Mythologies de Lionel Sabatté, peintre, sculpteur, par Yannick Mercoyrol, critique

©Lionel Sabatté « Mais quels sont-ils les rêves de ces bestioles, de ces fœtus improbables, larves inconnues et lichens desquamés, lèpres hybrides et sombres ici, allumées là par un jaune et comme tatouées sur des vases antiques ou bien aux renflements d’une grotte paléolithique ? On rêverait qu’ils rêvent de la beauté de leurs propres oxydations, filles…

L’amour de la littérature et de la sensibilité, par la revue Edwarda

Landscape, 1897, Albert Pinkham Ryder « Pour reprendre un titre de Jean Genet, nous sommes tous les captifs amoureux, les captives amoureuses d’une ou de plusieurs créations littéraires qui, à la pulsion de mort, opposent la puissance de la Lettre comme pulsion de vie. » (Sam Guelimi) Il est des lieux où le feu de la littérature…

Paysages de silence, par Bernard Plossu, photographe, et Marcelo Fuentes, peintre

©Bernard Plossu / courtesy Galerie Camera Obscura Le sentiment est immédiatement celui d’une grande paix, d’une concorde. Imprimés en format vertical, sur papier mat épais, souvent en diptyques, les paysages, urbains et naturels, de Bernard Plossu et de Marcelo Fuentes imposent une solennité qui est de l’ordre du sacré. Il y a quelque chose de…

L’utopie de la peinture, par Jérôme Thélot, historien de l’art

Saint Sébastien secouru par les Saintes-Femmes, 1836, Eugène Delacroix, église de Nantua (Ain) Et si la peinture pouvait nous permettre de vivre au paradis ? Dans un essai remarquable, Jérôme Thélot pose l’hypothèse d’un radical recommencement par la peinture, dans sa teneur « en vérité, en justice et en bonté ». Il s’agit de poser les fondements d’un…

Bacon, une sorcellerie, par Yannick Haenel, écrivain

Autoportrait, 1971, Francis Bacon « S’il y en a un parmi les peintres, qui avait la couronne et qui, chaque nuit, dégringolait de son trône, c’était bien lui ; mais il avait beau s’enivrer dans les pubs et se déchaîner dans les casinos, il restait le roi. Je crois même qu’en se livrant à ces excès, roi,…

Vincent Van Gogh ouvre et ferme les yeux, par Mika Biermann, écrivain

« Elle n’insiste pas. Elle est assise à côté de lui, toujours nue comme une salamandre, les mains sur les hanches, les seins en avant. Ses yeux ont des reflets jaunes ; l’iris est constellée de paillettes d’or. Ses cheveux tire-bouchonnent dans son dos. » Ecrivain et guide-conférencier au musée des Beaux-Arts de Marseille, Mika Biermann aime imaginer…

Job est partout, par Dado, peintre

 ©Dado « J’avais une chouette apprivoisée, je vivais seul dans un village, je ne sais pas si tu te rends compte ce que ça donne comme effet ! Les enfants étaient là à me lancer des cailloux, c’était assez épouvantable. » Pour le Monténégrin Dado (1933-2010), la peinture est vie, sur-vie. Elle est tellurique, dionysiaque, nietzschéenne, expression de…

Tantra song, joie d’éveil, par Franck André Jamme, poète

« Au fond, personne au monde ne pourra jamais rêver d’une image plus brève, plus concise, comment dire ? plus distillée. Divin alcool, en somme, de l’abstraction chauffée à blanc. Plus la conscience est pure, plus le bleu de son ciel est clair. Et voilà tout. Et tout commentaire s’estompe, se perd dans la clarté même de…

Henri Cartier-Bresson, une vie décisive

©Fondation Henri Cartier-Bresson / Magnum Photos « Je pense que les photographies sont faites pour être prises et reproduites pour les masses, pas pour les collectionneurs. Cette possibilité de reproduction fait partie de la force comme de la valeur de la science de la photographie. » (Henri Cartier-Bresson, traduit de l’anglais par Jean-François Cornu, 1952) Quel bonheur…

Piero della Francesca, fils du peuple, par Piero Calamandrei, auteur

Madonna del Parto, Monterchi, Piero della Francesca, circa 1459 « Pendant plusieurs années, entre 1935 et la guerre, nos promenades du dimanche nous donnèrent l’illusion de repasser pour quelques heures de la barbarie à la civilisation. » (Piero Calamandrei, « In memoria di un amico. Passegiate con Pancrazi », Il Ponte, IXe année, n°4, avril 1953) Il y a…

Retour en Argentine, par Frederika Amalia Finkelstein, écrivain

©Frederika Amalia Finkelstein « Ce livre est une déclaration d’amour et de peur à la vie, à la mémoire, à mon enfance. » Qu’y a-t-il dans un nom (William Shakespeare, Herman Melville, Jacques Derrida, Hélène Cixous) ? Qu’y a-t-il dans la mélancolie ? Qu’y a-t-il dans le silence avec lequel on écrit, ou joue du piano (Glenn Gould) ? Argentine…