Pierre Bonnard (1867-1947), Poisson sur une assiette, 1921, Musée des beaux-arts de Lyon (Don de Jacqueline Delubac en 1995) « Violet dans les gris. Vermillon dans les ombres orangées, par un jour froid de beau temps. » (Pierre Bonnard, 7 février 1927) Après un premier volume consacré aux Agendas (1927-1946) de Pierre Bonnard, les éditions L’Atelier Contemporain…
Étiquette : Yannick Haenel
Les champs magnétiques, par Juliette Agnel, photographe
Juliette Agnel – Courtesy Galerie Clémentine de la Féronnière « Il y a un chant de la lumière qui transperce les espaces et traverse les époques. Les étoiles rendent possible l’universalité rupestre des récits : les constellations d’astres n’ont pas d’appartenance ; elles déchirent le ciel pour la Terre entière. La première fois que j’ai parlé avec Juliette…
Francis Bacon, au bord de l’abîme, par Gilles Sebhan, écrivain
Francis Bacon (1909 – 1992), Autoportrait, signé, titré et daté 1975, huile sur toile, 35,5 x 30,5 cm « Avant que de l’avoir vu, je sus que Stilitano, et lui seul, était pris, visiblement égaré dans les couloirs de verre. Personne ne pouvait l’entendre mais à ses gestes, à sa bouche, on comprenait qu’il hurlait de…
Nuit souterraine, parade nuptiale, par Linda Tuloup, photographe, et Yannick Haenel, écrivain
©Linda Tuloup « J’aime l’ivresse et sa joyeuse éthique. L’ivresse, pas la possession. » (Yannick Haenel) Le corps est soulevé, il est égaré, un feu le prend tout entier. Après leur premier livre commun, Vénus, Où nous mènent les étreintes (Bergger éditions, 2019), Linda Tuloup et Yannick Haenel signent, aux éditions d’artisanat Les Petites Allées, un autre…
Eros, par Tiffany Roubert, photographe
©Tiffany Roubert Eros est la grande affaire, non ? Non pas l’érotisme qui ne cherche que son assouvissement, mais la grande et belle et vaste énergie primitive, celle qui court sous différentes formes de Platon à Giono, et de Sappho à Yannick Haenel. Pour ce lundi de Pâques où se renouvelle notre œuf intérieur, je vous…
Méditation mandchoue, par MariBlanche Hannequin, photographe, et Joël Vernet, écrivain
©MariBlanche Hannequin « Je regarde car je ne peux plus voir. Se mettre en route pour voir, est-ce un projet cela, un objectif ? Je n’en vois pas d’autre. » (Joël Vernet en son double mandchou) Indispensables au bagage sensible de tout honnête homme (iel) d’aujourd’hui, les livres à poster de la de collection Pour dire une photographie…
Un tombeau de feu et de douceur, par Linda Tuloup, photographe
©Linda Tuloup A l’entrée de l’exposition de Linda Tuloup, Le Feu, les Pierres, ayant lieu actuellement à la Otto Gallery (Gand, Belgique), il y a une petite pièce dont les parois sont des tentures de velours rouge. On s’assied, on met un casque, une vidéo commence, un chat blanc parcourt l’écran, c’est un élément initiateur,…
Enfermée dans une cage de verre, Francesca Woodman, par Bertrand Schefer, écrivain
« Je me demande s’il faut que je raconte l’histoire d’une jeune fille excentrique et anonyme qui laisse derrière elle une œuvre ahurissante, dont elle n’a jamais rien su du retentissement qu’elle aurait. » Francesca Woodman fascine. Parce que l’œuvre si intense, parce que la vie si brève, parce que la beauté. Après l’essai remarqué de Marion…
Milena Jesenska et Franz Kafka, le feu des lettres, par Marie-Philippe Joncheray, écrivain
« S’il n’y a plus cette grande ouverture de soi qu’est l’amour dans l’écriture, ce couteau tranchant, la peur peut refluer, elle a remporté la bataille. » (Marie-Philippe Joncheray) Il y a des signes, des transferts d’âme, une grâce se transmettant d’auteur(e) à auteur(e). On appelle cela, qui est un mystère, littérature, ou amour, ou poésie. En…
Exercices d’admiration, par Nicolas Comment, écrivain
Jean-Jacques Schuhl, Paris, 2014 ©Nicolas Comment « Le temps passe tout doucement pour ceux qui vivent perdus dans un rêve. » (Bob Dylan) Les lecteurs de l’excellente revue Novo connaissent bien les chroniques de Nicolas Comment (vite, aller vers les dernières pages) sur la musique, ses amis et les artistes d’importance et de tous horizons qu’il a…
Le rire majeur de Carlo Emilio Gadda, par Philippe Bordas, écrivain
La casquette de Gadda © Philippe Bordas « Carlo Emilio Gadda est ce passant discret, invisible au piéton français comme aux foules italiennes abandonnées à la stupeur de l’après-Berlusconi. Né en 1893, avant le déferlement des radios, mort en 1973, avant le déchaînement numérique, Gadda a brûlé sa vie à l’élaboration d’un verbe souverain, comme s’en…
Georges Bataille à la Banque de France, par Yannick Haenel, romancier
« J’étais très loin dans la nuit, traversé par les époques, accroupi dans le désert du Sinaï près d’un fagot de bois ou contemplant l’aurore au bord d’une mer grecque, allongé à l’intérieur d’un temple, mais toujours guidé par l’éclat d’une lame de couteau. » Quelquefois, le souffle est puissant, brûlant. C’est alors un feu grégeois de…