Volta no vento, d’un sentiment océanique, par Gilles Roudière, photographe

© Gilles Roudière Volta no vento, titre du dernier opus du photographe franco-berlinois Gilles Roudière, composé pour les éditions IIKKI, est un titre portugais pour un auteur aimant nomadiser. Est-ce pour autant une saudade ? Non, peut-être pas tout à fait, puisqu’ici tout est peut-être plus déchiré, plus sauvage, plus violent, que la mélancolie qui berce…

Ukraine, la possibilité d’un rêve, par Synchrodogs, duo de photographes

© Synchrodogs On n’associe pas forcément l’Ukraine à la légèreté, au culte de la nature, au jardin d’Eden. En 2015 pourtant, Joseph Charroy nous avait indiqué un autre chemin que celui des représentations liées à la lourdeur postsoviétique avec La Frontière (éditions Lamaindonne), accordant au corps nu de sa compagne, photographiée au bord d’un lac,…

Un hymne à l’amour, et à la photographie, par Yves Trémorin

© Yves Trémorin Ces deux-là s’aiment à la folie, chaque image en témoigne. Photographiant depuis plus de quarante ans sa compagne Monique, Yves Trémorin a conçu, sur proposition de Caroline Bénichou (agence Vu’) et David Fourré (Lamaindonne), un livre intitulé sobrement Monica, rassemblant des séries mythiques, Les Amants magnifiques, Chambre close, Un dimanche. © Yves…

Manger & photographier les enfants, pour les sauver, par Julien Coquentin

Julien Coquentin écrit des livres comme on invente les plus beaux contes pour ses propres enfants. Son dernier-né chez son fidèle éditeur David Fourré (Lamaindonne), Tropiques, évoque une île, une robinsonnade, le photographe accompagnant ses images d’un long texte au statut indécidable, mi-autobiographique, mi-fictionnel, successions de nouvelles, dont le corps blessé de Mr Yu, las…

Les secrets du tirage, par Guillaume Geneste, maître d’art

Colette © Guillaume Geneste « Je trouvais magique de voir que, sur une même feuille de papier à lettres, il était possible d’écrire un poème et de faire apparaître une photographie. » Le tirage à mains nues, de Guillaume Geneste, est le grand livre qu’il manquait en France sur l’art du tirage. Premier ouvrage essentiellement de textes…

Une ballade havanaise, par Jean-Christophe Béchet, photographe

Après Trova, de Gilles Roudière (Lamaindonne, 2019) et Desmemoria, de Pierre-Elie de Pibrac (Xavier Barral Editions, 2019), Cuba est à l’honneur chez les photographes français. Dernier opus de haute sensibilité, Habana Song, de Jean-Christophe Béchet (éditions Loco), qui est une ballade mélancolique, un portrait de lumière noire de la capitale insoumise et usée. Commencé en…

Empire, une cosa mentale très physique, par Marie Sordat, photographe

En découvrant quelques années après sa publication (2015), le premier livre de Marie Sordat, Empire (Yellow Now), j’ai souhaité immédiatement en discuter avec son auteure, tant m’intéressent les travaux inaugurant une œuvre sans nul doute au long cours, et profondément poétique dans sa recherche de forme et de vérité. On est ici du côté de…

Denis Roche, l’art énergumène et la mort, par Jean-Marie Gleize, écrivain

« J’écris pour être seul, je photographie pour disparaître. » Denis Roche manque, mais il y a ses livres, des dizaines de volumes, des poésies, des récits étranges, troués, des ouvrages de photographie accompagnés d’essais théoriques importants, et maintenant une biographie composée allegro ma non troppo par l’écrivain Jean-Marie Gleize, Denis Roche, Eloge de la…

Trova, errance cubaine, par Gilles Roudière, photographe

  Il ne cherche pas, il trouve. La formule, bien connue, provient de Picasso, mais, antérieurement, elle est de la grande tradition de l’amour courtois, et de l’art du trobar, soit la capacité à trouver en un mot, en une phrase, en un rythme, le lieu et la formule, la source du désir et son…

Une poétique de l’accident, par Gaël Bonnefon, photographe

Il y a chez la photographe Gaël Bonnefon une audace expérimentatrice mise au service d’une vision marquée par la chute, le tragique et les éblouissements du monde, comme une volupté du temps envisagé comme matière première. La réalité se présente chez lui comme une suite incessante d’effacements et de métamorphoses, faisant se lever un doute…

L’énigme et la beauté du temps arrêté, par Denis Roche, photographe

« Quand vous prenez une photo, quoi que vous fassiez, elle est remplie immédiatement, complètement. Vous ne pouvez pas soustraire le sujet à son environnement plein cadre. Vous ne pouvez rien y faire. Ce fait-là, j’ai besoin de le dire dans mes photos. Je ne suis pas un photographe de la décantation, plutôt de la sédimentation »…