Tout est accompli, du trio Yannick Haenel, François Meyronnis et Valentin Retz, est un livre qu’il faut prendre le temps de lire très attentivement. Parce que la réflexion y est de grande ampleur – le diagnostic du ravage de la planète Terre et de ses habitants par la fureur de la volonté de puissance aboutissant…
Étiquette : Nietzsche
Un certain goût de la vie, par La Fabrique de Méditerranée
« On ne fait pas mûrir les olives plus vite ! » Dans Eloge de la pensée de midi (Actes Sud, 2007), Thierry Fabre déploie cette image née de la pensée d’Albert Camus, « la pensée de midi ». Issue de la « gaieté fataliste » d’un Nietzsche à laquelle il faut associer la pugnacité…
Imaginez un banquet, par Lauren Malka, philosophe
« Ma seule affaire, c’est en effet d’aller par les rues pour vous persuader, jeunes et vieux, de ne vous préoccuper ni de votre corps ni de votre fortune aussi passionnément que de votre âme, pour la rendre aussi bonne que possible ; oui, ma tâche est de vous dire que la fortune ne fait…
Le Caravage, la peinture comme ordalie, par Yannick Haenel (2)
Il est rare qu’un livre s’impose comme un jalon bibliographique indispensable dans la compréhension d’un peintre. Avec La Solitude Caravage, Yannick Haenel s’approche au plus près, à partir de son expérience d’écrivain, de ce qui fonde la nécessité artistique d’un des plus grands noms de l’histoire de l’art. Dépassant la romance du mauvais garçon…
Art et liturgie à l’âge de la religion capitaliste, par Giorgio Agamben
« Après des années passées à lire, à écrire, à étudier, il arrive parfois qu’on parvienne à comprendre ce qui constitue notre manière spéciale – si elle existe – de procéder dans la pensée et dans la recherche. Il s’agit dans mon cas, de percevoir ce que Feuerbach appelait la « capacité de développement »…
Barcelone brûle, a brûlé, brûlera, par Mathieu David, écrivain
« L’idée m’est venue spontanément au réveil. Mais par où commencer ? Je prends une gorgée de brandy, je réfléchis. J’ai découvert Barcelone en mars 2003 malgré moi. A Paris, je m’étais fait jeter à la rue par une rare journée d’hiver ensoleillée. J’aurais préféré rester dans la cité ou aller en Italie, mais on ne choisit…
Ouïr sans entraves, le baroque, par Thomas A. Ravier, écrivain
« Au XIXe, la musique, et, finalement, la vie même, rompt avec la nature (et son explosive discrétion) ; le reste s’ensuit. Or, cette régression (celle de la révolution industrielle, en clair), on ne la sent jamais dans le baroque. Inversement, on imagine mal Emma Bovary écouter Vivaldi… Comme on imagine mal Nana danser la passacaille… Comme…
Jeunesse, prière de déranger, par Aurore Valade, photographe
Aurore Valade conçoit la photographie comme un objet relationnel, une possibilité de rencontre, une expérience de l’ordre d’une performance, une scène. Dans des mises en scène très élaborées, l’artiste photographie ses personnages avec les objets qui les entourent, s’intéressant moins aux visages qu’à l’ensemble des marchandises qui saturent nos existences et nous dévoilent. Les images…
Eric Dupont, galeriste d’art, et Wanderer enthousiaste
La vaste culture, quand on est galeriste, n’est pas une coquetterie, mais la substance même d’un travail de vision : être capable de voir ce qui ne se voit pas, ou pas encore. Le contemporain est interpellé personnellement par les lumières tentant de percer les ténèbres que nous confondons avec le jour. Il est donc dans…
Vivre en Napolitain, mourir en Russe, Renato Caccioppoli, par Jean-Noël Schifano, écrivain
Dans son film Mort d’un mathématicien napolitain (1992), le cinéaste Mario Martone retraçait la dernière semaine avant son suicide par balle en 1959 du génial Renato Caccioppoli, professeur de mathématiques à l’université de Naples, petit-fils du révolutionnaire anarchiste russe Mikhaïl Bakounine et pianiste de talent. Cet homme exceptionnel, qui s’opposa en 1938 à la…
Le centre, le vide et la négation de la négation, par Philippe Sollers, herméneute
« J’ose l’avouer : je vis chaque minute comme une préparation à être savouré par le néant. Il m’attend, il salive, je suis sa proie préférée, je lui dois tout, même si rien n’est tout. Aucun désespoir, le soleil brille, et voici le soir charmant, ami du criminel. Pas de four crématoire, mon squelette a le…
La sagesse des Territoires, par Kenneth White le cosmographe
« Même avec la chambre la plus minable, je m’arrangeais : un livre et un carnet sur la table, une carte épinglée au mur, et le tour était joué, le contexte se transformait. » On ne peut malheureusement pas tous les jours se rendre dans le Périgord, le Morvan ou les Cévennes. Pour multiplier nos vies, les agrandir,…