André Breton, présent considérable

« J’ai vingt-deux ans. Je crois au génie de Rimbaud, de Lautréamont, de Jarry ; j’ai infiniment aimé Guillaume Apollinaire, j’ai une tendresse profonde pour Reverdy. Mes peintres préférés sont Ingres, Derain ; je suis très sensible à l’art de Chirico. Je ne suis pas si naïf que j’en ai l’air. » La publication intégrale depuis 2016 par Gallimard…

Le bruit sourd de la mort, par le soldat Sven Eriksson

« Il faut à l’homme du silence chaleureux, on lui donne du tumulte glacé. » Pour la philosophe Simone Weil, il y a en chaque être humain quelque chose de sacré, qui est l’entièreté  de ce qu’il est, « les bras, les yeux, les pensées, tout » (La Personne et le sacré, éditions Allia, 2018) Porter atteinte à ce…

L’apaisement, mais follement, par la revue Possession Immédiate

    « … je sortais de la guerre doucement gâteux, peut-être bien, à la manière de ces splendides idiots de village… » La phrase est de Jacques Vaché, mais elle pourrait désigner le projet moral du dernier numéro de la revue Possession Immédiate : sortir de la guerre, peut-être plus idiots, moins idiots, idiots, à la façon…

Les premières fois de l’étrange et merveilleuse Véronique Bergen

La première fois cette année que j’ai lu l’étrange et merveilleuse Véronique Bergen, c’était dans le volume Nu debout, 1961 publié par les éditions Edwarda (2017), pour sa méditation consacrée à Marilyn Monroe apparaissant sur une photographie de tournage de The Misfits (John Huston, 1961), ouvrage collectif proposant les textes de William Faulkner, Jean-Paul Enthoven,…

L’Hexaméron d’Italo Calvino, six leçons pour traverser le siècle

Les Anciens, au moment d’inventer leur poème, invoquaient la Muse, cette puissance ordonnatrice, cette gardienne de la Mémoire, parce qu’arracher un fragment au tout racontable nécessitait quelque précaution, quelque protection, quelque force supérieure. Quand tout est devenu arbitraire, il reste aux Modernes la teinte de l’ironie, parfois sublime, comme chez Robert Musil, dont voici l’incipit…

Un fouet cosaque sur ma commode, par Honoré de Balzac, dernière correspondance

« Il y a dans les événements humains une force supérieure qui les dénoue et qui rend les discussions publiques, l’intervention de l’opinion, complètement inutile. L’homme peut nouer, il ne dénoue jamais. Ceci atteint tous les drames politiques. Aussi, selon moi, l’homme politique est-il peu de chose devant le poète et l’écrivain. Le livre est plus…

L’architectonique du désir, par Ralph Gibson, photographe

Quel plaisir de remonter à la source de notre regard ! Dans les années 1970 paraissent trois livres majeurs de l’Américain Ralph Gibson, The Somnambulist (1970), Déjà-Vu (1972), Days at Sea (1974), dont l’inventivité visuelle va influencer de façon déterminante la créativité photographique contemporaine, soit la sensation vive d’une surréalité quotidienne, doublée d’une omniprésente sensualité informée…

Les visions de Bernadette, par Marie Cosnay, conteuse

Dans Vendredi ou la vie sauvage (1971), Michel Tournier imagine une très belle scène : Robinson a découvert dans le fond d’une grotte un refuge où retrouver la volupté de son enfance chaque fois que des doutes et que la mélancolie l’assaillent. Dans Aquero, de Marie Cosnay, la grotte où tombe son héroïne joue un rôle…