Le sacre de la vie, par Isabelle Vaillant, photographe

©Isabelle Vaillant Isabelle Vaillant est une photographe discrète, rare, et très respectée par tous ceux qui ont eu la chance un jour de croiser son travail. En 2007 paraissait chez Filigranes Editions son unique livre d’importance, Les photos du dimanche, mais depuis ? Peu de choses, et pourtant l’essentiel : la maturation d’une oeuvre continuant…

Chansons du temps qui ne passe pas, Aragon vivant

« Reviens de nulle part / N’importe où je t’attends » Je vis une passion amoureuse déçue, très douloureuse puisque j’ai tout quitté pour en accomplir la promesse. Je cherche, j’erre, je m’effondre, j’écris quatre articles par jour (j’en ai une cinquantaine en attente, ne vous inquiétez pas, je peux disparaître un moment), je regarde les murs,…

Os principios da fotografia, livre pour l’aimée, par David-Alexandre Guéniot

©Patrica Almeida/Daivd-Alexandre Guéniot « Malgré la mécanique, la photographie n’apporte pas de preuve. Elle crée un fantasme de vérité. Une vérité fantôme. » (David-Alexandre Guériot) Ouvrage de réflexion sur la photographie, Le Livre de Patricia, de David-Alexandre Guériot, est un hommage à sa chère épouse décédée en 2017 – tous deux ont fondé en 2011 les éditions…

Frappé(e)(s) à l’âme, par Hélène Cixous, écrivain

Une taupe « Parfois, rarement, il se produit une sorte de court-circuit : on se trouve simultanément dans les deux pays, celui de l’existence et celui de l’au-delà, cette double expérience est la pire des souffrances pour le sujet, le je ne sais pas où donner, de la tête, du sens. » Pour comprendre le drôle de titre…

Les années pompes funèbres, par François Durif, écrivain

Untitel, Donald Judd, Marfa, Texas, 1984 « Pour quoi êtes-vous ici ? » (Robert Filliou) Vide sanitaire, de François Durif,est un livre de plis, de ballottements dans les forces contraires, de déplacements intimes, et de dialogue fin entre les vivants et les morts. « Mon récit risque d’être morcelé, je vous préviens – dans ma tête, un rond-point/ Ne…

Vieillir, un chant andalou, par Lionel Jusseret, photographe

©Lionel Jusseret Après le superbe et remarqué Kinderszenen (2020), les éditions Loco publient une nouvelle oeuvre de Lionel Jusseret offrant avec Les Impatientes un regard plein de compassion et d’énergie vitale sur la vieillesse. Les impatiences sont des variétés de plantes vivaces poussant de manière sauvage dans les forêts équatoriales, ce qui convient bien pour…

La littérature sans fard, par Annie Ernaux, écrivain

L’île des morts, 1886, Arnold Böcklin « J’ai retrouvé une lettre de P. dans un dossier de factures datant des années quatre-vingt. Une grande feuille blanche pliée en quatre, avec des taches de sperme qui avaient durci le papier, lui donnant une contexture transparente et granuleuse. Il y avait seulement écrit, en haut, à droite, Paris,…

Tientos, présence et tremblements, par Inigo de Satrustegui, écrivain

©Frédéric Lefever « On ne remonte jamais assez haut. Il faut envisager ce qui commença de se manifester dans l’activité humaine lorsqu’un néandertalien rapporta, tout au fond de sa grotte, un coquillage, un polypier fossile et un bloc de pyrite de fer. » J’ai découvert grâce à Serge Airoldi une voix, celle d’un écrivain rare, scrupuleux, attentif…

Corps de guerre, gestes d’art, par Mylène Besson, peintre

©Mylène Besson Si le livre/exposition Les femmes qui rient (Regard – Editions Marie Morel, 2018) était solaire, impertinent, joyeux, le nouvel opus de Mylène Besson, La Guerre, Dommages collatéraux, Redresser les morts, est douloureux, terrible, tragique, la vie étant à considérer en ces deux dimensions extrêmes de la condition humaine, d’allégresse et d’effroi. Répondre à…

Memento mori (une mélancolie interminable), par René Tanguy, photographe

© René Tanguy Que faisons-nous de nos morts ? Que faisons-nous des vivants ? Que faisons-nous de notre traversée du temps ? Que faisons-nous de notre incarnation ? Arrive un moment où le photographe ayant déjà beaucoup travaillé se penche sur ses archives, et découvre une nécropole. Il était l’ami, le passant, le journaliste, l’artiste, le voici désormais responsable…

Au nom du père, par Yan Pei-Ming, peintre

L’homme le plus perspicace, père de l’artiste,1996, huile sur toile, 200 x 235 cm – Collectionparticulière, Belgique / Photographie : André Morin © Yan Pei-Ming, ADAGP, Paris, 2021 « Quarante ans de travail, ce n’est pas rien, mais je me considère comme un artiste en milieu de carrière. » Yan Pei-Ming, né en 1960, est de ces…