Todo, Nada, par Marie Sordat, photographe

©Marie Sordat Nada – rien du tout – est un livre de haute solitude de Marie Sordat. Il faut parfois savoir détruire, rompre des liens, des attaches toxiques, d’anciennes formes devenues stériles, pour accéder à des noyaux de vérité en soi. Détruire, dit-elle, écrivait Marguerite Duras. ©Marie Sordat « Détruire, parfois, est l’achèvement de l’édifice », écrit…

Un talisman redoutable, par Thibault Biscarrat, poète

©Marc Biscarrat « Sur nos fronts l’orage, sur nos lèvres l’orage, et pourtant tout reste à dire de cette percée dans l’obscur. Dire qu’un aède habita des cieux teintés de foudre, d’insomnie. Dire ce nom qui s’efface, les grands retours, l’homme, en retrait, qui pleura. » C’est entendu, nous accédons chaque jour à un point de non-retour…

Terres obsidiennes, champs magnétiques, par Guillaume Noury, photographe

© Guillaume Noury En 1974, peu après la mort de Pablo Picasso, paraît La tête d’obsidienne, d’André Malraux : il s’agit de relever les traces que laisse le peintre après sa disparition, de noter des souvenirs, des rencontres. La tête d’obsidienne serait une œuvre aztèque qui se trouverait au musée national d’anthropologie de Mexico, mais c’est…

Des fusées pour Francis Bacon et Antoine d’Agata

« Je voudrais avoir une énorme pièce couverte de miroirs déformants, du sol au plafond. De temps en temps, il y aurait un miroir normal, intercalé entre les miroirs déformants : les gens seraient si beaux lorsqu’ils s’y refléteraient. » (Francis Bacon) J’avais seize ans, je ne connaissais rien ou presque rien à la peinture, mais j’avais découvert…

Les Aborigènes, 50 000 ans de culture, par Frédéric et Sandrine Mouchet, auteurs

« Dans le mode de pensée traditionnel des Aborigènes, on envisage moins de vivre auprès d’une colline, d’une rivière ou d’un groupe d’émeus que d’avoir une véritable parenté avec telle colline, telle rivière ou tel animal. » On n’a généralement de la culture et des peuples aborigènes qu’une vision très réduite. On voit le rocher d’Uluru et…

Lettre à Samuel Beckett, par Yannick Haenel, écrivain

J’ai reçu de Yannick Haenel copie d’une lettre écrite pendant le confinement pour Samuel Beckett, texte lu un soir pour la radio-télévision belge. Il est inédit en français. Je vous le transmets, sans commentaire, comme on se passe le feu en silence, alors que gagnent les ténèbres. « Montreuil, le 1er mai 2020 Cher Samuel Beckett,…

Une allumette, par Linda Tuloup, photographe

Le confinement était là, qui nous réduisait souvent, parfois nous agrandissait, en silence, en solitude, en degrés de sapience. On ne vivait plus, il fallait vivre, on pouvait craindre quelquefois de s’éteindre, ou de ne pas se réveiller. Certains inventaient des rites, des gestes de désensorcellement, des passes magiques. Chaque jour, dans ces moments où…

Dans le jour et la nuit transfigurés, par Philippe Ciaparra, photographe

Paysages & Transfiguration, de Philippe Ciaparra, est un voyage intérieur de l’ordre d’une cosa mentale. A la jonction de la terre et du ciel, des dernières clartés du jour et du début du mystère, les photographies de cet artiste travaillant généralement pour la mode sont de l’ordre du sublime, notion romantique affadie par l’usage, mais…

April in Bruxelles, by Joseph Charroy, fanzinator

Pendant ce temps-là, en Belgique, ça bosse encore. Ça compile, ça brasse, ça s’embrasse aussi, sûrement, au moins dans les coins, et ça fanzine à mort. Après le superbe Passer par le feu, de Sophie Fougy (Primitive Editions, mars 2020), présenté comme il se doit dans L’Intervalle, voici de Joseph Charroy himself, Avril. Après April…

Ouvrir le feu, par Joan Miró et son marchand Pierre Matisse

Comme Kahnweiler pour Picasso, il faut parfois aux plus grands artistes la chance de la rencontre d’un marchand d’exception pour que leur œuvre prenne une dimension internationale. Sans Pierre Matisse (fils du peintre), son marchand new-yorkais, Joan Miró n’aurait probablement pas eu une telle reconnaissance aux Etats-Unis, influençant par les expositions que son galeriste lui…

Cayenne, pays des morts, par Jean-Paul Marcheschi et Pascal Quignard

« J’entends les voix rauques des morts psalmodiant dans la nuit le chant des pénitents. » (J.-P.M.) Le bagne de Cayenne (1854-1938), en Guyane, fut un centre de réclusion ayant reçu, parmi plusieurs dizaines de milliers de déportés, près de trois mille prisonniers politiques à la suite du coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, et plus…