Terres, l’inconnaissable, par Eric Bourret, photographe

Quand il marche, Eric Bourret photographie les terres, les roches, les broussailles, comme s’il s’agissait de cosmos. Dans l’apparent chaos de ce qui apparaît, l’artiste isole par son cadre des organisations formelles à la fois mystérieuses et, dans leur logique propre, de grande cohérence. La raison humaine n’est pas équipée pour comprendre la fine nécessité…

Amorce, quatre auteurs en apesanteur, une exposition photographique marseillaise

A l’occasion de l’exposition Amorce ayant lieu actuellement à la librairie Maupetit, de Marseille – direction Damien Bouticourt -, j’ai souhaité demander simplement à ses quatre auteurs – n’étant pas sur place pour en produire une analyse détaillée – de présenter en quelques mots leur série. Il m’a en outre paru important de recueillir la…

Une mémoire de pierre, par Manuela Plossu, artiste multidisciplinaire

Il y a de petits Plossu qui sont de grands Plossu. Quand Bernard a décidé de devenir papa, il a ramassé de petits cailloux multicolores, les a photographiés, et a fait naître une fille. Des yeux comme des galets, des petits points sur la plage comme une peinture dans le sable d’Australie, voici Manuela, sa…

Sensations du vivant, par Frédérique Dimarco, photographe

Michaël Serfaty – livre Les Bras du Séquoia présenté récemment dans L’Intervalle – nomme avec beaucoup de justesse « le tendre espace » le travail photographique de Frédérique Dimarco, publié dans la belle collection de format carré Notes que l’éditeur Arnaud Bizalion consacre à des essais poétiques fragiles et risqués. Dans un corpus d’images généralement…

Etrangeté garantie maison, par Claire & Philippe Ordioni, artistes barOques

Les voluptés étranges et l’effroi joué habitent le travail de Philippe et Claire Ordioni, qui sont respectivement père et fille. Leur domaine est celui du théâtre bizarre et du grand macabre. Photographes forains, entre Méliès et Jean-Pierre Jeunet versant Delicatessen, ces deux-là inventent des clowns empêchés et des rois de burlesque noir pour des spectateurs…

Une Venise intérieure et nocturne, par William Guidarini, photographe

  Avec Venise et ses îles, le photographe William Guidarini signe chez Arnaud Bizalion un anti-guide touristique. Son livre, conçu avec l’amitié et l’expertise de Laura Serani, est une œuvre au noir, un voyage intérieur, une musique nocturne, un enchevêtrement d’espaces intimes et de territoires mouvants. Pratiquant le voyage comme un désabritement, William Guidarini trouve…

Un certain goût de la vie, par La Fabrique de Méditerranée

« On ne fait pas mûrir les olives plus vite ! » Dans Eloge de la pensée de midi (Actes Sud, 2007), Thierry Fabre déploie cette image née de la pensée d’Albert Camus, « la pensée de midi ». Issue de la « gaieté fataliste » d’un Nietzsche à laquelle il faut associer la pugnacité…

De la photographie comme archéologie de soi, par Christine Delory-Momberger

Christine Delory-Momberger est chercheuse, essayiste (Le geste d’Agata, André Frère Editions, 2016), et auteure d’un travail photographique sur l’exil des plus singuliers. Abordant l’image comme trace d’une origine à fouiller, dépecer, mais aussi laisser advenir, comme si la mémoire était à déplier à partir de points de détails fuyants, comme si tout échappait toujours, et…

Ecrire, photographier, Laure Samama en majesté

« Tes mains s’effacent, seul persiste le monde alentour, lointain, ouvert aux autres, fermé à mon regard. Je ne sais pas s’il m’est devenu opaque, interdit, fermé, ou si au contraire il s’offre enfin à moi dans toute son aridité. » C’est une seule feuille pliée en huit comportant en son milieu une fente, comme une bouche,…

Maroc, un théâtre d’apparitions, par Pauline Alioua et Chris Garvi

Nous sommes dans le bassin méditerranéen, dans ces territoires où les situations les plus triviales ont un parfum de mythe. Nous sommes au Maroc, avec Pauline Alioua et Chris Garvi, dont le double regard fait songer à celui du pérégrin Didier Ben Loulou. Dans le creux du manque, que publie Arnaud Bizalion, est ainsi une…

Portrait de Marseille à la Belle Epoque, par Edouard Cornet, photographe amateur et industriel prospère

Il paraît que les hommes s’ennuient le dimanche. Peut-être, mais pas tous, et pas du tout l’entrepreneur Edouard Cornet, vitrier fortuné, et photographe amateur marseillais, documentant durant la Belle Epoque son quotidien (familles, amis), sa ville (transformée par la Seconde Révolution industrielle) et ses alentours parcourus à l’occasion d’excursions allègres (la Provence et les bienfaits…