Une peinture sans culotte, par Jacques Cauda, portraitiste critique

Veronica Franco, Le Tintoret « Je parle à la vulve que j’ai esquissée, je lui dis la formule magique qui enchantait les Egyptiens : Descends, placenta, descends, placenta, descends ! Je suis Horus qui fait de la magie pour que celle qui donne la vie se sente mieux… » Je ne comprends pas toujours Jacques Cauda, peintre dont les…

Une logique au chaos, Paul Klee, par Stéphane Lambert, écrivain

« Paul Klee écrivait de la main droite et peignait de la main gauche. Une légère distorsion fait trembler la ligne d’horizon sur laquelle nous marchons. Le trait ouvre une porte dans la couleur. Qui allume une énigme dans la raison. En chaque témoin, il y a un devin qui dort. L’œuvre, elle, demeure un chemin…

Prendre l’air, la peinture de Corot à Monet, par Marina Ferretti Bocquillon, historienne de l’art

Thomas Jones (1742-1803) « L’histoire du premier commencement est pour nous en retrait parce que la force d’éclairement de la méditation ne peut être à la hauteur des relations simples de la tonalité fondamentale du questionnement, l’étonnement, et n’est pas non plus capable d’endurer cette tonalité. » (Méditation, Martin Heidegger, traduit par Alain Boutot, Gallimard, 2019) Plein…

Regarder Méduse, par Gérard Macé, écrivain

Chez les écrivains de vérité, la clarté de la phrase s’accorde avec la puissance de vision. Justesse du rythme, justesse du ton, justesse du lexique. Ainsi Gérard Macé écrivant d’après Théodore Géricault, Scène de naufrage, premier titre donné au tableau d’abord déconsidéré Le Radeau de la Méduse. Peinte en 1819, cette œuvre s’assombrissant avec le…

Au bord des précipices, la peinture, par Stéphane Lambert, écrivain

« Que vaudrait sans ça le monde si on le laissait entre les seules mains de la dévastation, si l’essence poétique qui nous y attache envers et contre tout ne l’ouvrait pas à des entendements insoupçonnés qui nous font voir dans la noirceur d’autres nuances que pure noirceur ? » (Stéphane Lambert) Si, pour Alain Jouffroy, le monde…

Noli me tangere, écrire la peinture, par Christian Prigent, poète

Supports/Surfaces, Rennes, 1974 Conjointement à la parution de sa correspondance croisée avec Francis Ponge, Une relation enragée, les éditions L’Atelier contemporain publient de Christian Prigent La peinture me regarde, cinquante textes sur l’art écrits entre 1974 et aujourd’hui. C’est dans le « désarroi » de la représentation que se fonde pour Christian Prigent la nécessité poétique de…

Dessiner le silence, apprivoiser le noir, par Anne Gorouben, artiste

J’ai découvert le travail graphique d’Anne Gorouben grâce à Léa Veinstein, ayant choisi pour l’illustration de couverture de l’édition de sa thèse, Les philosophes lisent Kafka, Benjamin, Arendt, Anders, Adorno (Editions de la Maison des sciences de l’homme, 2019), un pastel sec sur carton intitulé Berlin W. Emu par la profondeur de silence et de…

Ouvrir le feu, par Joan Miró et son marchand Pierre Matisse

Comme Kahnweiler pour Picasso, il faut parfois aux plus grands artistes la chance de la rencontre d’un marchand d’exception pour que leur œuvre prenne une dimension internationale. Sans Pierre Matisse (fils du peintre), son marchand new-yorkais, Joan Miró n’aurait probablement pas eu une telle reconnaissance aux Etats-Unis, influençant par les expositions que son galeriste lui…

Le Greco, égaré absolu, par Jean-Paul Marcheschi, peintre et essayiste

« L’essentiel est de faire durer le désir dont le but nous est souvent obscur. » Dominikos Thetokopoulos, dit Le Gréco, est une bizarrerie dans l’histoire de l’art. Peintre que nul n’attendait – car la société se croit toujours seule -, né à Candie en Crète (possession vénitienne) en 1541, mort à Tolède en 1614,…