche : « Les jours se succèderaient comme dans nos vies, il y aurait des pensées, des…

Bartlebying, par Serge Airoldi, écrivain

©Serge Airoldi « Fuir, mais en fuyant, chercher une arme. » (Gilles Deleuze, Dialogues) Insula Bartleby, de Serge Airoldi, est une lecture savoureuse, magnifiquement informée, du texte de Melville publié une première fois en 1853, et de ses exégèses.  C’est une œuvre très libre, interrogative, suspensive, déclarative, guidée quelquefois par la logique des paronomases à la façon…

Papiers recollés, par Jacques Drillon, écrivain

« Les inversions. Pour Colette, les femmes sont des « chics types ». son premier mari, Willy, c’est « La Doucette » ; son deuxième, Bertrand de Jouvenel, c’est « La Sultane » ; son troisième et dernier mari, Maurice Goudeket, a une « peau de satin ». » (Jacques Drillon) Dans l’histoire de la littérature mondiale, il y avait A l’ombre des jeunes filles en fleurs…

Vers l’unité originelle, par Hermann Hesse, écrivain

« Mais l’homme n’a pas le monopole de l’écriture. On peut très bien écrire sans mains, sans plume, sans pinceau, sans papier ni parchemin. Le vent, la mer, le fleuve et le torrent écrivent. Les animaux écrivent. La terre écrit quand elle plisse le front quelque part et barre ainsi la route à un fleuve, balaie…

A la recherche du temps perdu, cahiers de jeunesse, par Marcel Proust, écrivain

Dans les désastres en cours, quelle joie de lire des phrases aussi belles, aussi limpides, aussi intelligemment sensibles, que celles de Marcel Proust. On connaissait leur existence, mais on ne les avait pas lus. Il s’agit des « soixante-quinze feuillets » écrits en 1908, retrouvés au domicile de Bernard de Fallois qui les avait reçus de Suzy…

Le Chant général, par Erri De Luca, poète

« Seigneur du monde, tu nous as faits misérables et maîtres de tes immensités, tu nous as même donné un nom pour t’appeler. » Traducteur de l’hébreu, travaillant la prose dans une écoute fine de la parole, Erri De Luca est essentiellement poète. Accompagné des poèmes inédits de L’hôte impénitent, et reprenant Aller simple, paru une première…