Dublin à bout portant, par Eamonn Doyle, photographe

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© 2019 Eamon Doyle

Auteur de trois livres autoédités épuisés, I, ON et End., aujourd’hui regroupés dans Dublin Trilogie publié aux éditions Textuel, Eamonn Doyle fut l’une des découvertes majeures du festival de la photographie d’Arles l’été 2017.

Son œuvre de forts contrastes, très cinématographique, cadrée serrée, allant au contact de la chair de ses personnages et des bâtiments, est un hymne à Dublin comme foyer d’énergie et de diversité.

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© 2019 Eamonn Doyle

Eamon Doyle photographie au pied de chez lui, sur Parnell et O’Connell Street, l’aventure est au coin de la rue.

Des nuques, des chevelures, des vêtements colorés, des êtres marchant seuls, souvent âgés, photographiés généralement de dos, en plongée, forment l’ensemble visuel de I, conçu comme un envoi, un salut fraternel et pudique à l’humaine condition.

Martin Parr est admiratif : « Le meilleur livre de photographie de rue vu depuis dix ans. »

Ayant commencé la photographie après vingt ans de production musicale, Doyle a gardé de sa passion de la musique le sens de l’énergie, du beat, de l’atmosphère.

Ses passants sont seuls, mélancoliques, ce sont des condensés d’histoires muettes avalées par le macadam, des pieds, des têtes, des mains persistant dans leur être.

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© 2019 Eamonn Doyle

Des oiseaux captifs de la pesanteur, des âmes butées, sublimement ancrées dans leur destin.

ON est plus âpre, plus tragique, plus fou, plus moriyamaesque en quelque sorte.

Les visages occupent tout l’espace de la page,  ils sont inquiets, fermés, de toutes origines sociales et ethniques.

Ambiance de polar, de grogne populaire, de secret.

Inquiétante étrangeté.

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© 2019 Eamonn Doyle

Des images volées.

Un détective privé menant une enquête sans commanditaire.

Gangs of Dublin.

Le local est universel, chacun se battant dans la difficulté.

Marcher ou tomber, au risque d’être piétiné sans pitié.

Retour à la couleur avec End., aux corps fragmentés, aux signes aristotéliciens, métonymiques, tel un mix des deux premiers ouvrages.

La rue est enchanteresse, sensuelle, mais aussi hitchcockienne, lynchienne, kubrickienne.  

Rêve d’une présentation de ce vaste corpus dublinois sous la forme d’un diaporama ininterrompu accompagnée de musique live, de rap, de rythmes syncopés.

On se promène dans Dublin Trilogie comme on irait à Tokyo, à la recherche de la vie brute, inentamée, sauvage, voluptueuse et inconnaissable, dans l’apparence de l’ordre civilisationnel.  

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Eamonn Doyle, Dublin Trilogie, textes de Kevin Barry, préface de Nial Sweeney, introduction de Sean O’Hagan, Editions Textuel, 2019, 272 pages

Eamon Doyle

Editions Textuel

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