Les songeuses, par Stéphane Ruchaud, photographe

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© Stéphane Ruchaud

Oasis, de Stéphane Ruchaud, est le quatrième titre des éditions Rue du Bouquet, fondées par Samantha Stuckle, après Japon, de Yann Audic, Views, Phnom Penh, de Chantal Stoman et Zone supérieure, de Samuel Hoppe.

 

Oasis est le souvenir d’un été, un rêve formé de paysages fantasmatiques, un bonheur pop, l’aurore d’un nouveau monde.

Des abricots lavés à grande eau ouvrent ce bel essai sensualiste sur la puissance de grâce des nymphes.

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© Stéphane Ruchaud
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© Stéphane Ruchaud

L’eau les caresse, ce sont des ondines.

La lumière est ici renoirienne, irradiante, un souvenir de l’Age d’or ovidien, où le soleil ne se couche pas.

Des tentatrices apparaissent, innocentes pourtant, belles sans afféterie.

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© Stéphane Ruchaud

Ce sont des natures mortes qui soudain prennent vie, ou peut-être est-ce l’inverse.

Elles nous offrent leur présence, leurs yeux purs, leur peau inentamée, et des chevelures que Baudelaire chanterait.

Elles se savent souveraines, et d’une mélancolie qui séduit.

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© Stéphane Ruchaud

Attention, une tempête peut toujours advenir, qui les éloignera définitivement de nous, car ces belles craignent l’indélicatesse, fuyant comme la peste qui salit les grossièretés des drames évitables.

Mais pour l’instant tout est en ordre, les rivières, les végétaux, et les roches chaudes, coupantes comme des lames de sacrifice.

Un papier calque recouvre des jambes bronzées que prolonge un maillot de bain tendu à l’entrejambe, c’est une invitation au voyage.

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© Stéphane Ruchaud

On entend au lointain quelques mots, quelques battements de souffle, ce sont ceux du cinéaste écrivain Christophe Honoré, qui aime les hommes, et les hommes qui aiment les hommes et les femmes : « Et ma langue dans ta joue. Les garçons sont tous les mêmes, nous ne savons que dire oui. »

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© Stéphane Ruchaud

La beauté intimide, qui paraît plus qu’humaine.

Le paradis est moins un espace géographique imaginaire qu’un état de réceptivité maximale, hic et nunc, la jouissance des cinq sens à la fois.

Une jouissance, mais sans violence, infiniment douce, comme un rêve adamique.

Avec son Oasis, Stéphane Ruchaud crée un mirage, une parenthèse enchantée, une sortie du temps en son orbe criminelle.

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© Stéphane Ruchaud

La main sous l’eau ramasse des galets, une fleur s’ouvre, des vêtements tombent, tous les arbres rougissent.

Quelques sirènes vous convient à la noyade délicieuse.

Le silence règne, on dirait même qu’il est d’or.

Oasis est un secret en cinq cents exemplaires, ne le confiez qu’à vos amis.

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Stéphane Ruchaud, Oasis, textes de Théo Esparon et Christophe Honoré, traduction (anglais) d’Alan Eglinton, Rue du Bouquet, 2019

Site de Stéphane Ruchaud

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© Stéphane Ruchaud

Oasis – Editions Rue du Bouquet

 

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© Stéphane Ruchaud

 

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