Thomas Bernhard, le cataclysme, par Gemma Salem, écrivain

« Ah Fellini lui manque ! Marcello lui manque. Gainsbarre lui manque. Orson lui manque. Où sont passés les types comme ça ? » J’écris beaucoup, certes, mais je chronique bien moins de livres que je n’en reçois, tant nombre de textes publiés me semblent inutiles, mal écrits, naïfs, moimoiesques, pleins de bons sentiments, d’un humanisme facile, et franchement…

Théâtre, mer de ténèbres, par Claude Régy, auteur-metteur en scène

« Je me suis aperçu que le silence n’était pas muet. Que le silence, comme le dit Meschonnic, n’est pas un arrêt du langage mais que c’est, en fait, une catégorie du langage. C’est-à-dire qu’il y a une qualité d’expression qui ne peut s’atteindre que dans le silence et par le silence. » Claude Régy a créé…

Jacques Lemarchand, critique, serviteur du théâtre, et grand amoureux

Sans la belle obstination d’amis, de critiques, d’éditeurs, de passeurs, certaines œuvres essentielles tomberaient rapidement dans l’oubli, ainsi, peut-être, celle de Jacques Lemarchand, dont les éditions Claire Paulhan publient le troisième tome du journal (1954-1960) de ses aventures littéraires et sensuelles. Lecteur chez Gallimard, ami de Boris Vian et d’Albert Camus qui le fit entrer…

Le théâtre & le malaise des cœurs, par Pascal Rambert, et la revue Parages

J’essaie de ne manquer aucun des numéros de l’excellente revue semestrielle du Théâtre National de Strasbourg, Parages (fondée par Stanislas Nordey, conçue et animée par Frédéric Vossier) dont l’ensemble – sept volumes à ce jour – forme déjà un panorama très riche de la création théâtrale contemporaine. Consacré à Pascal Rambert, son dernier numéro est…

Dieu est mort, ses créatures grimacent, par Eva Aeppli, plasticienne

On ne les cherche pas, mais ils arrivent, les petits êtres, les drôles de visages, les grimaces. Ils naissent spontanément du pli d’une feuille tombée sur le chemin, du nœud d’un arbre, d’un nuage aperçu soudain sous un certain angle. Voici des formes nécessitant d’être tracées, inventées, découvertes, dans le miroir de la salle de…

A l’école de Louis Jouvet, par Jacques Lassalle et Jean-Loup Rivière

« Seul un grand acteur, déclare Jacques Lassalle, est capable de se renoncer, de renoncer à l’image que les autres ont de lui. Mais renoncer au paraître de la scène pour atteindre à l’être du rôle exige un grand savoir, une grande expérience du théâtre. » Comment forme-t-on un acteur ? Quelles sont les différentes…

Le théâtre comme temple dans l’Angleterre de Shakespeare, par Frances A. Yates, chercheuse

Spécialiste des liens étroits entre science et magie à l’aube des Temps modernes, l’Anglaise Frances A. Yates est l’auteure d’un livre impressionnant concernant le Théâtre du Globe de Shakespeare, abordé dans sa dimension symbolique, spirituelle, cosmologique. Publié pour la première fois à Londres en 1969, les éditions Allia le traduisent aujourd’hui. Livre se référant en…

Continuer de commencer, par Alain Françon, metteur en scène

« Si on ne mentait pas à l’enfant, écrit l’Anglais Edward Bond, il deviendrait fou, mais en même temps il sait que ce qu’on lui raconte n’est pas la réalité. » Est associée au nom du metteur en scène Alain Françon une qualité de lecture exceptionnelle. Pas d’effets, pas d’épate, pas d’outrance, pas de torsions…

Jacques Higelin, par Nicolas Comment, auteur-compositeur, photographe

« Vivez heureux aujourd’hui, demain il sera trop tard. » Pour dire la vie et la très belle personnalité de Jacques Higelin, les éditions Hoëbeke ont demandé à l’un de ses amis, Nicolas Comment, photographe, mais aussi auteur-compositeur, d’évoquer ses souvenirs et sa perception de l’œuvre devenue populaire d’un artiste ayant d’abord symbolisé le rock…

Une poétique du corps libéré, par Denis Darzacq, photographe

Avec Act, ouvrage consacré aux personnes en situation de handicap, regardées dans leur grâce et non leur déficience, le photographe Denis Darzacq est définitivement entré dans l’histoire de l’art et de la représentation des corps. Venu de la photographie de presse, Denis Darzacq observe son époque avec acuité, mais surtout sans s’enfermer dans la vision…