Claude Régy, le théâtre comme art sacré

Comme il doit être doux de vivre quelques semaines sur une île déserte, accompagné de beaux visages choisis, acteurs de bonne foi, et de passer les jours à lire, commenter, jouer ensemble le bel et inspirant ouvrage des Ecrits (1991-2011) de Claude Régy, que les éditions Les solitaires intempestifs ont l’heureuse idée de publier en…

Vous avez de belles veines, me disait l’infirmière – écrire, selon Christophe Esnaut et Jean-Charles Massera

Malgré des styles très dissemblables, Gangue son de Jean-Charles Massera et Mythologie personnelle de Christophe Esnault ont ceci de commun d’être des dispositifs d’écriture, des mises en scène du sens où les deux auteurs, nourris de culture littéraire, composent leurs livres adossés à la bibliothèque, tout en prenant quelque distance avec les fantasmes de toute…

Charlotte sometimes, portrait sur le fil d’une jeune maison d’édition

Charlotte sometimes n’est pas qu’une chanson du groupe The Cure. C’est aussi le nom d’une maison d’édition très singulière, généreuse, dont chaque livre est conçu comme un objet poétique et une aventure. Publiant des œuvres visuelles, Charlotte sometimes se décline en plusieurs projets, livres d’artistes, sérigraphies, revue. Merci à Charlotte,  sa fondatrice, pour son bel…

La folie les cris les blessures la poésie, par Mathias Enard

Il y a chez Mathias Enard une réjouissante folie d’écritures, de langues, et de voyages, faisant de cet auteur primé (Goncourt 2015 pour Boussole) un explorateur des confins du monde et de l’esprit, bien plus qu’un salonnard. On sait le goût pour l’exotisme, l’orientalisme, les zones de tensions (Sarajevo, Damas, Tripoli) de cet auteur des…

La vie traversée comme un funambule, lettres d’un photographe à ses fils

copyright : © Photographies : Fouad Elkoury / Signatures Trente mails, trente photographies, une correspondance entre un père photographe, Fouad Elkoury, et son fils Zeyd, entre février et avril 2015. Un jour, le fils demande à son père de lui montrer les livres qu’il a publiés : « C’était la première fois que tu me les réclamais….

La photographie comme théâtre des apparitions, par Marie Maurel de Maillé

Pier Paolo Pasolini distinguait un cinéma de prose d’un cinéma de poésie. A bien des égards, le travail photographique de Marie Maurel de Maillé se rattache à cette deuxième catégorie. Epanchement du songe dans la vie réelle, ses images relèvent à la fois de l’intime et de la création d’une contre-allée, désirable, habitable, sortes d’hallucinations…

Je crois qu’un jour, de Fabrice Guénier, le livre des égarements

On raconte généralement n’importe quoi sur la prostitution, quand on cherche à n’y voir qu’ordure et rapports de domination méprisants, alors que s’opère parfois, dans l’acte tarifé de non-rapport sexuel consenti, un sacrifice brûlant, menant le supposé consommateur à sa consumation, à sa perte, à sa perdition, à l’amour aussi. Il y a du sacre…

Il n’y a pas de terre promise, par Paol Keineg

Nombreux sont les amis du poète et traducteur Paol Keineg à se demander quel peut bien encore être le lien à la Bretagne d’un homme qui écrivit dès son entrée en littérature deux livres majeurs, Le poème du pays qui a faim (Traces, 1967) et Hommes liges des talus en transe (P. J. Oswald, 1969)….

Les Hauts-Fonds, portrait d’une maison d’édition

La récente publication du recueil anthologique Un enterrement dans l’île, du poète écossais Hugh MacDiarmid (traduction Paol Keineg), offre l’occasion de mieux découvrir la maison d’édition finistérienne Les Hauts-Fonds. Aussi discret que terriblement nécessaire dans la transmission de paroles et oeuvres qui comptent, quand le Calcul dévore toute possibilité de beauté et d’expérience de langue…

Le solo de cornet des îles gaéliques, Hugh MacDiarmid poète écossais, ou la grande amitié des choses créées

La publication du premier recueil anthologique du poète écossais Hugh MacDiarmid, Un enterrement dans l’île, par les éditions Les Hauts-Fonds est un événement. Considéré en Ecosse comme un poète majeur, très peu nombreux sont les lecteurs de la sphère francophone à le connaître. La superbe traduction du poète Paol Keineg permet aujourd’hui de réparer une…

L’ombre portée de la catastrophe, par If, revue marseillaise indisciplinaire

La Esclava © Thibault Grégoire Le quarante-quatrième numéro de la revue If, consacrée aux écritures contemporaines, est construit autour de l’œuvre du plasticien Théo Mercier, dont l’exposition The thrill is gone, présentée actuellement au Musée d’Art Contemporain (MAC) de Marseille, propose, par sa nature hybride (sculptures, installations, objets empruntés, photographies), un formidable point d’appui réflexif….