Des crimes napoléoniens au Portugal, par Valter Vinagre, photographe

Se souvient-on en France que Napoléon, devenu empereur en 1804, fit la guerre au Portugal en 1807-1808, en 1809 et en 1810-1811, parce que le pays lusophone refusait de participer avec lui au blocus de la Grande-Bretagne, accueillant dans ses ports les navires de la couronne britannique ? « Plus que de grandes batailles de camp…

Açores, matrice du tellurisme, par Manuela Marques, photographe

©Manuela Marques  Sensible à ce qui souterrainement agite la surface des choses, comme à ce qui fait trembler la psyché, Manuela Marques est une artiste des failles, des tensions sismiques, des forces invisibles. A l’occasion d’une triple exposition au Domaine de Kerguéhennec (Morbihan), au MuMA (Le Havre) et au Museu Nacional de Arte Contemporanea do…

Au commencement étaient les yeux, par Cloro, Dimitra Dede et Guido Gazzilli, photographes

©Guido Gazzilli Revoici le magazine/revue/zine portugais Preto, dont L’Intervalle rend désormais compte systématiquement, parce qu’y circulent des images et des noms de photographes- expérimentateurs cherchant à créer/découvrir des points d’intensité dans un monde désormais si aplati, si atone, si froid, si bête. On peut, il faut penser Artaud, Breton, Bataille, Guyotat – y aurait-il des…

Orion, lumière des cieux, par Fabio Miguel Roque, photographe

©Fabio Miguel Roque  J’ai présenté le plus régulièrement possible les livres de Fabio Miguel Roque – Origin/Encore (2019), Everything Lay Still (2021) -, rendant compte également des excellents numéros de sa revue Preto, où apparaissent les images de Peter Oey, Marie Sordat, Gilles Roudière, Damien Daufresne, Jacob Aue Sobol, Lorenzo Castore, Chris Shaw, Jehsong Baak,…

A la recherche de l’amour, par Fabio Miguel Roque, photographe, éditeur

©Damien Daufresne Conçu à Lisbonne par l’excellent Fabio Miguel Roque, la nouvelle édition du fanzine Preto Magazine réunit des images des non-moins doués Marie Sordat, Gilles Roudiere et Damien Daufresne, comparses ayant déjà plusieurs fois travaillé ensemble et se connaissant bien. Pas de texte mais de la vision brute, en noir & blanc métaphysique. Des…

Fernando Pessoa et Frédéric Pajak, à l’usage de la vie

© Frédéric Pajak « La plupart de ceux qui épousent une cause, écrit Frédéric Pajak, au mieux m’indiffèrent, au pire me répugnent. Plus la cause est honorable, plus ils aggravent leur cas. Ils partagent la même ferveur aveugle que les évangélistes, la même béatitude, la même conviction inébranlable, le même prosélytisme. Parmi eux, les économistes, ces…

Lisbonne, un voyage photographique, par Bernard Cornu

Aujourd’hui, rendez-vous à Lisbonne. Un livre en format italien du photographe Bernard Cornu nous y invite, Lisbonne, l’appel du large…, qui, sans renouveler les lois du genre, est une belle balade en sa compagnie dans la cité populaire et princière. Effectuées entre 1993 et 2016, ses photographies en noir & blanc montrent avec bonheur la…

Le frisson des choses qui s’enfuient, par Charlotte Mano, photographe

Avec la force de l’insoutenable légèreté de l’être, Charlotte Mano a photographié sa mère malade. Elle est nue, exposée, et pourtant d’une très grande pudeur. La complexité du rapport mère-fille devient dans Thank you Mum une bouleversante complicité de femmes se portant mutuellement attention. Il y a ici du soin et de l’audace, des protocoles…

Un léger tremblement de tout, par Manuela Marques, photographe

Manuela Marques s’intéresse aux traces composant les lignes d’une mémoire discontinue, cherchant à travers le disparate une unité première dépassant les fausses dichotomies, par exemple entre lumière et ombre, présent et passé. A l’occasion d’une résidence de création à Lodève, la photographe, évacuant d’emblée le pittoresque, a rassemblé une nouvelle fois les fragments d’Osiris. Son…

Terres Basses, le fado photographique de Gabrielle Duplantier

Terres Basses, de Gabrielle Duplantier, est un livre de deuil et de reconstruction, une œuvre abrupte et splendide imposant un vaste silence intérieur. Le merveilleux des paysages nocturnes est de l’ordre de l’effroi comme du soulagement, quand la poésie des images dilue un peu la douleur. Terres Basses est une boussole affolée, mais aussi un…

La folie les cris les blessures la poésie, par Mathias Enard

Il y a chez Mathias Enard une réjouissante folie d’écritures, de langues, et de voyages, faisant de cet auteur primé (Goncourt 2015 pour Boussole) un explorateur des confins du monde et de l’esprit, bien plus qu’un salonnard. On sait le goût pour l’exotisme, l’orientalisme, les zones de tensions (Sarajevo, Damas, Tripoli) de cet auteur des…