La logique du monde flottant, par Fumi Ishino, photographe japonais

Avec sa couverture rose pâle, Rowing a Tetrapod, premier livre de Fumi Ishino, pourrait avoir des pudeurs de jeune fille, mais rien de tel avec ce jeune photographe japonais beaucoup plus proche des poètes contemporains affirmant leur voix que des demi-tons des timides. Œuvre au principe très musical, architecturée de silences, Rowing a Tetrapod est une…

Habiter poétiquement le monde, par Tom de Pekin et Mamadou Cissé

Hula Hoop est un journal dessiné aux crayons de couleur, né sur les rives du fleuve Saint Laurent, au Canada, l’été 2015. Son auteur, Tom de Pekin, imagine un intermonde parcouru par un ange, présence lumineuse jouant de son hula hoop comme d’une auréole. En ce territoire d’abîme, le jeu est une des modalités de…

Memento mori, ou la vie photographique de Franck Déglise

Garde-Fou, de Franck Déglise, est un livre conçu comme une méditation sur la mort, l’énigme des origines, et le mystère de la visibilité, quand toute apparition est à la fois vécue comme illusion et vérité. Scrutant la matière photographique en espérant y découvrir l’apparition de visages capables de délivrer, tels des oracles, un message à…

Le Spleen de Téhéran, et les merveilleux nuages, par Jafar Panahi

Il y a chez les cinéastes iraniens contemporains (Abbas Kiarostami, Jafar Panahi, Asghar Farhadi, Moshen Makhmalbaf) comme un goût de l’errance (de préférence en voiture), de la mise en abyme (vertige borgésien des récits) et de la métaphysique (l’arbitraire d’un emprisonnement n’est pas impossible) faisant des œuvres de ces artistes de vrais objets de fascination…

Les barricades mystérieuses, conversation avec Hubert Haddad (2)

Auréolée de nombreux prix, l’œuvre d’Hubert Haddad, écrivain, poète, essayiste, historien de l’art, fondateur de revues, peintre, est d’une ampleur et d’une variété passionnantes. Les coïncidences exagérées, son dernier livre, publié en cette rentrée dans la collection « Traits et Portraits » du Mercure de France, soulève l’enthousiasme, tant la vie y apparaît comme la construction involontaire…

Je ne peux cesser de me souvenir

On connaît mal, voire pas du tout de ce côté-ci de l’Atlantique, la poésie chicano/a nord-américaine, écrite soit en anglais, soit en espagnol, soit dans un mélange des deux, et « non sans qu’y apparaissent des mots savamment incrustés du nahuatl, langue des Aztèques », selon les termes de la préface très éclairante du premier recueil publié…