©Gustave Roud « Denezy : un moissonneur nu dort sur le banc du jardin, la tête contre le dur gonflement d’un bras de bronze, sa main frôle une touffe de phlox couleur de ciel. Personne, sinon un passant vague, pour faire sa joie de la douceur déchirante de cet accord bleu et doré, de cette communion silencieuse…
Étiquette : Littérature
En Estrémadure, par Laszlo Krasznahorkai, écrivain
Las Hurdes, Terre sans pain, 1932, Luis Bunuel « la langue n’est plus qu’un paquet de linge sale, voilà ce qu’il pensait, et c’était cette pensée qui l’avait détruit. » Le dernier loup, de Lazlo Krasznahorkai, prix Nobel de littérature 2025, est un récit magistral. Un écrivain hongrois dépressif vivant à Berlin, à peu près oublié de…
L’Europe, à l’heure des offensives, par Stefan Zweig et Camille de Toledo, écrivains
Stefan Zweig et Joseph Roth à Ostende, 1936 « Il croit à la culture, Zweig, il croit au droit. Pris dans les plis des mémoires, du passé, il est incapable de se tourner entièrement vers l’avenir, vers ce qui est là, déjà dans le présent. » On sait l’inquiétude d’être au monde de Camille de Toledo dans une…
Impressions du Pays dogon, par Michel Castermans, photographe, et Joël Vernet, écrivain
©Michel Castermans « Le Temps qui n’est peut-être pas de la durée nous écorche. Partir marcher dans la montagne, sous le soleil, sous les pluies. Contempler le désert au-dessus des nuages. » (Joël Vernet) Le premier livre du neurologue et photographe Michel Castermans est une grande réussite. Il ne se monte pas du col, il est direct,…
De l’irréductible, par la revue Aventures
©Adrian Meyronnet « L’attention, à son plus haut degré, est la même chose que la prière. » (Simone Weil) Allez, il est temps de retrouver le cap. La mauvaise monnaie (les romances du Salon de Paris) chasse la bonne, ouvrons la revue Aventures, numéro 5, déjà. Ils veulent des histoires, des faits de société, des problèmes à…
De la littérature après la Révolution française, par la revue Histoires littéraires
Lise Deharme, vers 1930, Man Ray « Cette curieuse succession de mots, que l’on n’a pas le temps de méditer, qui s’imposent à nous, cet élan bizarre, où la pensée est à la fois active et emportée par la langue, c’est là que se joue la liberté de l’écrivain, sa pensée sensible, c’est dans la langue…
Des fantômes d’enfants errent, par Yuta Arima, photographe, et Julie Nakache, écrivaine
Sakurai, le 31 octobre 2024, dans Kodomo no kuni ©Yuta Arima « Des âmes errent dans le ciel par centaines. Des enfants innocents meurent tous les jours et dans ce parc, leurs fantômes jouent à cache-cache. Ils sont des messagers, semblables à la fumée, des passeurs d’histoires. » C’est une photographie dont les couleurs, très belles, sont…
Boxe, art des Justes, par Jack London, écrivain
Jack Johnson « Quand l’homme cogne l’homme et cogne fort, et que retentissent les coups portés au corps, et que respirent le cogneur et le cogné, l’un expirant violemment, l’autre inspirant comme il peut… eh bien, je me retrouve débout, le souffle coupé, oublieux du monde et de ma personne, entièrement pris dans le combat qui…
Un condamné à mort s’est échappé, par Albert Londres, écrivain
« Je suis mort à vingt-six ans ; je viens de renaître. Mon état civil dit que j’ai quarante-trois ans ! Sur le papier peut-être ! pas dans le cœur ! J’ai vingt ans ! L’âge de mon fils. Et j’ai un fils ! J’ai une femme ! Je marche droit ; ùais mon esprit titube, je suis grisé de joie. Je me dis :…
Beauté du désastre obscur, Stéphane Mallarmé, par Jean-Jacques Gonzales, écrivain
« Il faut imaginer Mallarmé lycéen – ce n’est pas si difficile – en tout jeune homme, efféminé, précieux, voire flûtée, gestes compassés, théâtraux, bousculé, rudoyé par ses camarades ébahis, envieux devant sa maîtrise de la langue, ses fastes, ses pouvoirs. Exaspérés, lucides, ils le tabassent. Il se fait appeler Comte de Bougainvilliers. Impressionnés, ils se…
Le récit, la mort, la joie, par Pascal Quignard, écrivain
Villa des Mystères, Pompéi « Soudain il était à genoux. Il posa son visage dans les genoux de la vieille dame, dans le tissu de sa robe. Elle sentait bon. Elle sentait la levure. Elle sentait la poudre de riz. Elle sentait aussi la pâte levée et le chèvrefeuille. » Il n’y a pas de place pour…
René Char vivant, par France Huser, écrivaine
Le Jour ni l’Heure, Nicolas de Staël « Longtemps je n’ai pas pardonné à René Char d’être mort. Je ne pensais pas qu’une défaillance si commune pût le toucher et qu’il pouvait subir les outrages du temps dont les autres hommes sont victimes. Lui, il était au cœur des choses, il lui suffisait de les regarder…