Tout ange est d’angoisse, par Rainer Maria Rilke, poète

« Qui donc, si je criais, m’écouterait dans les ordres des anges ? Et même si l’un d’eux me prenait soudain sur son cœur, je périrais sous le coup de son existence tellement plus forte que la mienne. Car le beau n’est que la porte de l’angoisse, ce seuil dont nous nous approchons tout juste, et, nous…

Vanités glaciaires, par Aurore Bagarry, photographe

©Aurore Bagarry  « Ce travail commencé en juin 2012 et achevé en juillet 2017, a pour objet la photographie des principaux glaciers du massif du Mont-Blanc. Inventaire symbolique, il présente 74 photographies et 67 glaciers. Il est suivi d’une série réalisée en 2011 dans le massif du Chablais, reflet de l’histoire glaciaire qui a formé les…

Hauteurs de Goethe, écrivain

« Rien d’étonnant à ce que nous nous complaisions tous plus ou moins dans la médiocrité car elle nous laisse en repos, nous donnant le sentiment confortable de traiter avec des semblables. » Œuvre d’une vie, les Maximes et réflexions de Goethe, écrites çà et là sur des bouts de papiers, des brouillons, des feuilles volantes, des…

Du romantisme noir, selon Wojciech Prazmowski, photographe

©Wojciech Prazmowski Né en 1949, vivant et travaillant à Czestochowa, l’artiste Wojciech Prazmowski, auteur en 1994 du magistral L’Ange brisé, édité par le Centre régional de la photographie Nord-Pas-de-Calais, alors dirigé par Pierre Devin, est assurément l’un des photographes polonais les plus importants du dernier demi-siècle. Intitulé Poludnie – Sud en français -, son dernier…

Lettres du Caucase, par Philippe Herbet, photographe

©Philippe Herbet « C’est très doux de regarder la lune dériver dans le ciel de Grozny, de laisser la nostalgie s’insinuer dans les veines, d’entendre Ella Fitzgerald chanter All of You dans l’infini de ce moment. » Le Caucase, territoire géographique aux paysages fascinants, est un lieu de multiples tensions, marqué notamment historiquement par la présence du…

Baudelaire, critique et peintre d’art, par Jean-Christophe Bailly, écrivain

Georges Catlin, « peintre des Indiens » L’écrivain Jean-Christophe Bailly est un lecteur d’exception. Son ample préface – une cinquante de pages – à la réédition par les éditions La fabrique du volume de Baudelaire, Salon de 1846, est un texte enthousiasmant, intelligent, informé, permettant une découverte fine de l’œuvre du poète observant la peinture de son…

Vers l’unité originelle, par Hermann Hesse, écrivain

« Mais l’homme n’a pas le monopole de l’écriture. On peut très bien écrire sans mains, sans plume, sans pinceau, sans papier ni parchemin. Le vent, la mer, le fleuve et le torrent écrivent. Les animaux écrivent. La terre écrit quand elle plisse le front quelque part et barre ainsi la route à un fleuve, balaie…

Volta no vento, d’un sentiment océanique, par Gilles Roudière, photographe

© Gilles Roudière Volta no vento, titre du dernier opus du photographe franco-berlinois Gilles Roudière, composé pour les éditions IIKKI, est un titre portugais pour un auteur aimant nomadiser. Est-ce pour autant une saudade ? Non, peut-être pas tout à fait, puisqu’ici tout est peut-être plus déchiré, plus sauvage, plus violent, que la mélancolie qui berce…

Le langage des roches, par Aurore Bagarry, photographe

Roches, 2016-2020 © Aurore Bagarry courtesy Galerie Sit Down Après son inventaire remarqué des glaciers alpins, la photographe Aurore Bagarry a décidé de porter son regard sur la représentation des roches se trouvant des deux côtés des rives de la Manche, en France, et en territoire britannique. Interrogeant les notions de seuil et de paysage…

Sartre à contretemps, par François Noudelmann, essayiste

« Vivement la littérature dégagée ! » (Sartre, 1952) On peut être pour ou contre Sartre, préférer avoir tort avec lui en dénonçant ses excès verbaux – « Tout anticommuniste est un chien. », l’appel au meurtre de la préface des Damnés de la terre, de Frantz Fanon – que raison avec ses détracteurs donneurs de leçons, et bien moins…

Le commencement de la terreur, par Patrick Bogner, photographe

« Je voudrais me contenter d’une seule parole, écrit Maurice Blanchot dans L’écriture du désastre (1980), maintenant pure et vive dans son absence, si, par elle, je n’avais à porter tout l’infini de tous les langages. » Dans une adresse à l’ethnologue et écrivain Jean-Yves Loude (Un Cargo pour les Açores, Actes Sud, 2018), reproduite en préface…

En Autistan, par Lionel Jusseret, photographe

Il y a les livres de production courante, très bien faits, honorables, exaltants même, et il y a ceux qui comptent, se distinguant immédiatement des autres, parce qu’ils modifient notre perception, nous agrandissent en pensée et sensibilité, nous déroutent sans pour autant chercher à prendre le pouvoir sur nous. Parce qu’ils sont plus seuls, plus…