Flottaisons de nymphes fixées, par Marie Maurel de Maillé, photographe

©Marie Maurel de Maillé

« Qu’est-ce que voir tout court, sinon délirer ? C’est-à-dire construire une image mentale, un monde personnel et l’extraire des eaux courantes. » (Eric Rondepierre)

Intitulé simplement du nom de son auteure, Marie Maurel de Maillé est un livre composé comme un vaste autoportrait contenant des visages qui ne sont pas les siens.

Les images nous hantent, nous possèdent, nous pénètrent.

©Marie Maurel de Maillé

Nous flottons parmi elles, nous avons parfois un corps.

Contenant deux séries, Les Inconnues de la Scène et Holy Flesh, le tropisme général de cet ouvrage élégant, publié par les toujours impeccables Editions de l’épair, est cinématographique.

Sur la scène de l’écran blanc flottent des femmes, nymphes quoi qu’il advienne, le cinéma étant fenaison de figures stoppées, relancées, fixées.

©Marie Maurel de Maillé

Les noyées viennent du cinéma muet, et des bacs de révélation, mais parlent encore à la façon des taciturnes tourmentées par le temps qui les dévore.

Ce sont en quelque sorte des Baigneuses peuplant des limbes.  

Marie Maurel de Maillé situe son désir de création – ses photomontages – à la source de la représentation moderne des femmes, ces actrices pour lesquelles furent construits des temples où apprendre de nouveau la vénération.

Les images de l’artiste sont des ophélides troublantes, dérivant à la surface de la conscience.

©Marie Maurel de Maillé

Avec la série Holy Flesh, apparaissent maintenant des images de saintes martyres, œil arraché, sein coupé, sexe mutilé.

Des larmes coulent, ou peut-être du lait.

Le téton pur provoque les impies, il faudra le trancher.

Les feuilles d’or s’intercalant entre les hiératiques blanches rappellent La Légende dorée de l’archevêque de Gênes Jacques de Voragine, qui conta la vie des saints glorieux et assassinés.

©Marie Maurel de Maillé

« Contrairement à l’icône comme art du portrait, écrit Sandy Berthomieu, ici l’artiste contient les courbes et les attributs féminins dans un cadrage serré. Un corps érotique au visage – toujours – absent. »  

Chez Marie Maurel de Maillé, le corps est esprit, et la sensualité le continuation de la prière par d’autres moyens.

Marie Maurel de Maillé, textes Eric Rondepierre et Sandy Berthomieu, directrices de la publication Sandy Berthomieu et Soraya Hocine, Les Editions de l’épair, 2023, 72 pages – 300 exemplaires

©Marie Maurel de Maillé

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©Marie Maurel de Maillé

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