Chorégraphier le mystère, par Monique Belier, photographe

©Monique Belier

Where the spirits meets the bone, est, en photographies de nuances de gris imprimées sous différents formats, un poème de gestes.

Ayant travaillé avec des danseurs, Monique Belier offre, sur beau papier ivoire, une scène à des corps donnant la sensation d’être ceux d’enfants sauvages, d’internés cherchant à se libérer d’eux-mêmes, ou d’initiés.

Livre autoédité, très maîtrisé dans sa conception – couverture bordée d’une bande résillée faisant songer à celle que les artistes se mettent aux pieds et aux mains pour se protéger des frottements -, Where the spirit meets the bone dispose dynamiquement ses images sur les pages comme on compose une chorégraphie.   

©Monique Belier

Chaque photographie donne ainsi la sensation d’être l’une des étapes d’une danse inconnue, n’existant que le temps d’un ouvrage.

La sensualité des danseurs et danseuses s’accorde à celle de la nature.

Fragilité humaine, force des éléments végétaux.

©Monique Belier

Tentative de rentrer en communication avec le tout-autre.

Recherche de points d’équilibre.

Rite païen inédit.

Mystère des visages très concentrés humant l’espace et les herbes.

©Monique Belier

La photographe et ses interprètes dialoguent, improvisent, échangent leurs identités uniques multiples.

C’est chaque fois un duo, une exploration de l’espace, une façon de faire faire danser un silence intérieur.

Corps et esprit bougent de concert, le ralentissement des gestes pouvant étonnamment accroître la capacité clairvoyance.

Il y a des basculements, des renversements, des pieds tenant la voûte ciel, et des mains repoussant le sol.

Monique Belier photographie des cérémonies secrètes.

Ce que nous voyons n’a eu lieu qu’une fois, le spectateur est un privilégié.

Un corps se couche sur un arbre, un autre sur le sable, l’humain est un envoûté, cherchant, quand se décide pour lui la voie de la création artistique, des clefs de libération.

©Monique Belier

Les mots peuvent trahir le langage du mouvement.

On ne peut s’approcher par le verbe du geste que timidement, audacieusement, violemment.

Les danseurs de Monique Belier sont graves, il savent que la société est menteuse, et qu’on peut en traverser les artifices par la vérité d’un corps ayant trouvé en lui une dimension d’universel.

Monique Belier, Where the spirit meets the bone, design & edit Monique Belier, deuxième édition, 2023 – 150 exemplaires numérotés et signés

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