
©Jean Charles Blanc
Jamais le dimanche est un film de Jules Dassin sorti en 1960.
Melina Mercouri y joue Ilya, prostituée indépendante travaillant chaque jour, sauf le dimanche.
Fermé le dimanche, de Jean Charles Blanc, est le portrait d’un monde à peu près disparu, des femmes de la rue Saint Denis (Paris) et alentours faisant le tapin, attendant les clients, seules ou en petits groupes.
Nous sommes à l’époque du RPR, Jacques Chirac est le maire de Paris, les affiches ne mentent pas, ni les numéros de téléphone à l’ancienne qui les peuplent.

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On peut regarder Fermé le dimanche comme une œuvre quasi ethnologique concernant la prostitution de rue à Paris à la fin des années 1970 et au début des années 1980, mais aussi sur la façon dont les murs témoignent d’une époque.
Les photos sont prises à la sauvette, on pense à Miroslav Tichy, les angles de vue sont obliques, cinétiques, jusqu’au vertige.
Du voyeurisme, oui, certainement ; également une fascination pour ce qui s’invente dans les contre-allées de la société, si policée, si fausse, si hypocrite.
Beauté de la reliure suisse laissant voir ses fils comme des lignes de bas résille.

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En ce temps-là, on parle encore tricots, il y a une R5 garée dans la rue, le magasin Printemps produit des slogans bleu-blanc-rouge.
Photos parfois nettement floues, couleurs du Jadis, fleurs fanées.
Pantalon en cuir, robe à froufrous, grandes bottes, seins apparents.
Une enseigne, drolatique malgré elle, sous laquelle deux femmes discutent avec un client, indique : Henri Funck.
Halles détruites.

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Cuisses nues, tuniques courtes, quelqu’un a acheté Modes et Travaux.
Passage d’hommes furtifs avec des valises, des attaché-case, des baise-en-ville.
Une clef pend à la ceinture d’une dame, qui ouvre la porte du galetas des amours tarifés.
On pense aux Tableaux de Paris, de Louis-Sébastien Mercier, qui établit la physionomie et morale de Paris à la fin du XVIIIe siècle.

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Dédié au sinologue Jacques Pimpaneau, Fermé le dimanche se conclut par ces mots de l’auteur : « Aujourd’hui, il y a belle lurette que les houris sont au Paradis. Le trottoir appartient aux emballages de vêtements en gros. Ici une fille se montre furtivement, à l’abri d’une porte cochère. Là, un bazar poussiéreux solde godemichets, cuirs décatis, fouets et autres articles de bondage, et les peep-shows sont déserts. »
Internet a pris le relais, les sociologues étudieront le phénomène.

Jean Charles Blanc, Fermé le dimanche, design Jean Charles Blanc, éditions à la sauvette, 2022 – 250 exemplaires

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