Le fanzine, prière nerveuse, par Antonio Jiménez Saiz & Thibault Tourmente

M1

©Antonio Jiménez Saiz & Thibault Tourmente

Chez Antonio Jiménez Saiz, les images ne sont pas qu’un reflet de la réalité, plus ou moins trafiquée, altérée, abîmée, mais des situations mentales, des états d’esprit informulés, des méandres d’émotions.

Elles s’imposent, prolifèrent parfois, ce sont des méduses un peu inquiétantes mais très belles.

Comme la psyché, comme la mélancolie, comme la sensibilité aiguë.

Sorte d’addenda punk à son opus Tant de poussière, et moi si sourd (2020), son dernier fanzine (30 exemplaires) est composé d’images de ce livre sur lesquelles est intervenu Thibault Tourmente avec sa vieille imprimante, le déconstruisant pour le réinventer, mais aussi de photographies orphelines non montrées dans l’ouvrage princeps.  

M2

©Antonio Jiménez Saiz & Thibault Tourmente

C’est une publication de petit format brute, intense, sans volonté de se croire chef d’œuvre, et, comme disait le sage Flaubert, de se monter le bourrichon.

Elle est là, elle disparaît, mais elle a été faite, comme une prière nerveuse.

C’est un acte poétique, qui, comme tel, modifiera l’ensemble de ce qu’il touche par le simple efficace de son intention, de son centrage, de sa noire lumière.    

Où est-on ? Qui attend-on ? Quel temps fait-il dans le cerveau ?

M3

©Antonio Jiménez Saiz & Thibault Tourmente

Une table ronde, une chaise vide, de grandes fenêtres donnant sur les nuages, ou la mer, comme chez un peintre ostendais, et des présences étranges, des monstres de pierre tombés d’un rêve d’André Pieyre de Mandiargues.

Les images sont montrées dans leur devenir de néant, elles tremblent encore un peu sur la page, puis basta !

Une déesse nous contemple, de la cire chaude coule sur nos yeux, tout est gloire et fin du monde.

La table est mise, on attend le Diable, ou les fantômes de notre famille, on est un sage gravant sur la paroi d’une grotte des aigrettes de hibou.

Sarajevo fut notre honte, Chauvet fut notre origine, rendez-vous maintenant aux Philippines lors de la Semaine Sainte.

Les révolutionnaires maudits ont coupé la tête des statues de toutes les Vierges, il faut l’art pour transformer les flots de sang en bouquets de roses.

M4

©Antonio Jiménez Saiz & Thibault Tourmente

Madame, vous êtes belle, vos seins crissent comme des tapis de feuilles, que vos cuisses m’étouffent de plaisir.

Pas de titre à ce fanzine, qui est un exorcisme, pages arrachées d’un grimoire interdit.

L’amour existe, à chacun d’en recevoir, lors d’une nuit très obscure, la faveur, la force, le don de renouvellement.

Sinon, pourquoi créer, photographier, écrire, déchirer encore ?   

M5

Fanzine, sans titre, d’Antonio Jiménez Saiz, interventions de Thibault Tourmente, 2021 – 30 exemplaires

Assister à L’Enfant sauvage (Bruxelles) le 25 novembre 2021 à 19h à la rencontre au sommet entre Antonio Jiménez Saiz et Anne-Lise Broyer, discussion animée par la romancière Caroline Lamarche 

L’Enfant Sauvage

Thibault Tourmente

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