Jusque dans les pores des choses, par Sylvia Ney, photographe

©Sylvia Ney « Pas si rêveur encore que l’on pense, je sais voir et voir comme voient les myopes jusque dans les pores des choses, parce qu’ils se fourrent le nez dessus. » (Lettre de Flaubert à Louise Colet, Croisset, 16 janvier 1852) De l’autre côté de l’eau, livre merveilleux de Sylvia Ney, relève-t-il du genre –…

L’arche du paysage, par Jean-Baptiste Camille Corot, peintre

Souvenir de la Bresle à Incheville, Jean-Baptiste Camille Corot « Les paysages de M. Corot, écrit en 1855 Maxime Du Camp, ne sont peut-être pas ceux que l’on voit, mais ils sont certainement ceux que l’on rêve. » Ah Corot (1796-1875), l’admirable paysagiste, l’obstination à peindre en plein air, puis dans l’atelier, alors que l’âge le contraint….

La cavale de Milo McMullen, par Nicolas Comment, photographe

© Nicolas Comment Mon père travaillait dans la pétrochimie. Le commerce de soupapes, de jauges et de testeurs. Il lisait peu, ou pas du tout, mais emmenait systématiquement lors de ses voyages en terre étrangère, généralement dans quelque raffinerie du pourtour méditerranéen, un SAS. J’ai dû apprendre à lire en cherchant à toute vitesse les…

Flaubert en ses lieux, par Stéphanie Dord-Crouslé, chercheuse

« […] j’ai au fond de l’âme le brouillard du Nord que j’ai respiré à ma naissance. Je porte en moi la mélancolie des races barbares, avec ses instincts de migrations et ses dégoûts innés de la vie qui leur faisait quitter leur pays comme pour se quitter eux-mêmes. » (Flaubert, lettre à Louise Colet, 13 août…

Mon chéri, Gustave Flaubert et Guy de Maupassant, une correspondance

Il me plaît beaucoup de lire sous la plume de Gustave Flaubert l’expression « mon chéri » adressée à Guy de Maupassant, qui, venant de publier Boule de suif, a provoqué chez son illustre mentor, père spirituel, un sentiment de profonde admiration. Tous deux se sont écrit pendant sept ans, de 1873 à la mort de l’auteur…

Michel Fresson, le traducteur, par Bernard Plossu, photographe

© Bernard Plossu « On effleure les saisons, les arbres vibrent, le vent murmure… En un mot, Michel Fresson est mon traducteur. » (Bernard Plossu) Le monde se rétrécit, comme le goût de la nuance et l’effort de civilisation dans la délicatesse. Pour retrouver le chemin de la volupté et le sens de la profondeur, il nous…

Un Bloody Mary pour Samuel Lebon, photographe, et cavalier noir

« Je suis un cœur de pierre, un assassin. J’aurais dû mourir de chagrin après les désolations que j’ai causées, mais je suis là, encore plus fort, insensible, comme si j’avais fait mon stage de fin d’étude à la morgue. » Après avoir vu et lu Satan mène le bal (Filigranes Editions, 2020), j’ai proposé à Samuel…

Le Perche au contact, par Anaïs Boudot, photographe

© Anaïs Boudot Dans le Perche où elle était invitée par Le Champ des Impossibles (Christine Ollier), Anaïs Boudot a photographié des granges dans la nuit, des présences fantomales, l’énigme même de ce qui apparaît. Son art déploie ainsi un double questionnement : sur la substance du paysage, et sur la nature même de l’image. Nous…

Foto povera, la photographie et l’enfance de l’art, par Yannick Vigouroux, Jean-Marie Baldner et Christian Gattinoni

Avec le concept de foto povera faisant l’éloge des pratiques dites « archaïsantes », contre le mythe techniciste et la vulgate bressonienne de « l’instant décisif », Yannick Vigouroux, critique et photographe, a créé beaucoup d’émoi. Collectif informel de photographes prônant le geste libre et l’enfance de l’art, foto povera n’a pas joué le jeu…

Une poétique du corps libéré, par Denis Darzacq, photographe

Avec Act, ouvrage consacré aux personnes en situation de handicap, regardées dans leur grâce et non leur déficience, le photographe Denis Darzacq est définitivement entré dans l’histoire de l’art et de la représentation des corps. Venu de la photographie de presse, Denis Darzacq observe son époque avec acuité, mais surtout sans s’enfermer dans la vision…

Granville, une chambre à soi, par Louise Narbo, photographe

Partie d’Algérie en 1962, après la Guerre d’Indépendance, Louise Narbo est une auteure rare, saluée notamment en 2012 pour son livre Coupe sombre, publié en Belgique chez Yellow Now. Vivant actuellement à Paris, sa vie intérieure est de dimension océanique. Se rendant à Granville depuis une trentaine d’années, elle a d’ailleurs trouvé dans cette commune…