©FLORE Dans sa maison-domaine de Nohant, dans le Berry, George Sand a rassemblé une communauté d’artistes exceptionnelle : des peintres, des écrivains, des musiciens, des savants. Lieu de création et d’émulation, bien plus que de mondanités, Nohant fut le théâtre d’aventures intellectuelles et sensibles exceptionnelles. Purent s’y croiser, entre autres personnalités, Gustave Flaubert, Honoré de Balzac,…
Étiquette : Littérature
Ukraine, la littérature en guerre, par Ariane Chemin, écrivain
Cahier déterré de Volodymyr Vakulenko ©Ariane Chemin « Ce n’est pas l’anankè d’Œdipe Roi, non. Ce n’est pas le destin. C’est la guerre, quand l’agresseur s’obstine à dissoudre tout ce qui est ukrainien. » (Ariane Chemin) Récit d’Ariane Chemin, La guerre, ce sont les noms propres est un livre aussi passionnant que douloureux, sur la roue du…
Le bel âge expérimental, par Erri De Luca, écrivain, et Ines de la Fressange, icône de la mode
« L’optimisme devient un exercice. Et l’exercice physique peut alimenter cet optimisme. Voici tout ce que l’on découvre avec le temps. » (Ines de la Fressange) L’amitié entre le semi-solitaire Erri De Luca et l’impératrice de la mode Ines de la Fressange peut étonner, mais, au fond, pourquoi ? Ponctué de lettres admiratives de l’icône française, L’âge…
Méditations sur la mort prochaine, par Pascal Quignard, écrivain
Tiresia, 2005, Bertrand Bonello « Le début de la vie atmosphérique enclenche une détresse mortelle originaire. Chaque naissance est une Hilfosigkeit. Et cette solitude mourante et sans secours traîne dans les jours de chacun d’entre-nous. » On trouve au musée du Vatican une fresque merveilleuse : elle représente Tirésias suivi des Ombres, tenant à la main sa houlette…
Histoires de l’œil, par Maylis de Kerangal, écrivaine
Polissage de lentilles « Comme on s’est méfié des lentilles optiques / jusqu’au début du XVIIe siècle, / on se méfie du roman. // Le roman est le lieu de l’illusion. / Le lieu de l’égarement/ / Le lieu de l’erreur, de la tromperie. // On se méfie du roman qui déforme, / tout comme les…
Une langue estrange, par Bénédicte Cartelier, écrivaine
La Chasse au tigre, 1616, Rubens « Rue Saint-Lazare, je croise un vieil homme qui marche sur deux béquilles. Sur et non avec, prenant appui sur elles, il projette en avant d’un bond ses deux jambes et recommence ainsi tout le long. Je le vois progresser de loin. Arrivée à sa hauteur, je remarque, accrochés à…
Eloge de la Provence, noble, grave et muette, par Jean Giono, écrivain
Hameau à Payennet près de Gardanne (1886-1890), Paul Cézanne « Je ne connais pas la Provence. Quand j’entends parler de ce pays, je me promets bien de ne jamais y mettre les pieds. D’après ce qu’on m’en dit, il est fabriqué en carton blanc, en décor collé à la colle de pâte, des ténors et des…
Lettre au père, par Eduardo Halfon, écrivain
Saturne dévorant son fils, 1636, Rubens « En tournée avec l’orchestre symphonique de San Francisco, Michael Mann surprit son monde en entrant dans le cimetière français. C’était une après-midi nuageuse de mai. Le cercueil de son frère aîné était encore posé au bord de la fosse. Il s’approcha. Ouvrit son étui noir. Et sortit son alto….
Vouloir Camus, par Youness Bousenna, écrivain
Agrigente, 1954, Nicolas de Staël « Quand une fois on a eu la chance d’aimer fortement, la vie se passe à chercher de nouveau cette ardeur et cette lumière. » (Retour à Tipasa, in L’Eté, 1954) Albert Camus, L’éternité est ici est un essai passionnant de Youness Bousenna, auteur du remarqué Les présences imparfaites (Rivages, 2024, prix…
Des arbres victimes de la bombe, par Véronique Brindeau, écrivaine
« Le camphrier irradié veille sur les enfants qui ne savent rien du bombardement atomique. » – un panonceau près d’un arbre de Nagasaki. Les arbres de Nagasaki, de l’enseignante d’histoire de la musique japonaise, écrivaine et traductrice Véronique Brindeau, est un très bel ouvrage sur les arbres rescapés de la catastrophe du 9 août 1945,…
Entendre des voix, par Virginia Woolf, écrivaine
Nature morte avec un crâne, un livre, et des roses, vers 1630, Jan Davidsz de Heem « On aurait dit que tous les corps lourds et vulgaires avaient sombré dans la chaleur, sans mouvement, recroquevillés sur le sol, mais que leurs voix continuaient à osciller au-dessus d’eux, comme si elles avaient été des flammes dansant au-dessus…