Rebels of cycles, par Lionel Antoni, photographe

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©Lionel Antoni

C’est en Indonésie que Lionel Antoni prend conscience pour la première fois de la communauté des adeptes du vélo customisé, ce même pays où Muhammad Fadli a photographié, pour un livre paru en 2018 à Leipzig chez Dienacht Publishing, Rebel riders, celle des bikers de vespas trafiquées.

Ce qu’il croit d’abord être un tropisme local s’avère bientôt être, au fur et à mesure d’une enquête menée freins lâchés, un mouvement mondial préférant aux lumières des représentations dominantes la fraternité de l’ombre.

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©Lionel Antoni

Amitié immédiate de passionnés portant blouson en cuir sans manche et tee-shirt à tête de mort.

Brothers of cycles est le fruit d’une enquête au long cours sur un milieu peu connu, à qui la semi-clandestinité va bien.

Bricoler dans son garage, ne rien demander à personne, être libre.

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©Lionel Antoni

Trouver un hangar, inviter des potes, plonger les canettes dans un seau d’eau glacée, être les rois du monde.

Ils ont souvent des airs patibulaires (mais presque), qui cachent sous la barbe finement taillée et la casquette américaine un tempérament de gros nounours sentimental.

Lionel Antoni photographie en noir & blanc de façon immersive, il est des leurs, il ne trahira pas.

Chambres à air, jantes, dérailleurs, étaux, ponceuses, meuleuses, scies sauteuses, outils bien rangés à la verticale sur le mur de l’atelier, voici le cabinet des merveilles.

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©Lionel Antoni

Ça sent la graisse et la sueur, la suie et le savon Bébé Cadum.

La customisation du vélo va avec celle de son propriétaire, souvent tatoué, love and hate comme les mains de Robert Mitchum dans The Night of the Hunter.

Gros plans sur les durs à cuire, gros plans sur la peau tendre et la sacoche à bières.

Ce vélo-ci ressemble à un zébu égaré dans une friche industrielle, cette gazelle-là est une belle en short et collants noirs maîtrisant entre ses cuisses musclées une splendide mécanique.

Ça fume dans le matin gris, ça se réchauffe un peu en soufflant dans les mains, ça se prépare pour la plus belle des parades.

Pas d’embrouilles, que du théâtre.

Tiens, mate un peu mon cul corné, c’est l’origine du monde.

Besoin de personne en Vélo Davidson, sauf des copains, du hard-rock et d’un pack de Grim.

Le bilan carbone est bon, que veulent de plus les bourgeois ?

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©Lionel Antoni

La petite reine est une princesse de cour orientale, bras largement écartés, et terriblement bien parfumée.

Ces hommes en groupe peuvent effrayer, ils sont pourtant les plus tendres de tous. D’ailleurs, la présence à leur côté des plus jolies filles du monde ne trompe pas.

Avec eux, c’est l’insoutenable légèreté de l’être et la chevauchée fantastique tous les week-ends, en France, en Belgique, en Suisse, aux Etats-Unis, à Bali.

Il a plu, le bitume brille, la ville dort, et la nuit leur appartient.

Brothers of cycles pour Yan Morvan ? « Une sorte de pied de nez à la société de performance et des roulants bling-bling… Des « Frères » habités par le vieil esprit nomade et tribal des débuts de l’aventure humaine. »

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Lionel Antoni, Brothers of cycles, préface de Yan Morvan et Lionel Antoni, traduction Matilda Holloway, direction éditoriale et graphique Elisa Hébert, Photopaper, 2019

Site de Lionel Antoni

Site de Photopaper

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