A la recherche du poète Noël X. Ebony, par Nuits Balnéaires, photographe

©Nuits Balnéaires

Eboro, de Nuits Balnéaires, est une série photographique très belle, étrange, puisant son iconographie dans les traditions malinké et agni-bona, mais aussi dans une multiplicité de médiums, notamment la littérature et le cinéma.

Il s’agit donc d’un travail hybride prenant l’apparence d’une fable au symbolisme riche.

Nuits Balnéaires évoque la mémoire de son oncle disparu dans des circonstances non élucidées, le poète Noël X. Ebony, auteur d’une œuvre avant-gardiste émancipée du concept césairien de négritude, Déjà vu (1983).

Dans la tradition matrilinéaire agni-bona, Eboro signifie « au-delà », l’artiste international ivoirien élaborant sa série, dont les couleurs rouge et noir évoquent la notion de passage, une sorte de rêve éveillé, la fiction qu’il conçoit ayant une tonalité volontiers mélancolique.

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Qui est-on ? Comment hérite-t-on ? Avec quelles âmes sommes-nous en relation ? Où se situe la frontière entre la réalité et l’imaginaire ? Qu’est-ce que le temps ? sont quelques-unes des questions qui se posent ici.

Un personnage est mis en scène, généralement en studio, figurant Noël X. Ebory.

Les références au tarot de divination sont manifestes, la direction artistique est précise., les costumes, les objets, les décors sont soignés.   

Un caméléon est quelquefois présent, symbole de mutabilité.

Il y a des situations oniriques difficiles à déchiffrer, c’est très bien comme cela.

Puissance de l’élément marin, des végétaux, et des artefacts.

©Nuits Balnéaires

Vers quel horizon intrafamilial ou géographique regarde le personnage ?

Vers quels exils ?

Impression de rites secrets, de mystère, de cérémonie de fécondité ou de conjuration.

Relevant du conte, du théâtre, et d’une forme d’oralité fixée pour être prolongée, reprise, réélaborée, Eboro est de l’ordre d’une réparation intime, mais aussi d’une interrogation sur nos propres parcours géophysiques et identitaires.

Sur pages rouges, des mots de Noël X. Ebony sont repris : « ni verbe ni rêve n’y poussent » / « l’oiseau de proie au grand vol », « veille une aube », « gémit pour eux », « et germera la mémoire », « l’heure s’en est allée ».

Nuits Balnéaires construit des images comme on pense des séquences cinématographiques, cherchant à concilier les vivants et les morts.

C’est peut-être cela Eboro, un appel au-delà des frontières marquant l’impossible départ.

La dernière image montre un serpent, menace, sagesse, force.

Le poète a écrit : « je reviendrai boa ou panthère homme ou poëte ».

Et pourquoi pas photographe ?

Nuits Balnéaires, Eboro, entretien avec David Campany, édition Nathalie Chapuis assistée de Camille Cibot, design graphique Nolwen Lauzanne, traduction Nelly Renault, relecture Carole Daprey et Florian Berrouet, fabrication Charlotte Debiolles, partenariats Yseult Chehata, diffusion Ophélie Moheymani, Atelier EXB / Fondation d’entreprise Hermès, 2026, 140 pages

https://www.nuitsbalneaires.com/

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https://exb.fr/fr/home/692-eboro.html

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Expositions Latitudes : Nuits Balnéaires et François-Xavier Gbré, International Center of Photography, New York, du 29 janvier au 4 mai 2026 et Fondation Henri Cartier-Bresson (Paris), du 20 mai au 4 octobre 2026

https://www.henricartierbresson.org/publications/nuits-balneaires-eboro/

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