Le parti pris des paysages, par Beatrix von Conta, photographe

Glissement de terrain est un titre qui m’enchante, parce qu’il me fait penser à celui du film d’Alain Robbe-Grillet, Glissements progressifs du plaisir (1974), œuvre librement inspirée de La Sorcière de Jules Michelet (1862) mettant en scène une succession de décalages, rapprochant la réalité des fantasmes, et qu’il appartient au vocabulaire des géographes. Entre observation…

Le prix de l’écriture, par Pierre Bergounioux et Jean-Paul Michel

« On est désormais deux grands garçons qui n’ont plus rien à foutre du plus-que-parfait du subjonctif. » Dans ses journaux intitulés Carnets de notes (trente-cinq années disponibles chez Verdier en quatre gros volumes), dans ses essais (Le style comme expérience, L’Olivier, 2013), dans ses entretiens (Où est le passé, avec Michel Gribinski, L’Olivier, 2007), Pierre Bergounioux…

Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse

  « Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…

André Breton, présent considérable

« J’ai vingt-deux ans. Je crois au génie de Rimbaud, de Lautréamont, de Jarry ; j’ai infiniment aimé Guillaume Apollinaire, j’ai une tendresse profonde pour Reverdy. Mes peintres préférés sont Ingres, Derain ; je suis très sensible à l’art de Chirico. Je ne suis pas si naïf que j’en ai l’air. » La publication intégrale depuis 2016 par Gallimard…

Un fouet cosaque sur ma commode, par Honoré de Balzac, dernière correspondance

« Il y a dans les événements humains une force supérieure qui les dénoue et qui rend les discussions publiques, l’intervention de l’opinion, complètement inutile. L’homme peut nouer, il ne dénoue jamais. Ceci atteint tous les drames politiques. Aussi, selon moi, l’homme politique est-il peu de chose devant le poète et l’écrivain. Le livre est plus…

Victor Serge au Mexique, le dernier exil d’un révolutionnaire amoureux

« Dans les rues de Mexico, j’éprouve la sensation singulière de n’être plus hors du droit. N’être plus l’homme traqué, en sursis d’internement ou de disparition… » J’ai présenté dans L’Intervalle il y a quelques mois le volume Résistance, publié aux éditions suisses Héros-Limite, livre reprenant des poèmes de Victor Serge (1890/1947) parus une première fois en…