Tout ce que je dis trois fois est vrai, par Jean-Patrick Manchette, écrivain

Je ne lis jamais de polars, j’ai sûrement tort bien sûr, ou alors quand il est décalé, flamboyant et obsédé comme chez Pierre Bourgeade. Pourtant, les titres m’arrêtent souvent. Prenez ceux de Jean-Patrick Manchette (1942-1995), auteur de onze romans – dont neuf en Série noire chez Gallimard -, qui fut aussi dialoguiste, scénariste, traducteur, critique…

Lettre à Samuel Beckett, par Yannick Haenel, écrivain

J’ai reçu de Yannick Haenel copie d’une lettre écrite pendant le confinement pour Samuel Beckett, texte lu un soir pour la radio-télévision belge. Il est inédit en français. Je vous le transmets, sans commentaire, comme on se passe le feu en silence, alors que gagnent les ténèbres. « Montreuil, le 1er mai 2020 Cher Samuel Beckett,…

L’amour des lettres, par Frédéric Berthet, romancier, épistolier

« Si je ne dormais pas, quels romans n’écrirais-je pas. D’où l’insomnie. » (Frédéric Berthet, 31 janvier 1978) J’avais besoin d’intelligence, de style, de vraie-fausse désinvolture, d’une vie habitée par la nécessité de l’écriture. J’avais besoin de Frédéric Berthet (1954-2003), de me souvenir de ses livres (Simple journée d’été – présenté récemment dans L’Intervalle -,…

Un amour au présent perpétuel, par Dominique Rolin et Philippe Sollers, écrivains

Voilà l’un des plus beaux amours du siècle, entre un homme et une femme, deux écrivains, deux sensibilités traversant le temps dans la complicité prouvée par le rire, dans la concentration, l’affection et le bruit neuf, dans l’approfondissement d’une expérience intérieure vécue à deux. Refus du non-être, tout pour l’être, confirmé par la marée bleue…

De la fraternité, Albert Camus et Louis Guilloux, une correspondance

« Ce qui équilibre l’absurde, c’est la communauté des hommes en lutte contre lui. Et si nous choisissons de servir cette communauté, nous choisissons le dialogue jusqu’à l’absurde – contre toute politique du mensonge ou du silence. » (Albert Camus à Louis Guilloux – 5 janvier 1946) Dans l’atmosphère de meurtre et de petitesse morale…

Arthur Schopenhauer, correspondance

« Lorsque quelqu’un qui a marché toute la journée arrive au soir, écrit Pétrarque, cela suffit. » A certaines heures du jour, c’est le vide, la stupeur, l’inquiétude. Pour contrer l’égarement spirituel, il me faut des armes, puissantes. Par exemple les deux tomes de la correspondance de Schopenhauer (1788-1860), dont l’œuvre est si mal connue…

Ouvrir le feu, par Joan Miró et son marchand Pierre Matisse

Comme Kahnweiler pour Picasso, il faut parfois aux plus grands artistes la chance de la rencontre d’un marchand d’exception pour que leur œuvre prenne une dimension internationale. Sans Pierre Matisse (fils du peintre), son marchand new-yorkais, Joan Miró n’aurait probablement pas eu une telle reconnaissance aux Etats-Unis, influençant par les expositions que son galeriste lui…

André Breton et Paul Eluard, uniques dans le présent

La guerre et les conflits internationaux eurent raison d’une amitié qui fut pourtant vive pendant une quinzaine d’années entre Paul Eluard et André Breton. Les archives s’ouvrent, les familles sont intelligentes, les documents apparaissent, venus ici essentiellement, pour la Correspondance entre les deux écrivains, du fonds de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, place du Panthéon,…

Politique et amitié, Panaït Istrati-Romain Rolland, une correspondance

On peut s’effrayer quelquefois de la grosseur des volumes des correspondances, 700 pages pour les lettres inédites (1804-1828) de François de Chateaubriand à Delphine de Custine et Claire Duras (Gallimard, 2017), 1950 pages pour la Correspondance 1854-1898 de Stéphane Mallarmé (Gallimard, 2019). Pourtant, la perspective de s’approcher de la matière même des écrivains (la vie,…