Revue Photographica, un miroir doté de mémoire, par Éléonore Challine, rédactrice en chef

Hippolyte Bayard, [Enseigne du marchand de chevaux Kamingant], Batignolles, Paris, 1840-1849. Négatif sur papier, 21,9 x 16,3 cm [24-N-VII.011, « 24 Bayard VII/11 »]. Coll. Société française de photographie (SFP) Revue de réflexion sur les patrimoines photographiques, Photographica, projet éditorial élaboré par Eléonore Challine et Paul-Louis Roubert, pense cette notion à l’heure de la numérisation des archives et l’arrivée régulière…

My chief happiness manager est un salaud, par la revue Lignes, n°62

Le dernier numéro de la revue Lignes (62), consacré aux « mots du pouvoir et au pouvoir des mots », est excellent, qui offre à ses contributeurs la participation à un dictionnaire critique permettant, à la façon de Victor Klemperer, ou de Eric Hazan, de faire un état des lieux des maux langagiers pourrissant notre…

De l’inconscient machinique, par  Frédéric Dupré, dessinateur

J’ai découvert le travail artistique de Frédéric Dupré grâce à Serge Airoldi, auteur notamment d’une très belle réflexion sur les couleurs avec Rose Hanoï (Arléa, 2017). S’il fallait s’approcher par cercles concentriques critiques et comparaisons de cette œuvre graphique vertigineuse, borgésienne peut-être, j’envisagerais la rencontre dans une camera obscura de Piranese et du peintre russe…

Penser la métamorphose avec Kafka, par Léa Veinstein, chercheuse, écrivain

Comprendre comment l’œuvre d’un écrivain tel que Kafka modifie, inquiète, inspire la philosophie, tel est le sujet de réflexion de Léa Veinstein dans Les philosophes lisent Kafka. Benjamin, Arendt, Anders, Adorno (Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, 2019), qui fut d’abord l’objet d’une thèse soutenue à l’université de Strasbourg. Lisant, avec ferveur, Kafka…

Amorce, quatre auteurs en apesanteur, une exposition photographique marseillaise

A l’occasion de l’exposition Amorce ayant lieu actuellement à la librairie Maupetit, de Marseille – direction Damien Bouticourt -, j’ai souhaité demander simplement à ses quatre auteurs – n’étant pas sur place pour en produire une analyse détaillée – de présenter en quelques mots leur série. Il m’a en outre paru important de recueillir la…

Un geste pour rien, par Eric Rondepierre, photographe plasticien et Huron

« Du Possible, sinon j’étouffe ! » (Proust/Eric Rondepierre) Voici enfin, parmi la marée des insignifiances et livres fabriqués sans nécessité, un ouvrage créant un trou dans le trou, parce qu’il fait penser, que sa phrase est subtile sans se rengorger de préciosité, et qu’il a fourbi ses armes dans la méditation ininterrompue des textes…

De la photographie comme archéologie de soi, par Christine Delory-Momberger

Christine Delory-Momberger est chercheuse, essayiste (Le geste d’Agata, André Frère Editions, 2016), et auteure d’un travail photographique sur l’exil des plus singuliers. Abordant l’image comme trace d’une origine à fouiller, dépecer, mais aussi laisser advenir, comme si la mémoire était à déplier à partir de points de détails fuyants, comme si tout échappait toujours, et…

Imaginez un banquet, par Lauren Malka, philosophe

« Ma seule affaire, c’est en effet d’aller par les rues pour vous persuader, jeunes et vieux, de ne vous préoccuper ni de votre corps ni de votre fortune aussi passionnément que de votre âme, pour la rendre aussi bonne que possible ; oui, ma tâche est de vous dire que la fortune ne fait…

Sans se cacher, une mémoire familiale, par Léa Veinstein, écrivain

« Je n’écris pas un livre tombeau, ni même l’histoire d’un arrière-grand-père que je n’ai pas eu – mais l’histoire de la découverte d’un prénom. » Premier livre de Léa Veinstein, Isaac est un livre de réappropriation d’une histoire familiale occultée correspondant à un impensé : comment son arrière-grand-père rabbin a-t-il pu continuer à exercer…

Pascale Ogier, un cristal de Bohème, par sa demi-sœur Emeraude Nicolas

Fille de l’actrice Bulle Ogier et du musicien Gilles Nicolas, Pascale Ogier fut le très beau visage des Nuits de la pleine lune d’Eric Rohmer (1984), et une présence mélancolique de l’underground artistique des années 1980, fréquentant aussi bien les blousons noirs que Jim Jarmusch, Jacno que Jacques Rivette et ses fantômes, Alain Pacadis que…