Politique et amitié, Panaït Istrati-Romain Rolland, une correspondance

On peut s’effrayer quelquefois de la grosseur des volumes des correspondances, 700 pages pour les lettres inédites (1804-1828) de François de Chateaubriand à Delphine de Custine et Claire Duras (Gallimard, 2017), 1950 pages pour la Correspondance 1854-1898 de Stéphane Mallarmé (Gallimard, 2019). Pourtant, la perspective de s’approcher de la matière même des écrivains (la vie,…

Le parti pris des paysages, par Beatrix von Conta, photographe

Glissement de terrain est un titre qui m’enchante, parce qu’il me fait penser à celui du film d’Alain Robbe-Grillet, Glissements progressifs du plaisir (1974), œuvre librement inspirée de La Sorcière de Jules Michelet (1862) mettant en scène une succession de décalages, rapprochant la réalité des fantasmes, et qu’il appartient au vocabulaire des géographes. Entre observation…

Le prix de l’écriture, par Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel

« On est désormais deux grands garçons qui n’ont plus rien à foutre du plus-que-parfait du subjonctif. » Dans ses journaux intitulés Carnets de notes (trente-cinq années disponibles chez Verdier en quatre gros volumes), dans ses essais (Le style comme expérience, L’Olivier, 2013), dans ses entretiens (Où est le passé, avec Michel Gribinski, L’Olivier, 2007), Pierre Bergounioux…

Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse

  « Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…

André Breton, présent considérable

« J’ai vingt-deux ans. Je crois au génie de Rimbaud, de Lautréamont, de Jarry ; j’ai infiniment aimé Guillaume Apollinaire, j’ai une tendresse profonde pour Reverdy. Mes peintres préférés sont Ingres, Derain ; je suis très sensible à l’art de Chirico. Je ne suis pas si naïf que j’en ai l’air. » La publication intégrale depuis 2016 par Gallimard…

Un fouet cosaque sur ma commode, par Honoré de Balzac, dernière correspondance

« Il y a dans les événements humains une force supérieure qui les dénoue et qui rend les discussions publiques, l’intervention de l’opinion, complètement inutile. L’homme peut nouer, il ne dénoue jamais. Ceci atteint tous les drames politiques. Aussi, selon moi, l’homme politique est-il peu de chose devant le poète et l’écrivain. Le livre est plus…