Aux royaumes élyséens de Christine Lefebvre, photographe

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© Christine Lefebvre

Les photographies de Christine Lefebvre sont des œuvres de silence.

Il y a du bruit, des bavardages, des communications incessantes, et soudain, sur le mur métamorphosé, des rectangles de vision en noir et blanc créant de la stupeur.

Les affaires du jour paraissent insignifiantes, nous voilà ramenés à l’essentiel : la permanence des formes à travers le temps, le mystère de toute présence, l’énergie des choses premières.

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© Christine Lefebvre

Des aigrettes s’envolent. Pourtant, regardez-les bien, ce sont des points fixes attirant tout l’espace à elles.

La beauté n’est pas une petite histoire personnelle, mais bien au contraire ce qui nous relie profondément, au-delà des querelles identitaires et des fausses antinomies.

Qu’elle soit en Islande, dans une campagne française ou quelque part du côté de l’Asie, Christine Lefebvre se rend disponible à ce qui vient comme aux traces de l’immémorial.
Les structures géologiques sont pour elle un parchemin, de la même façon qu’elle perçoit un dos de chair humaine comme un livre sacré.

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© Christine Lefebvre
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© Christine Lefebvre

Par respect pour les névés, les paquets de sable, le vent et le génie des forêts, il faut se mettre nu, frotter sa peau à la peau des roches et des arbres, retrouver sous la carapace de l’adulte accablé par les responsabilités l’enfant qui goûte la terre et se fait un manteau de boue.

Des photographies de Christine Lefebvre sourd le sentiment d’un ordre supérieur, informé des forces telluriques présidant à toute véritable naissance.

Quelle différence entre un oiseau blanc, une chute de neige et le dos d’une belle amie ou d’un bel amant laissant l’Hasselblad le caresser de matière argentique ?

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© Christine Lefebvre

L’éphémère rencontre l’atemporel dans une perception très sensualiste du monde.

La pudeur comme le secret sont érotiques, et il n’y a pas d’imperfection pour qui sait regarder longuement la géométrie du vivant.

Entrons donc avec Christine Lefebvre aux royaumes élyséens, qui ne sont pas d’outre-tombe, mais d’ici et maintenant, et de toujours.

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© Christine Lefebvre

Les femmes ont des regards de glace qui brûlent le papier, voilà pourquoi nous ne les verrons généralement que de dos, oiseaux de nuit, perles de jour, habitantes des rives de l’imaginaire, femmes à embrasser et à perdre, à perdre en les embrassant.

Ce sont des cariatides vous offrant mieux que leur sexe, leur vulnérabilité, et leur puissance.

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© Christine Lefebvre

Ce texte paraît à l’occasion de la première exposition de La chambre claire Galerie (Douarnenez, Finistère) ayant confié ses clefs à Christine Lefebvre – du 1er juin au 13 juillet 2019

Vernissage samedi 1er juin en présence de l’artiste à partir de 18h30

Visiter La chambre claire Galerie

Site de Christine Lefebvre

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Christine Lefebvre, L’entre temps, texte de Corinne Mercadier, Filigranes Editions, 2017, 80 pages

Filigranes Editions

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© Christine Lefebvre

 

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