Ivre d’un vouloir violent, par Nicolas Comment, photographe

©Nicolas Comment « Venus venue, plantée, piquée sur le noir de la nuit, comme un vaisseau spatial, un objet volant non identifié. » (Nicolas Comment) En 2000, Patrick Le Bescont, créateur des éditions Filigranes, publiait officiellement à cinq cents exemplaires (officieusement cinquante) Le plan d’eau, de Nicolas Comment. ©Nicolas Comment C’est un tout petit livre merveilleux tenant…

Propos sur l’amour fou, par Paul Audi, Sarah Chiche et Yannick Haenel, écrivains

L’amour parmi les ruines, vers 1873, Edward Burne-Jones « Je voudrais être comme un saint, une sainte, bras écartés, ébloui de pâmoison, qui reçoit la foudre de l’amour. Je m’abandonne à ce qui me vide et m’emplit à la fois. je fais l’amour, j’écris. » (Yannick Haenel) Dans le cadre des Rencontres Philosophiques de Monaco, le philosophe…

Vivre, c’est du rab, par Jean-Christian Bourcart, photographe écrivain

©Jean-Christian Bourcart « Je commence à toucher le mollet de Marina. Deux minutes passent et nous nous enlaçons dans un placard. » Pourquoi écrit-on sur soi ? Pour se récapituler, pour se comprendre, pour se réinventer, pour se transmettre, pour se relancer. Pour continuer à naître. En s’habillant de mots, le photographe Jean-Christian Bourcart se met à nu….

Ce qui vient, par Léa Bismuth, théoricienne de l’art, écrivaine

Georges Braque (1882-1963), Guitare et verre (1921), Musée d’Art moderne, Paris  « Le passage à l’acte, au-delà de toute mise-à-mort, obéit à une formidable accélération du vivant. » (Léa Bismuth) Il est temps de passer à l’acte. Il est temps de basculer, de franchir la limite, d’engager sa vie dans une direction plus unie avec nos nécessités intérieures….

Mythologies de Lionel Sabatté, peintre, sculpteur, par Yannick Mercoyrol, critique

©Lionel Sabatté « Mais quels sont-ils les rêves de ces bestioles, de ces fœtus improbables, larves inconnues et lichens desquamés, lèpres hybrides et sombres ici, allumées là par un jaune et comme tatouées sur des vases antiques ou bien aux renflements d’une grotte paléolithique ? On rêverait qu’ils rêvent de la beauté de leurs propres oxydations, filles…

L’amour de la littérature et de la sensibilité, par la revue Edwarda

Landscape, 1897, Albert Pinkham Ryder « Pour reprendre un titre de Jean Genet, nous sommes tous les captifs amoureux, les captives amoureuses d’une ou de plusieurs créations littéraires qui, à la pulsion de mort, opposent la puissance de la Lettre comme pulsion de vie. » (Sam Guelimi) Il est des lieux où le feu de la littérature…

Lignes, tombeau pour 500 000 idées, ou à peu près

 Van Gogh, Racines, Auvers-sur-Oise, 22 juillet 1890 Revue d’idées créée en 1987 par Michel Surya, Lignes, cent-dix livraisons au total, aura toujours accordé à littérature une place structurante. Les idées oui, mais d’abord le verbe libre des écrivains, très en-avant : Pierre Guyotat, Antonin Artaud, Sade, Paul Celan, Georges Bataille, Bernard Noël, Maurice Blanchot (cas complexe,…

Bacon, une sorcellerie, par Yannick Haenel, écrivain

Autoportrait, 1971, Francis Bacon « S’il y en a un parmi les peintres, qui avait la couronne et qui, chaque nuit, dégringolait de son trône, c’était bien lui ; mais il avait beau s’enivrer dans les pubs et se déchaîner dans les casinos, il restait le roi. Je crois même qu’en se livrant à ces excès, roi,…

Michel Leiris/Marcel Jouhandeau, la force et les tourments de l’amitié

André Masson, The Kill, 1944, MoMA « La Beauté m’était apparue en toi. Tu n’y étais pour rien. […] Dès notre première entrevue, j’ai eu peur de toi. Je savais que j’étais menacé, il y avait quelque chose en toi qui me troublait. » (lettre à Michel Leiris  non envoyée par Marcel Jouhandeau) On ne le sait…

Comment enterre-t-on un chef indien ? par Jim Harrison, écrivain

Jim Harrison métamorphosé en coyote « Si vous désirez qu’une fille vous remarque, mieux vaut commencer par lui rendre la vie un peu difficile. » Georges Bataille, très bien, admirable, essentiel, évidemment. Mais Henry Miller, Jack Kerouac, Charles Bukowski, Jim Harrison, le goût de la géographie, de la liberté sans culpabilité, du débordement des pulsions sexuelles dans…