L’œil du revolver et les larmes de sperme, une lecture de Georges Bataille, par Anne-Lise Broyer, photographe

Dans les années 1960-1970 et dans la première moitié des années 1980, la revue d’avant-garde Tel Quel, dirigée par Philippe Sollers et Marcelin Pleynet, a décidé de reclasser l’ensemble de la bibliothèque, remplaçant le mot littérature par celui, bien moins suspect de récupération bourgeoise, d’écriture, et mettant en avant des noms jusqu’alors cachés par la…

C’est partout ici, par Mathieu Riboulet, plus-que-vivant

« Vous êtes d’ici. C’est ce que claironnent les thuriféraires de la racine, les apôtres des sources, les chantres des origines, désireux d’assigner à un lieu l’orientation de ses habitants. Vous êtes d’ici ? Voire. » Lors d’une rencontre dans un café parisien, Mathieu Riboulet et moi avions évoqué la nécessité, pour tenir le coup dans une époque…

L’apaisement, mais follement, par la revue Possession Immédiate

    « … je sortais de la guerre doucement gâteux, peut-être bien, à la manière de ces splendides idiots de village… » La phrase est de Jacques Vaché, mais elle pourrait désigner le projet moral du dernier numéro de la revue Possession Immédiate : sortir de la guerre, peut-être plus idiots, moins idiots, idiots, à la façon…

On avait mis des fleurs dans les impacts de balles, entretien avec Adrien Genoudet, écrivain

Les attentats islamistes endeuillant désormais régulièrement la planète selon une géographie morbide imprévisible sont pour chacun un défi : comment répondre ? comment ne pas se laisser piéger par la terreur ? que penser d’un dieu armé ? comment ne pas se sentir intimement contaminé par le mal ? Omniprésents dans les livres publiés depuis quelques mois, quelques semaines (Survivre,…

Les Moments Littéraires, revue minuscule et nécessaire

La persistance, dans le paysage dévasté de la critique sensible, de la revue de qualité Les Moments Littéraires est une excellente nouvelle. Difficile à trouver, Les Moments littéraires pourrait n’être qu’une revue pour happy few (trois cents exemplaires à se passer sous le manteau ou faire venir par la poste), mais telle n’est pas seulement…

Je suis le roi du bois, le Zeus, le criminel, par la photographe Anne-Lise Broyer

Anne-Lise Broyer pratique l’acte photographique comme un dessaisissement, une tentative d’éblouissement et de perte. La dramatisation des instants participe chez elle d’une poétique de la voyance, d’une volonté d’opérer une sorte d’archéologie du présent permettant de relier espaces et temps dissemblables, pourtant profondément unis. Passant par la littérature et l’érudition pour interroger notre façon d’être…

Le détail délicat de la miette près du verre de vin – quand Bohumil Hrabal rencontre Elisée Reclus

Si l’on décernait des prix Nobel de littérature à titre posthume, nul doute que, parmi la cohorte des oubliés de génie, le poète palestinien Mahmoud Darwich (1942-2008), l’ironiste métaphysique Witold Gombrowicz (1904-1969), ou, dans un tout autre registre, Bohumil Hrabal (1914-1997), écrivain tchèque, bon buveur, esprit carnavalesque, seraient les premiers désignés. Un beau petit livre…

La beauté du dévoilement, par le photographe Jean-Claude Bélégou (1)

Artiste classique, c’est-à-dire travaillant de l’intérieur de l’histoire de l’art, dans une tension permanente entre tradition et révolution, Jean-Claude Bélégou se dresse contre la vulgarité contemporaine de la fabrication et de l’usage des images. Faisant de la rencontre de ses modèles – le plus souvent nus – un moment privilégié d’échange d’intimité (don/contre-don), le désir…