Walk With Strangers, par Benjamin Deroche, photographe

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© Benjamin Deroche

La ville de New York n’existe pas, d’ailleurs Benjamin Deroche l’a rencontrée.

En mai 2018, le photographe était du côté de NoLIta (North of Little Italy) et Chelsea, soit nulle part, ou au centre du monde habitable, puisque le prix de l’immobilier y atteint désormais des sommes plus que confortables.

Pourtant, les façades qu’il regarde n’ont peut-être que la solidité factice d’un décor, devant lequel passent des personnages imaginés par Salinger, Tom Wolfe ou Paul Auster.

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© Benjamin Deroche
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© Benjamin Deroche
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© Benjamin Deroche

Il y a des bancs où personne ne s’assoit, et des grillages derrière lesquels remiser des accessoires.

Des caméras de surveillance sont braquées sur des murs de briques, repeints au rouleau comme on étale de blanc les parois d’une galerie avant d’y accrocher des œuvres que l’on retrouvera plus haut, plus tard, dans les buildings sécurisés.

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© Benjamin Deroche
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© Benjamin Deroche

Dans la rue rapide passent des jolies filles, tiens voilà l’objet de mes désirs, qui a la taille fine, porte une robe légère, et vole selon.

Filature des jambes aiguilles, arrêt, charme d’une sous-conversation, chambre d’hôtel, gaze des rideaux, la vie est un songe.

Une pluie de mousson cogne la vitre sale, elle a l’effet d’un narcotique.

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© Benjamin Deroche
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© Benjamin Deroche
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© Benjamin Deroche

Tu ne fermes pas les yeux, mais une scène insiste, se répète, s’évanouit, glisse entre les lignes vertigineuses des rues.

C’est le fantasme de la Gradiva.

On dort dans le métro, on dort dans les bars de nuit, on dort debout en marchant.

Il n’y a plus d’altérité mais une même substance où se fondre, où se perdre, où se laisser délicieusement engloutir.

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© Benjamin Deroche
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© Benjamin Deroche

Intériorité et extériorité se confondent, comme l’espace et le temps.

Rien ne subsiste qu’une pellicule d’images, un bandeau de gestes, un voile impalpable.

Apparaît une machine à coudre, aussi fascinante qu’une table de dissection, ou un parapluie.

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© Benjamin Deroche
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© Benjamin Deroche

Tout se meut dans la fixité.

Tout s’affaire dans l’abandon, la solitude et le trouble.

Il faut photographier tout cela puisque tout est faux, puisque tout est vrai, et qu’il y a merveille à se métamorphoser sans cesse.

Tu es une nébuleuse, une maquette à l’échelle 1, le numéro 7 d’une porte verte, un chignon.

Tu t’avances parmi des cieux cataractant.

Mais, mon amie, où vont tous ces passants dont pas un seul ne bouge ?

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© Benjamin Deroche

Benjamin Deroche est représenté par la galerie Françoise Paviot (Paris)

Site de Benjamin Deroche

Galerie Françoise Paviot

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© Benjamin Deroche

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