La chambre des mystères, par FLORE, photographe

©FLORE « En fermant les yeux, elle revoit cet été-là, blanc de lumière, éclaboussé de soleil. » (FLORE) Dans son exposition à la galerie Clémentine de la Féronnière, Les rêveries de Lavinia, comme dans son ouvrage très beau publié sous la forme d’un leporello, FLORE a créé une chambre des mystères. On peut y entendre bruire doucement,…

Et in Arcadia ego, par Gérard Traquandi, peintre

©Gérard Traquandi « L’histoire de l’art en France depuis les années cinquante n’existe pratiquement pas. On ne la raconte pas. On en a honte. Peu importe qu’elle soit glorieuse ou modeste, il faut la raconter car elle comporte, comme Eugène Leroy, quelques héros. » (Gérard Traquandi) Guidé par la lumière et la somptueuse fécondité du vivant, Gérard…

Avec Goliarda Sapienza, par Francesca Todde, photographe

« On tombe amoureux parce qu’avec le temps, on se lasse de soi-même et on veut entrer dans un autre pour le connaître, le faire sien, comme un livre, un paysage. Et puis quand on l’a absorbé, qu’on s’est nourri de lui jusqu’à ce qu’il soit devenu une part de nous-même, on recommence à s’ennuyer. Tu…

Avec Cesare Pavese, par Pierre Adrian, écrivain

« Je pardonne à tous et à tous je demande pardon. Ça va ? Pas trop de bavardages. » (mots ultimes de Cesare Pavese) Faire le portrait d’un écrivain majeur (Cesare Pavese) au prisme de sa ville (Turin) tout en interrogeant l’énigme de son suicide, tel est l’objet du dernier livre de Pierre Adrian, Hotel Roma. On se…

Au pays de l’aberration, par Roberto Giangrande, photographe

©Roberto Giangrande « L’histoire de l’incompiuto commence à la fin des années 1950 avec l’hôpital de San Barolomeo in Galdo, construit en 1958 et jamais inauguré, considéré comme le plus ancien ouvrage inachevé d’Italie. » (Roberto Giangrande) Des bâtiments inachevés ne pouvant pas construire de souvenirs. Ce ne sont pas même des ruines, porteuses de mémoires, mais…

Chroniques de la perte, par Eugenio De Signoribus, écrivain

« Sans doute que déjà, au ventre de la mère, on grandit avec l’aliment de ses soupirs anxieux, avec la nostalgie de rentrer avant même que de sortir, et avec ses larmes qui inondent tous les plis de l’univers interne. Elles imbibent jusqu’aux poudres du nouveau-né. Ce que l’on va devenir est-il là, prisonnier de tant…

Sicily, façon Provoke, par Massimo Gurciullo, photographe

©Massimo Gurciullo Nom de code : Sicily #5. Auteur : Massimo Gurciullo. Casier judiciaire : illisible. ©Massimo Gurciullo Sur papier glacé, à la façon d’un magazine glamour, le cinquième volume de la série dédiée à l’île grandiose, baroque, follement belle, est un geste pur. Si le groupe Provoke est identifié au Japon, aujourd’hui c’est un état d’esprit transfrontalier,…

Le labeur des jours et la comédie humaine, par Gianni Berengo Gardin

Gianni Berengo Gardin ©Actes Sud, 2024 Il faudrait faire un sort, peut-être, au concept flou et désormais très usé de photographie humaniste, évacuant le mal métaphysique et l’approche de l’impossible pour le regard porté sur les réalités les plus concrètes (difficultés et joies) du peuple. Il est difficile de défendre encore l’adjectif humaniste, obscène après…

A la fin comme au commencement, c’est l’amour qui gagne, par Lorenzo Castore, photographe

©Lorenzo Castore Fièvre, amour, pulsions. Désir, ébullition, disparition. Solitude, errance, noir & blanc. Lumière, voies inconnues, frissons. Volcan, soleil cru, bitume. Accident, jeux, mélancolie. ©Lorenzo Castore ©Lorenzo Castore Fièvre. Tempus fugit, dos nu, sommeil. Mémoire, oubli, idéal. Tendresse, ivresse, noblesse de l’âme. Agave, spectre, révélation. Papier déchiré, palimpseste, baptême. Flottaison, composition, évasion (Oudini). Inquiétudes, pleurs,…

Formé de sable, poème visuel, par Thomas Lake, photographe

©Thomas Lake Je le dis à chaque article, mais les livres publiés artisanalement par l’éditeur d’art livournais Origini Edizioni m’impressionnent, par leur inventivité formelle, leur audace graphique, leur radicalité de propos. Aucun livre ne ressemble à un autre, si ce n’est par une puissance visuelle renouvelée et une commune façon de faire dériver la matière…

Une éducation sentimentale, par Giani Stuparich, écrivain

Amedeo Modigliani (1884-1920), Elvire assise, accoudée à une table, 1919, Saint-Louis, Saint Louis Art Museum « Derrière cette porte, Edda Marty se bagarrait avec le thème latin. Edda Marty était courageuse ; c’était la première fille à tenter de conquérir une place dans ce lycée de garçons. Passer un examen dans huit matières, répondre sur un programme…