
©Massimo Gurciullo
Revoici, en toute indépendance, avec le septième volume de ses livres siciliens autopubliés, le frère spirituel de Daido Moriyama pour l’esthétique, Massimo Gurciullo – présenté en quasi in extenso dans L’Intervalle.
L’artiste produit depuis plusieurs années une fresque consacrée à l’île italienne aux trois caps, qui est un festival d’impertinence, de vivacité, de regard oblique.
Chez Massimo Gurciullo, le corps est omniprésent, corps rencontrés dans la rue ou sur les plages, mais aussi corps de l’image, dont il est impossible d’oublier la texture, les contrastes, la noirceur, jusqu’à l’effacement des formes parfois.

©Massimo Gurciullo
Corps robuste et bronzé des mâles alpha se déplaçant en meute.
Corps puissant d’un fromager, d’un banian, d’un caroubier, ou de quelque arbre local.
Corps apprenant des enfants lancés dans le monde comme des ballons légers.
Corps des divinités cachées dans la pénombre.

©Massimo Gurciullo
Corps des chiens, des vieillards, des étrangers.
Corps sensuel des girls sans culotte.
Corps qui fume, qui flashe, qui dort.
Corps qui porte, qui se tatoue, qui court.

©Massimo Gurciullo
Rendez-vous au bar, noyons-nous d’alcool, Sicile est Babylone, belle et grande prostituée de carnaval.
Pneus crevés d’une voiture oubliée, visages épuisés, serpents qui dansent.
Grains de sable sur la peau du patriarche, dentelle des Anciennes, foule qui se précipite – vers quel destin ? – groin contre groin.
Il n’y a plus de langage, mais des rectangles de visions fortes et précaires créant de la stupeur.
Sicile, paradis du pandémonium, pandémonium de paradis, terminus pour âmes errantes.

©Massimo Gurciullo
« Raconter la Sicile, écrit en préface Giuseppe Cicozzetti, n’a jamais été une tâche facile. La photographie sicilienne, enfermée entre la tradition néoréaliste et humaniste, a produit, comme on l’a dit, une pléthore de clones, en particulier dans le domaine amateur. Mais la photographie, tout comme l’art en général, aime au contraire la fureur iconoclaste des images. Eviter donc la répétition servile, déshumanisée comme seule une duplication peut l’être, impose une déconstruction scientifique et méthodique qui devient un modèle de fondation, dans le cas de la photographie, pour une nouvelle grammaire visuelle. »
Portrait de Massimo Gurciullo en consrtucteur-déconstructeur ? C’est parfait.

Massimo Gurciullo, Sicily #7, texte (anglais/français) Giuseppe Cicozzetti, autopublication, 2026 – 300 exemplaires

©Massimo Gurciullo
Email : massimogurciullo@gmail.com

©Massimo Gurciullo