Jusque dans les pores des choses, par Sylvia Ney, photographe

©Sylvia Ney « Pas si rêveur encore que l’on pense, je sais voir et voir comme voient les myopes jusque dans les pores des choses, parce qu’ils se fourrent le nez dessus. » (Lettre de Flaubert à Louise Colet, Croisset, 16 janvier 1852) De l’autre côté de l’eau, livre merveilleux de Sylvia Ney, relève-t-il du genre –…

La politique des auteurs, par Patrick Le Bescont, éditeur

J’aimais beaucoup les petites images pieuses que me donnait de temps à autre mon arrière-grand-mère lorsque j’étais enfant. J’en ai toujours une dans mon portefeuille, au dos de laquelle, de sa belle écriture d’institutrice née en 1899, elle me témoigne une affection qui ne s’est jamais démentie – et jusqu’à ce jour. J’ai grandi, les…

Appels d’air, cinquante artistes, par Les Editions de l’Epair

© Philippe Herbet / Les Editions de l’épair On étouffe, l’air est vicié, nous ne quittons plus notre muselière. Pensant trêve, interlude, respiration collective, Les Editions de l’Epair ont produit un petit livre composé des travaux de cinquante artistes et auteurs, Même les oiseaux chantent pendant le chaos. Des photographies, des dessins, des assemblages, de…

Aussi belle qu’inquiétante, une demeure photographique,  par Amaury da Cunha

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Pourquoi y a-t-il soudain rien plutôt que quelque chose, ou quelqu’un ? Demeure, recueil photographique d’Amaury da Cunha, qui aurait pu s’intituler Vers le visage, tente d’approcher ainsi, dans le questionnement, le mystère de la présence, trouvant des formes dans des pans de nuit, construisant délicatement des « petites…

L’heure où l’on vacille, par Anne-Sophie Costenoble, photographe

L’heure bleue est cet instant entre jour et nuit où naissent les peurs, les monstres, les formes indécises. C’est l’heure du loup, un moment de trouble, d’effondrement, de métamorphose. Ces longues minutes où tout vous menace, où vous vous rapprochez de votre conjoint, de vos amies, comme des bêtes affolées. Un bébé crie, il a…

La photographie comme théâtre des apparitions, par Marie Maurel de Maillé

Pier Paolo Pasolini distinguait un cinéma de prose d’un cinéma de poésie. A bien des égards, le travail photographique de Marie Maurel de Maillé se rattache à cette deuxième catégorie. Epanchement du songe dans la vie réelle, ses images relèvent à la fois de l’intime et de la création d’une contre-allée, désirable, habitable, sortes d’hallucinations…