Grande Hongrie, pays de barbelés, par Patrick Galbats, photographe

  Au cœur de l’Europe, la Hongrie met en œuvre depuis une bonne vingtaine d’années une politique nationaliste, d’autant plus virulente que la crise migratoire, née notamment du chaos au Moyen-Orient, touche ses frontières. Atteinte de fièvre obsidionale, la si désirable Europe en oublie les antiques lois de l’hospitalité qui font la noblesse des peuples….

Le parlement des vivants, par Bernard Descamps, photographe

La nature est impitoyable, féroce, prédatrice, en guerre perpétuelle, et furieusement en vie jusque dans ses cycles de destruction – lorsque l’être humain, arrivé au stade terminal de sa corruption, ne s’en mêle pas. La nature, oui, mais pas Natura, de Bernard Descamps, qui est un hymne au calme, à la mer étale, à la…

Ralentir, poésie, travaux, par Hans Faverey, poète hollandais

« Suis-je oui appelé. // Suis-je non appelé. // Je ne peux pas partir d’ici. / Ma voie de sortie est ici. / Sauf avis contraire. // j’arrive tout à l’heure. » Il faut des passeurs, des messagers, des traducteurs. Il faut l’enthousiasme et l’ambition de maisons d’édition croyant, contre les vents et marées de…

Le besoin du paysage, par Edouard Decam, photographe

Considérant que le paysage est bien moins une volonté de représentation que la résultante du mouvement, d’un corps faisant l’expérience de son agissement dans et par la nature, d’un déplacement, Edouard Decam est l’auteur d’une œuvre intitulée Paysages involontaires, exposée à l’Espace Contretype de Bruxelles. S’intéressant notamment aux infrastructures ayant modifié par leur présence l’espace…

Hommage au cinéma muet expressionniste, par Fanny Larpin, auteur(e)

Rien de plus réaliste que le surréalisme. Rien de plus vrai que la dissimulation. Rien de meilleur qu’un montage de Dziga Vertov. Rien de plus beau que Dementia, de John Parker. Rien de plus fou qu’un œil qui se ferme. Rien de plus sensé qu’un peu de jardinage avec quelques amis. Rien de plus relaxant…

Influence, un élixir floral, par Joseph Charroy, photographe

Préparez les baguettes d’achillée et votre manuel de Yi Jing, il se pourrait bien que, comme ça, dans votre appartement du centre de Lille, votre petite maison de l’Ariège, ou votre squat de Bruxelles, vous ne rentriez dans la danse des hexagrammes. La grande santé est une affaire d’équilibre, plus que d’absence de maladie, ou…

Plateau Avijl, merveilles de la pénombre, par Marielle Geerinckx, photographe

Nocturnes, le premier livre de Marielle Geerinckx est un objet éditorial d’une belle élégance, à la fois austère et ouverte sur l’héraldique du vivant. Pendant plusieurs années, l’artiste belge a photographié, au flash ou à la lampe de poche, le plateau Avijl, à Uccle, dans la région de Bruxelles-Capitale. Dans une communication profonde avec la…

Brancusi, jamais vu, par Dan Er. Grigorescu, photographe

« Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c’est de nous mettre en état de les faire. » Vous avez peut-être prévu de vous rendre à Bruxelles pour l’exposition Brancusi ayant lieu au Bozar. C’est très bien, nécessaire, important, mais il y a mieux encore, beaucoup mieux, beaucoup plus jeune,…

Les majorettes, Georgette, par Isabelle Detournay, photographe

Isabelle Detournay est une artiste sensible à l’humanité des personnes qu’elle photographie, à leur énergie, à leur lumière. Son regard est frontal, mais jamais de pure extériorité. Les êtres qu’Isabelle Detournay rencontrent pourraient en effet être elle-même, dans son village natal, dans une école d’apprentissage, ailleurs encore. La photographie n’est pas pour elle un art…

L’œil et l’abîme, par Jacques Vilet, photographe

On pourrait tomber de cette forêt bordant la mer, se croire Icare et chuter. Pourtant, nous nous tenons encore debout dans l’être, et nous abordons les précipices sans ciller. Il y a ici beaucoup de démesure dans les paysages, du sublime, le commencement de la terreur, mais il y a aussi la raison, le sens…

De l’art comme métanoïa, par Michel Mazzoni, photographe plasticien

Les livres de Michel Mazzoni sont toujours des surprises formelles, non pour le plaisir de l’exploit graphique, mais parce que rendre compte du visible, ténu et fuyant, nécessite d’inventer des dispositifs de capture et de monstration inédits. Après sa très belle exposition de printemps au Botanique de Bruxelles, Other Things Visible, le revoici en grand…