Walk With Strangers, par Benjamin Deroche, photographe

La ville de New York n’existe pas, d’ailleurs Benjamin Deroche l’a rencontrée. En mai 2018, le photographe était du côté de NoLIta (North of Little Italy) et Chelsea, soit nulle part, ou au centre du monde habitable, puisque le prix de l’immobilier y atteint désormais des sommes plus que confortables. Pourtant, les façades qu’il regarde…

Un genre de beauté qui dérange, Rene Ricard, dernier des poètes beat

« L’aube le gifle en plein visage / Et le cœur glisse sous son rocher. » L’apparition en français de Rene Ricard 1979-1980, poèmes de l’Américain Rene Ricard, publiés comme il se devait, afin de respecter son édition originale, sous une superbe couverture bleu Tiffany, est un véritable bonheur dans une époque manquant singulièrement d’élégance et d’énergie salvatrice,…

D’une Belgique carnavalesque et mélancolique, par le photographe Harry Gruyaert

Roots est un des best-sellers du photographe belge cosmopolite (Maroc, Inde, Japon…) Harry Gruyaert, publié une première fois en 2012, vite épuisé, et réédité aujourd’hui par Xavier Barral accompagné de vingt-et-une images inédites. Roots est un blues belge, soit un voyage, du noir & blanc à la couleur, aux sources d’une mélancolie teintée d’un humour…

La photographie comme relation humaine, par Susan Meiselas

« Quel que soit notre degré d’implication, la réalité nous échappe. » Pour comprendre la personnalité et la démarche esthétique de la photographe américaine Susan Meiselas, il faut s’attarder sur son autoportrait de 1971 faisant songer à une image de Francesca Woodman. La jeune auteure née en 1948 à Baltimore y apparaît dans toute sa grâce, jambes…

Le tremblement en photographie, une morale, par Caroline Bénichou, auteure, commissaire d’exposition

En conversant avec Caroline Bénichou, j’ai souhaité revenir sur un événement majeur actuellement en cours au Musée du Botanique de Bruxelles, l’exposition Eyes Wild Open (catalogue éponyme chez André Frère), montée par Marie Sordat. Consacrée à l’histoire de « la photographie qui tremble », cette exposition révèle que, loin de n’être qu’une révolte contre les pères (Cartier-Bresson…

William MacKendree, peintre beat, et adepte du monde flottant

Né en 1948, William MacKendree est un peintre et graveur américain vivant entre New York et Paris, après avoir enseigné quelques années son art sur l’île grecque de Paros. Représenté en France par les galeries La Navire (Brest) et Bernard Vidal (Paris), l’artiste américain possède un vocabulaire graphique immédiatement reconnaissable, faits de signes premiers, de…

Les vivants, les jours, et les nuits, par les Myopzines réunis – volume trois

Pour les étourdis ayant oublié mon précédent article sur le projet MYOPZINE (cliquer ici), petit rappel : « MYOPZINE c’est 21 ouvrages autoédités par chacun des photographes de l’agence Myop. Vingt-et-une histoires choisies par chacun des photographes de l’agence comme les vingt-et-une lettres qui composent « Mes Yeux Objets Patients », le vers de Paul Eluard à l’origine de…

Monet collectionneur, une aventure de la volupté

Je suis peut-être sensible comme un premier communiant à l’instant du sacrifice (et pourtant), mais lorsque j’ouvre le catalogue consacré à la collection d’œuvres d’art du peintre Claude Monet (exposition à voir actuellement au musée Marmottan), j’ai la chair de poule, tant ce qui s’offre à mes yeux m’apparaît comme un trésor d’intelligence sensible capable…

La légende de Mina Loy, femme libre, par l’écrivain Mathieu Terence

Après Le transhumanisme est un intégrisme (Le Cerf, 2016), De l’avantage d’être en vie (Gallimard, 2017), l’écrivain Mathieu Terence, décidément en pleine forme, signe chez Grasset une enthousiasmante biographique de Mina Loy, peintre et poétesse, femme suprêmement libre, dans la cruauté assumée de ses désirs. L’exergue, emprunté à William Shakespeare (La Nuit des rois) est…

De la vie des morts, par la photographe Marine Lanier

Messagère psychopompe, Marine Lanier est une photographe très attentive à ce qui de la vie relève de polarités contraires, non pour les opposer, mais parce qu’elles construisent des tensions entre  lesquelles s’inventent les lignes de nos existences. Dans un livre de passages et de silences, Nos feux nous appartiennent (éditions Poursuite et JB, 2016), son…