De la photographie comme grasping reflex, par Jennifer Drabbe, artiste visuelle

©Jennifer Drabbe

Everything here is fine only I fell out of a tree the first hour I was here, de l’artiste néerlandaise Jennifer Drabbe, est un très beau livre sur le génie féminin, de l’enfance à l’âge adulte.

C’est un ouvrage mêlant les époques, dans une attention soutenue sur la façon dont les corps les traversent.

Nous grandissons, évoluons, gagnons en expériences tout en accumulant les cicatrices, mais nos besoins, de reconnaissance, d’affection, d’amour, restent, sur le fond, inchangés.

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Une femme de dix-huit ans écrit à sa mère en 1944 : « Sachant que si je te dis tout, tout ira bien. »

Les lettres virevoltent, traversent les saisons, les mots restent les mêmes.

De façon poétique, Jennifer Drabbe reconstitue une mémoire familiale à partir d’un ensemble de photographies représentant six générations de femmes – de la fin de la Seconde Guerre mondiale à 2024 -, trouvant des points de convergence, des signes de transmission, des ressemblances physiques.

Les archives, parfois reproduites en fac-similé (lettre d’enfant, enveloppe déchirée), sont scrutées, des détails émergent, ayant valeur de symbole.

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Rien de savant ici, mais la grâce des corps associés formant une vaste chorégraphie intergénérationnelle.

Avec son deuxième livre autopublié, après Today is my favorite day, Jennifer Drabbe poursuit son travail sur la recherche d’une unité profonde entre les êtres à partir du plus proche, ou du plus quotidien.

Des écritures qui se chevauchent, se répondent, se juxtaposent.

Même langage, mais des graphies différentes, similaires et incompossibles.

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On ne porte pas autrement son enfant en 1956 qu’en 2002, les gestes se réinventent chaque fois à l’identique, l’artiste ayant beaucoup travaillé pour le théâtre exposant de façon émouvante, dans un regard de scénographe, une odyssée de postures simples et nobles finissant par se confondre.

Images noir & blanc et couleurs, grains plus ou moins perceptibles.

Sourires, bébés qui se dressent, grasping reflex.

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Pieds nus, pieds chaussés, stylistique de la chaussure.

Mamie est morte, on la veille, bébé crie.

La petite-fille porte des bracelets aux chevilles, sa grand-mère un sac à main noir chic classique.

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Des regards et des masques, des siestes et des attitudes estivales de farniente.

Des peaux jeunes et des épidermes ridés, des sommeils à la plage et dans des prairies.  

Eau de la mer, bain moussant, jeux à tous âges.

Dans le flux de ses images, Everything here is fine only I fell out of a tree the first hour I was here se regarde avec beaucoup de tendresse, et d’admiration envers cet effort de vie porté par tous.

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Roue du karma, répétitions, fragments d’une famille rassemblés par une artiste créant pour elle un grand corps de gloire.

Jennifer Drabbe, Everything here is fine only I fell out of a tree the first hour I was here, texts in english, design -SYB-, lithography Raimundas Austinkas, 2025 – 300 exemplaires

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https://www.jenniferdrabbe.com/

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https://www.jenniferdrabbe.com/everything-here-is-fine

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