Baudelaire, critique et peintre d’art, par Jean-Christophe Bailly, écrivain

Georges Catlin, « peintre des Indiens » L’écrivain Jean-Christophe Bailly est un lecteur d’exception. Son ample préface – une cinquante de pages – à la réédition par les éditions La fabrique du volume de Baudelaire, Salon de 1846, est un texte enthousiasmant, intelligent, informé, permettant une découverte fine de l’œuvre du poète observant la peinture de son…

Vers l’unité originelle, par Hermann Hesse, écrivain

« Mais l’homme n’a pas le monopole de l’écriture. On peut très bien écrire sans mains, sans plume, sans pinceau, sans papier ni parchemin. Le vent, la mer, le fleuve et le torrent écrivent. Les animaux écrivent. La terre écrit quand elle plisse le front quelque part et barre ainsi la route à un fleuve, balaie…

Volta no vento, d’un sentiment océanique, par Gilles Roudière, photographe

© Gilles Roudière Volta no vento, titre du dernier opus du photographe franco-berlinois Gilles Roudière, composé pour les éditions IIKKI, est un titre portugais pour un auteur aimant nomadiser. Est-ce pour autant une saudade ? Non, peut-être pas tout à fait, puisqu’ici tout est peut-être plus déchiré, plus sauvage, plus violent, que la mélancolie qui berce…

Le langage des roches, par Aurore Bagarry, photographe

Roches, 2016-2020 © Aurore Bagarry courtesy Galerie Sit Down Après son inventaire remarqué des glaciers alpins, la photographe Aurore Bagarry a décidé de porter son regard sur la représentation des roches se trouvant des deux côtés des rives de la Manche, en France, et en territoire britannique. Interrogeant les notions de seuil et de paysage…

Sartre à contretemps, par François Noudelmann, essayiste

« Vivement la littérature dégagée ! » (Sartre, 1952) On peut être pour ou contre Sartre, préférer avoir tort avec lui en dénonçant ses excès verbaux – « Tout anticommuniste est un chien. », l’appel au meurtre de la préface des Damnés de la terre, de Frantz Fanon – que raison avec ses détracteurs donneurs de leçons, et bien moins…

Le commencement de la terreur, par Patrick Bogner, photographe

« Je voudrais me contenter d’une seule parole, écrit Maurice Blanchot dans L’écriture du désastre (1980), maintenant pure et vive dans son absence, si, par elle, je n’avais à porter tout l’infini de tous les langages. » Dans une adresse à l’ethnologue et écrivain Jean-Yves Loude (Un Cargo pour les Açores, Actes Sud, 2018), reproduite en préface…

En Autistan, par Lionel Jusseret, photographe

Il y a les livres de production courante, très bien faits, honorables, exaltants même, et il y a ceux qui comptent, se distinguant immédiatement des autres, parce qu’ils modifient notre perception, nous agrandissent en pensée et sensibilité, nous déroutent sans pour autant chercher à prendre le pouvoir sur nous. Parce qu’ils sont plus seuls, plus…

Bigoudénie, où vivent les fauves, par Stéphane Lavoué, photographe

Qui a passé « le test bigouden » est digne d’aimer. Qui est capable d’entrer dans la lumière noire et la violence des tempêtes est apte à vivre avec l’impétuosité d’une femme. Qui ne craint pas de rencontrer des fantômes peut être accepté dans le cercle des initiés. Installé avec sa compagne d’origine bigoudène et…

Dans le jour et la nuit transfigurés, par Philippe Ciaparra, photographe

Paysages & Transfiguration, de Philippe Ciaparra, est un voyage intérieur de l’ordre d’une cosa mentale. A la jonction de la terre et du ciel, des dernières clartés du jour et du début du mystère, les photographies de cet artiste travaillant généralement pour la mode sont de l’ordre du sublime, notion romantique affadie par l’usage, mais…

Laisser tomber le corps-esprit, par Jean-Michel Leligny, photographe

« Lorsque je regarde dans le miroir, écrit Jean-Michel Leligny, je vois apparaître les traits de mon père, les plissures, les plis et replis, marques d’une vie de labeur, le sourire qui se fige, ne tergiversant pas très longtemps entre plénitude et douleur, les poches sous les yeux qui dessinent de grands champs de bataille…

Veneto, a new map, par Guido Guidi, photographe

Vous adorez bien entendu Venise, cette cité sainte, mais la Vénétie ? mais Porto Marghera? et Mestre, Bassano del Grappa, Montebelluna, Pozzoleone ? Entre 1984 et 1989, Guido Guidi voyage en Vénétie, photographiant comme à son habitude un territoire ayant échappé à l’objectif des touristes, un espace jamais vu, contenant pourtant un summum de vie….

L’œil et l’abîme, par Jacques Vilet, photographe

On pourrait tomber de cette forêt bordant la mer, se croire Icare et chuter. Pourtant, nous nous tenons encore debout dans l’être, et nous abordons les précipices sans ciller. Il y a ici beaucoup de démesure dans les paysages, du sublime, le commencement de la terreur, mais il y a aussi la raison, le sens…