Benvenuti a Scampia, banlieue de Naples,  par Davide Cerullo, écrivain, photographe

« C’est ce rôle de passeur d’humanité qu’incarne Davide à Scampia, et les photos qui naissent et témoignent de son action s’inscrivent dans une vision fort proche de celle (de Pasolini), car elles affirment qu’il y a là des trésors de beauté, d’espérance, de générosité, prêts à s’épanouir. » (Ernest Pignon-Ernest) A Scampia, quartier très populaire de…

Viens, ce n’est pas pour toi, par Stéphane Mosès, écrivain

« La marque historique des images n’indique pas seulement qu’elles appartiennent à une époque déterminée, elle indique surtout qu’elles ne parviennent à la lisibilité qu’à une époque déterminée. » (Walter Benjamin, Le Livre des Passages) Agrégé d’allemand, installé à Jérusalem en 1969 après une enfance passée à Berlin et au Maroc – persécutions nazies, puis vichystes -,…

Les mange-pas-cher, ou Thomas Bernhard, l’isolé absolu

Pour analyser comme il se doit les œuvres de l’écrivain autrichien Thomas Bernhard (1931-1967), il faudrait être un fin musicologue, et être capable de transposer ses phrases sur une portée musicale afin de repérer les récurrences de structures, les répétitions de mots, les déplacements savants. La musique bernhardienne n’est nullement un ornement, quand le jeu…

La lumière comme pouvoir de transfiguration, par le photographe Helmar Lerski

« […] notre atelier […] avait […] deux fenêtres, une à l’est et une à l’ouest, qui étaient toutes deux hermétiquement fermées. J’ai carrément ouvert ces deux sources de lumière […]. Et, en poursuivant ce jeu, en laissant couler sur l’objet toutes les sources de lumière de l’atelier, en opposition aux principes de la photographie, j’ai…

Quelques roses pour Zurbarán, par Florence Delay

« Viens ma bien-aimée, ma belle ! La porte du ciel t’est ouverte. » On visite peu la galerie espagnole du Louvre. Il y a bien quelques noms de maîtres, Velázquez, Murillo, Ribera, mais l’impression, relève Florence Delay dans Haute Couture (Gallimard, 2018), est assez décevante. Pourtant, un chef d’œuvre de petite taille (1,34m x 0,67m) nécessite sans…

Lecture d’Erri De Luca, par Henri Godard, critique

« Je contraindrai la vie à être dans les livres, d’abord la mienne, de force, puis les autres sur invitation. » Considérant l’effondrement actuel de la critique littéraire, Henri Godard, éminent spécialiste de Louis-Ferdinand Céline, André Malraux, Louis Guilloux, Raymond Queneau et Jean Giono, a décidé de lire l’écrivain italien Erri De Luca en intégralité, et de…

Gide et Malraux, une amitié capitale

« Les artistes ne viennent pas de leur enfance, mais de leur conflit avec des maturités étrangères. » (Les Voix du silence) Il faut toute la puissance d’une maison d’édition comme Gallimard pour publier, avec la fondation Catherine Gide, un livre aussi dense et richement illustré qu’André Gide, André Malraux, L’amitié à l’œuvre, 1922-1951, quand la curiosité…

La force du fragile, par Kate Barry, photographe

Le travail photographique de Kate Barry, artiste d’une grande délicatesse décédée en 2013, s’est déployé dans deux directions principales, moins antagonistes que dialogiques : des portraits de célébrités et des paysages de peu, issus de l’infra-ordinaire. Des fissures dans le sol, des herbes folles, des traces infimes, des organisations formelles inattendues nées du hasard de la…

De la noblesse du questionnement de l’être – à propos des Cahiers noirs de Martin Heidegger, entretien avec Pascal David, philosophe, traducteur (1)

« Les Cahiers noirs contiennent des critiques sévères à l’égard de l’américanisme et du bolchevisme, du christianisme et de l’Eglise catholique. Ils visent également les Anglais, la technique, la science, l’Université et le national-socialisme, que Heidegger avait approuvé dans un premier temps. Par contraste, les rares et brèves observations sur le judaïsme ne jouent qu’un rôle…