De la vie des marionnettes, par Jean-Benoît Puech, écrivain

Thérèse sur une banquette, 1939, Balthus

« Nous étions devenus amants, Caro et moi, au printemps, dans le petit salon au-dessus du garage à bateaux, une gloriette, devrais-je dire, avec un toit pointu, des vitraux aux motifs inspirés des fables de La Fontaine, des murs couverts de chèvrefeuille. »

Jean-Benoît Puech conte, et c’est délicieux.

Il anime des marionnettes de mots, joue avec son lecteur, pose des couleurs, trace des lignes, entend des voix.

C’est d’abord, au téléphone, celle de sa compagne Caroline décédée sept ans plus tôt.

Un rendez-vous est donné : demain au château de La Vicomté, sur les bords de la Vienne, près de Chinon.

Les amants s’y retrouvaient autrefois, avec Charlotte, l’enfant de Caroline.

Un castelet était monté, le narrateur déplaçait ses figurines à gaine, la petite fille rêvait.

L’artiste, trop saltimbanque, était méprisé par ses hôtes.

Comtesse de Ségur, Valéry Larbaud, George Sand – et son fils Maurice -, Gérard de Nerval, André Dhôtel, un peu de Maurice Leblanc, Klossowski : Jean-Benoît Puech a lu, s’est souvenu, a feint d’oublier sa bibliothèque, pour écrire vraiment.

Tout est noble ici, clair, calme et ardent.

Et tout est trouble.

Des tableaux, de beaux canapés, des abat-jour pour préserver les secrets de famille.

Des « égarements ».

Et la présence d’une sœur jumelle, Clotilde, galeriste dans le centre de Tours.

« Clo avait la même voix, la même démarche, je l’ai dit, le même corps et les mêmes faiblesses, mais aurait-elle le même amour ? »

Lecteur, je crois que tu as compris où mène pour ne pas mener ce bref récit, premier volume d’un cycle de quatre intitulé Petit théâtre des saisons.

Où l’on se demandera ce qu’est le vice une fois entré dans le salon des voluptueuses amours interdites.

Jean-Benoît Puech, Le Salon d’automne, Editions La Pionnière, 2025, 34 pages

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