Au-delà de la séduction, Andressa Ce, photographe brésilienne

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© Andressa Ce

En dehors de la petite planète des éditeurs photographiques français, Pierre Bessard, indépendant absolu, un jour ici (photo), un autre ailleurs (architecture, cuisine, montagnes), fait bouger les lignes.

Publiant pour des amateurs et collectionneurs du monde entier des artistes de dimension internationale (Guy Tillim, Pieter Hugo, Robin Hammond, Bill Henson, Ren Hang, Liu Bolin, Michael Kenna, Ed Templeton, Joan Fontcuberta) ou de géniaux moins connus bientôt stars du marché, il ouvre de plus en plus ses collections à la vitalité et l’imprévisibilité de la jeunesse.

Principe majeur : ne surtout pas s’ennuyer, ne pas répéter, inventer, vivre pour la beauté à en crever, ne pas craindre le luxe.

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© Andressa Ce

Depuis quelques années, le Brésil est l’un de ses caps de prédilection, parce que c’est un bouillon de cultures, parce que la langue y est enchantement, parce que la vérité du monde y éclate en bouquets de violences, parce que l’audace, la folie, la fraternité sensuelle, que l’on ait vingt ans, trente ans ou soixante-dix ans conduisent les existences comme ils bâtissent des œuvres surprenantes.

Quelques noms : Claudia Jaguaribe (Beijing Overshoot), Edu Simoes (O Inferno Vede), Alexandre Furcolin (à venir), Miguel do Rio-Branco (à venir), Alice Quaresma (à venir), Fernando Banzi (à venir).

Un jour nous serons célèbres (Um dia seremos famosos) est l’une des dernières productions brésiliennes Bessard (BeSpoke Collection n°15) : c’est un livre de fille (Andressa Ce) à la couverture pailletée (et poney rose aux yeux doux), construisant son être-au-monde à la façon d’une somnambule happée par des couleurs, des traces, des formes.

Quelques signes (vingt-quatre images, dont un tirage signé), des pas de danse, des points de suspension.

Andressa Ce voit le monde en détails, entre sensation d’enfance ininterrompue et passage à l’âge adulte, confiant à l’art le soin de la rassembler et de lui ménager une voie de conciliation entre innocence perdue et destin de femme.

Andressa Ce est un animal nocturne, la rêverie est son domaine.

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© Andressa Ce

Une table ronde en mosaïques dont les motifs dessinent des lys, une main aux ongles vernis de rouge, une fleur rose radieuse dans une bouteille en verre, cadrage en surplomb. Ce pourrait être une nature morte, c’est un summum de vie discrète, clandestine, un ordre de volupté.

Les photographies sont faites d’éléments ou personnages isolés – des chaises, des canards, un chat, une plante, un jeu de fléchettes, un chien, des petites filles à la peau noire, un bol ayant contenu de la glace à la framboise, des jeunes femmes sensuelles – qui forment des dialogues étranges et beaux, très silencieux.

Le regard est ici doucement interrogatif, voire de stupeur calme.

Um dia seremos famosos est un livre initiatique, une prière, une ambition de modestie saisissant le monde comme il va, au plus proche, sans rechercher l’épique, mais souhaitant simplement être là parmi les choses, dans une présence flottante qui est un état intermédiaire entre fin de l’insouciance et entrée dans les responsabilités, au-delà de la séduction.

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Andressa Ce, Um dia seremos famosos, Editions Bessard, BeSpoke Collection, 2018 n°15 – 250 exemplaires comprenant un tirage signé par l’auteure

Editions Bessard

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