Il peso della farfalla, par Erri De Luca, conteur

le

chamois-fiche-animaux-des-montagnes-françaises-bovides-animal-facts-alpine-chamois

C’est une histoire d’hommes et d’animaux se passant en montagne. Une histoire de chasse et de survie. Une histoire d’unité et de prédation. Une traque, un défi métaphysique.

C’est un conte dans le simple où chaque mot touche.

C’est un parti pris de silences, et un combat à la Jack London.

Je n’en dis pas plus, mais, pour le plaisir d’entendre la langue en version originale, je recopie quelques passages en italien.

Il s’agit du livre d’Erri De Luca, Il peso della farfalla (Le poids du papillon), paru pour la première fois chez Giangiacomo Feltrinelli Editore en 2009.

On peut le laisser traîner sur le sable ou la serviette de plage, aller nager un peu, au large, puis retrouver sa respiration, et sa grâce.

Sua madre era stata abbatuta dal cacciatore. Nelle sue narici di cucciolo si conficco l’odore dell’uomo e della polvere da sparo.

« Sa mère avait été abattue par le chasseur. Dans ses narines de petit animal se grava l’odeur de l’homme et de la poudre à fusil. »

Sul corno insaguinato del vincitore si posarono le farfalle bianche. Una di loro ci resto per sempre, per generazioni di farfalle, petalo a sbattere nel vento sopra il re dei camosci nelle stagioni da aprile a novembre.

« Sur la corne ensanglantée du vainqueur se posèrent des papillons blancs. L’un d’eux y resta pour toujours, pour des générations de papillons, pétale battant au vent sur la tête du roi des chamois durant les saisons d’avril à novembre. »

Il re dei camosci nell’ombra lo prendeva in giro da molti anni.

« Dans l’ombre, le roi des chamois se moquait de lui depuis des années. »

Quel giorno di novembre si alzo stanco nelle gambe, appena sveglio già pesava un affanno da fine giornata. Fu il sole a persuaderlo a prendere il sacco. L’arma era dalla sera prima accanto al letto, chi vive solo deve stare pronto. Usci con il caffè che gli fumava in testa.

« Ce jour de novembre, il se leva les jambes lourdes, au réveil il sentait déjà le poids d’une fin de journée. Ce fut le soleil qui le poussa à prendre son sac. Son arme était près de son lit depuis la veille, celui qui vit seul doit savoir se tenir prêt. Il sortit, le café tout fumant dans la tête. »

Aveva seguito cervi, caprioli, stambecchi, ma di piu i camosci, le bestie piu perfezionate alla corsa sopra i precipizi.

« Il avait suivi des cerfs, des chevreuils, des bouquetins, mais plus de chamois, ces bêtes qui courent à la perfection au-dessus des précipices. »

D’estate le stelle cadevano a briciole, ardevano in volo spegnendosi sui prati. Allora andava da quelle cadute vicino, a leccarle. Il re assaggiava il sale delle stelle.

« L’été, les étoiles tombaient comme des miettes, brûlaient en vol pour s’éteindre dans les champs. Alors, il s’approchait de celles qui étaient tombées près de lui pour les lécher. Le roi goûtait le sel des étoiles. »

Il re dei camosci andava a masticare il ciuffo di cima che conteneva il concentrato ultimo della vita dell’albero.

« Le roi des chamois allait manger la touffe du sommet qui contenait l’ultime concentré de vie de l’arbre. »

Voilà, tout le reste est pour vous.

La traduction est de Danièle Valin, véritable double de l’auteur chez Gallimard depuis de nombreuses années.

005022143

Erri De Luca, Il peso della farfalla, Le poids du papillon, 2015, traduit de l’italien par Danièle Valin, Folio Bilingue, 144 pages

Site Gallimard

main

Se procurer Il peso della farfalla

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s