Du pouvoir dionysiaque de la lettre, par Jean-Hugues Larché, écrivain

Le Triomphe de Pan, 1636, Nicolas Poussin « Seule la chance agit au bon moment. » (Jean-Hugues Larché) Lire Jean-Hugues Larché, c’est revenir aux fondamentaux, la constellation des grands réguliers irréguliers, Nietzsche-Bataille-Pollock-Monk-Watteau-Montaigne-Voltaire, et quelques autres génies. L’ethos est sollersien, ce qui est parfait. L’inspirateur de tant d’écrivains ne sera pas éternel (quoi que), il faut des relais,…

Ecrire, à perdre la tête, par Michel Leiris

« l’érotisme « épouvantable en même temps que si beau », tel qu’il m’apparaît : je ne puis plus penser à des seins, à des gestes érotiques sans avoir envie de pleurer. Tant de candeur, tant d’espoir pour en arriver là ! Quelle mécanique ! Haine de ma mère… Pourquoi – jamais – n’ai-je été réellement amoureux » (Michel Leiris, 29 janvier…

Guillaume Apollinaire & André Salmon, une amitié

Richement illustré (dessins, caricatures, peintures, photographies), annoté avec art, le volume Apollinaire/Salmon conçu par les Editions Claire Paulhan est remarquable. Tous deux fréquentèrent Picasso ainsi que les peintres qui comptèrent, et se déclarèrent leur amitié dans une correspondance tenue de 1903 à 1918 – 90 lettres/dédicaces sont présentées, accompagnées de documents, notamment un florilège de…

Reverdir à Giverny, par Jean-Hughes Larché, écrivain

Violon, 1915, Picasso « Je crois que plus que tout ce sui vous a empêché de me répondre, c’est le Démon qui, à l’âge que vous venez d’atteindre vous tient encore assujetti à je ne sais quelle préoccupation ou hantise, quel asservissement à la sexualité. » (Antonin Artaud à Pablo Picasso) Bien sûr le désespoir, l’acrimonie, et…

Peindre la vie coite, Giorgio Morandi, par Bruno Smolarz, écrivain

« Il y a dans le paysage morandien l’application et la passion de la de la matière brute que l’on trouverait dans la représentation d’un nu, sans l’engagement de l’émotion immédiate. » Dans le vacarme et l’idiotie des punchlines de l’entre-deux tours des élections présidentielles, dans le désir de mort revenu en Europe, dans la novlangue sanitaire…

Tout ange est d’angoisse, par Rainer Maria Rilke, poète

« Qui donc, si je criais, m’écouterait dans les ordres des anges ? Et même si l’un d’eux me prenait soudain sur son cœur, je périrais sous le coup de son existence tellement plus forte que la mienne. Car le beau n’est que la porte de l’angoisse, ce seuil dont nous nous approchons tout juste, et, nous…

Bonnard, l’érotique de la lumière, une exposition au Musée de Grenoble

« Le dessin c’est la sensation, la couleur, c’est le raisonnement. » (Pierre Bonnard) A lieu actuellement au Musée de Grenoble, jusqu’au 29 janvier 2022, une exposition intitulée Bonnard. Les couleurs de la lumière, accompagnée d’un catalogue dirigé par les conservatrices Sophie Bernard et Isabelle Cahn, ainsi que par le conservateur Guy Tosatto. Mais pourquoi nous faut-il…

Corps de guerre, gestes d’art, par Mylène Besson, peintre

©Mylène Besson Si le livre/exposition Les femmes qui rient (Regard – Editions Marie Morel, 2018) était solaire, impertinent, joyeux, le nouvel opus de Mylène Besson, La Guerre, Dommages collatéraux, Redresser les morts, est douloureux, terrible, tragique, la vie étant à considérer en ces deux dimensions extrêmes de la condition humaine, d’allégresse et d’effroi. Répondre à…

Beautés de l’art paléolithique, par François Warin, philosophe

« La première main n’est pas la main malhabile, tâtonnante ou enfantine mais la main de maître. » Parce que tout est déjà là dès l’origine – point de vue de Picasso et Bataille -, parce que l’idée du progrès en art est une foutaise, parce que la sensation de beauté est anhistorique, l’art pariétal aurignacien (Chauvet,…

A propos de prés, par Francis Ponge, poète

Le Printemps, 1956 – Pablo Picasso « Au dessus des prés à l’aube et le soir, / la nappe de brume » En 1971 fut publié chez Skira, dans la collection « Les Sentiers de la création », La Fabrique du Pré, de Francis Ponge, livre montrant les dessous – ou brouillons – du poème Le Pré, le poète…

La joie comme profondeur, par Jean Ferrero, photographe, collectionneur

Man Ray © Jean Ferrero « Il y a des adultes qui jamais n’ont été des enfants. » (Jacques Prévert, Spectacle, Gallimard, 1951) La quatrième de couverture claque comme une gifle donnée à notre époque mortifère : « Jean Ferrero, né en 1931, aura fait tous les métiers. Tour à tour haltérophile, modèle nu aux arts décoratifs, photographe professionnel,…

De la Vierge à Vénus, par Patrick Chambon, peintre

Auteur de trois livres aux titres intrigants – Lacan la Scène chez Epel (2013), Oscar Wilde fabulLeux chez Hazan (2017), Lacan ô Banquet de Platon chez Erès (2017) -, le peintre et dessinateur Patrick Chambon s’est intéressé pour son dernier ouvrage à l’évolution de la représentation du corps de la femme dans la peinture, toute…