L’heure bleue est cet instant entre jour et nuit où naissent les peurs, les monstres, les formes indécises. C’est l’heure du loup, un moment de trouble, d’effondrement, de métamorphose. Ces longues minutes où tout vous menace, où vous vous rapprochez de votre conjoint, de vos amies, comme des bêtes affolées. Un bébé crie, il a…
Étiquette : Anne-Lise Broyer
Je suis le roi du bois, le Zeus, le criminel, par la photographe Anne-Lise Broyer
Anne-Lise Broyer pratique l’acte photographique comme un dessaisissement, une tentative d’éblouissement et de perte. La dramatisation des instants participe chez elle d’une poétique de la voyance, d’une volonté d’opérer une sorte d’archéologie du présent permettant de relier espaces et temps dissemblables, pourtant profondément unis. Passant par la littérature et l’érudition pour interroger notre façon d’être…
Le soleil donne sans jamais recevoir, entretien avec Léa Bismuth, commissaire d’exposition
Pour Léa Bismuth, le nom de Georges Bataille est apparu, la première fois qu’elle l’a rencontré, comme un éclat dans la nuit. Fidèle à l’émotion ressentie lors de la lecture de L’Expérience intérieure, elle n’a eu de cesse, depuis cet événement fondateur, de chercher à s’approcher du mystère d’une œuvre évidente de génie et d’opacité…
Qui vive ? stratégie du désenvoûtement, par la revue Possession Immédiate
Au commencement était Edwarda, revue de littérature et d’érotisme fondée par John Jefferson Selve et Sam Guelimi, rassemblant une petite communauté d’écrivains et photographes pratiquant leur art comme on entre en cérémonie. Désireux de poursuivre et d’infléchir cette aventure éditoriale dédiée à l’esthétisation de chaque instant, John Jefferson Selve a créé Possession Immédiate, dont le…
La photographie comme théâtre des apparitions, par Marie Maurel de Maillé
Pier Paolo Pasolini distinguait un cinéma de prose d’un cinéma de poésie. A bien des égards, le travail photographique de Marie Maurel de Maillé se rattache à cette deuxième catégorie. Epanchement du songe dans la vie réelle, ses images relèvent à la fois de l’intime et de la création d’une contre-allée, désirable, habitable, sortes d’hallucinations…
Le commencement de la terreur, par la photographe Aurélia Frey
La beauté est le commencement de la terreur. Face au beau travail de la photographe Aurelia Frey tel que présenté dans le livre Apnée (nonpareilles, 2015) surgit cette phrase de Rilke notée il y a bien longtemps dans un carnet. La voilà qui se déploie soudain, s’enroule comme un lierre à l’intérieur des pages, gagne…
Photographes, vastes oiseaux des mers – une conversation avec Anne-Lise Broyer
Anne-Lise Broyer est une photographe dont le regard se nourrit de références littéraires et picturales, mais aussi de l’histoire de son art. On se souvient de Vermillon ou Le chant du coucou est le cri de la mère morte (Verdier/Nonpareilles, 2012), ensemble d’images donnant à voir, à la double manière de Corot et de Plossu,…