Poétique de l’absence, par Tuğba Yüksel, photographe

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© Tuģba Yüksel

J’ai découvert le travail de la photographe turque Tuģba Yüksel grâce à Pierre-Yves Freund, dont l’œuvre, régulièrement présentée dans L’Intervalle, m’importe beaucoup.

J’ai immédiatement souhaité à ma façon le faire connaître.

Je le transmets donc sous la forme d’un portfolio.

Je laisse ici à Pierre-Yves Freund le soin de présenter cette artiste au très bel univers, intime, onirique, pictural, exposée pour la première fois en solo show à Paris en 2012.

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© Tuģba Yüksel

« Photographe, Tuģba Yüksel privilégie l’étude de la sphère émotionnelle d’une personne à son observation neutre, distanciée.

Ainsi tente-t-elle de saisir un champ temporel élargi, ses photographies disant la fluidité du temps.

L’humain et les espaces dans lesquels il vit sont les sujets de ses recherches.  Souvent, l’être est modelé par son environnement ; Tuģba Yüksel est peut-être liseuse d’âme, en quête d’un invisible qui accompagne chaque image. Offert, volé ou travaillé, chaque regard porté dit autre chose que son évidence distanciée. 

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© Tuģba Yüksel

En utilisant le langage des formes, la photographe turque inclut le regardeur dans le temps d’existence de la photographie, espérant un instant de résonance émotionnelle.

Ses photographies se  retrouvent ainsi proches de la définition de l’icône, qui se révèle lentement à qui sait prendre le temps. Son langage artistique oscille entre reconnaissance certaine et  imaginaire.

Fut un temps où  Tuģba Yüksel révélait les expressions humaines en des situations détaillées, inscrites précisément dans leur environnement. Ainsi est née la série des autocars à Istanbul, dans lesquelles vitres et buées font souvent filtre avec le réel.

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© Tuģba Yüksel

Dans la série des photos vertes, l’espace est sobre, l’intimité de l’humain est plus sensible. Dans ces études,  Tuģba Yüksel a éliminé les interactions de l’homme avec ses semblables, avec des animaux ou avec des objets. Cela lui permet de saisir un essentiel.

Elle capte un instant précis, et  le transcrit en un espace intemporel.

Le langage des formes devient plus flexible, l’aura prend le dessus sur la visibilité rassurante, l’évidence de l’image diminue, l’espace de la pensée augmente.

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© Tuģba Yüksel

Dans ses derniers travaux, Tuģba Yüksel utilise l’énergie des couleurs pour montrer ces moments d’introspection ; son regard dit des univers plus larges, paysages mémoires, brumes de regard.

Cette artiste a une formation de peintre, une approche humaine de l’autre. Elle nous fait percevoir ce qui échappe à l’œil en des situations éphémères ou soigneusement travaillées, où toujours un filtre nous sépare d’une réalité dont  la représentation nous interroge.

(Texte issu de conversations avec Tuģba Yüksel, 2020, traduction Gülistan Demir) »

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© Tuģba Yüksel

L’œuvre de Tuģba Yüksel  est actuellement montrée dans le cadre de l’exposition Oublié, YAW, organisée par Esox Lucius, La Gare, 71740 Saint-Maurice-lès-Chateauneuf – du 15 au 20 décembre (vérifier dates et horaires)

Pierre-Yves Freund

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© Tuģba Yüksel

Tuģba Yüksel – Facebook

Esox Lucius

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© Tuģba Yüksel

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© Tuģba Yüksel

2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. vj no dit :

    et aussi ces photographies sont présentes dans ce travail mapping https://vimeo.com/73400503 de 2013

    J'aime

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