Bondage, un art de l’attachement, par John Willie, photographe

C’est un livre dont on comprend immédiatement qu’il est pour ses éditrices, Nathalie Mayevski & Delphine Delastre, et leurs amies, un chouchou. Un livre sulfureux et secret, une tempête de délicatesse dans un gant de cuir noir, un contrebandier de la pensée à l’époque des calomnies sexistes. Pourquoi une femme attachée, liée, ligotée, peut-elle paraître…

Le paradis des enfants sauvages, par Alain Laboile, photographe

Après les magnifiques familles Geneste (deux volumes sur quatre déjà parus chez Filigranes, couvrant un empan chronologique de vingt-quatre ans, 1992-2016) et Vansteenwinckel (livre Nosotros chez Yellow Now), l’actualité photographique nous offre l’occasion de rencontrer la tribu Laboile, non moins touchante. Très appréciée des réseaux sociaux, la petite planète Laboile est un concentré de joies,…

Le parti pris des paysages, par Beatrix von Conta, photographe

Glissement de terrain est un titre qui m’enchante, parce qu’il me fait penser à celui du film d’Alain Robbe-Grillet, Glissements progressifs du plaisir (1974), œuvre librement inspirée de La Sorcière de Jules Michelet (1862) mettant en scène une succession de décalages, rapprochant la réalité des fantasmes, et qu’il appartient au vocabulaire des géographes. Entre observation…

La beauté partout, par Martine Franck, photographe

Il y a une joie Martine Franck qui est un bonheur de vision embrassant le monde avec fraternité, ses ouvriers, ses artistes, ses démunis, ses beaux fous, ses enfants, ses vieillards. Il y a une drôlerie Martine Franck, inventant des compositions malicieuses déjouant les pesanteurs de l’esprit de sérieux et du reportage de commande, notamment…

Du théâtre comme enlacement et guérison, par Pippo Delbono

« Dans la vie, il y a des moments de théâtre tellement extraordinaires que mes yeux n’arrivent pas à s’en détacher. Je me souviens d’une longue nuit en Namibie, assis sur un banc à regarder les animaux qui venaient boire puis repartaient. Les éléphants venaient et repartaient. Ensuite, les girafes venaient et repartaient. De curieux écureuils…

Jeunesse, prière de déranger, par Aurore Valade, photographe

Aurore Valade conçoit la photographie comme un objet relationnel, une possibilité de rencontre, une expérience de l’ordre d’une performance, une scène. Dans des mises en scène très élaborées, l’artiste photographie ses personnages avec les objets qui les entourent, s’intéressant moins aux visages qu’à l’ensemble des marchandises qui saturent nos existences et nous dévoilent. Les images…

La drôlerie de l’humaine condition, par Richard Kalvar, photographe

Né à Brooklyn en 1944, installé à Paris, Richard Kalvar, cofondateur en 1972 de l’agence Viva, intègre en 1975 l’agence Magnum. Son travail est étonnant, drôle, profondément humain sans mièvrerie. Abusivement assimilé au mouvement de la street photography, Richard Kalvar pose sur le monde un regard facétieux, plus proche de la mise en scène que…

De l’écriture comme trip machine, par Patrick Bouvet, poète

Trip Machine, de Patrick Bouvet (éditions de L’Attente, 2017), est une machine textuelle en cinq parties, soit un  vaste ensemble de vers concernant le nouveau visage cybernétique de l’humanoïde terminal, une expérience de lecture à propos de notre devenir machine. Les guerres modernes, impersonnelles, évacuant jusqu’à l’idée même de réinvention de soi telle qu’exprimée par…

Tanger, une fable photographique, par Marco Barbon

A Tanger, le photographe Marco Barbon a rencontré une ville multiple, diverse, changeante, et pourtant toujours la même. En ce territoire appelé par William S. Burroughs Interzone, le réel et la fiction se mélangent, s’offrent leurs polarités et ne cessent d’ouvrir leurs propres frontières à la présence de qui décide de ne plus s’appartenir tout…

De l’œuvre ouverte, par Jocelyne Alloucherie, plasticienne

Jocelyne Alloucherie est une plasticienne canadienne pour qui la question de l’habiter est primordiale. Créant par ses œuvres des théâtres d’apparition ouverts aux jeux de la mise en scène, Jocelyne Alloucherie cherche, dans l’élargissement du temps et de l’espace propre à la disposition de ses structures, à approfondir le mystère de notre présence. Entre reconnaissance…

Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse

  « Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…