Dominique Fourcade, quarante ans d’entretiens sur la poésie

  « Ce qui donne sens à ma vie c’est l’expérience de la langue comme corps. Et, à partir de cette expérience, d’avoir compris que la langue est le corps qui fonde le réel – peut-être même est-elle le corps du réel. Dès lors un point de non-retour est franchi : certitude que l’on n’accède…

Miniatures de montagnes, par Bernard Plossu, photographe

Un jour, quand tout sera fini, quand nous nous serons rétablis, nous irons peut-être vers le simple, le neuf, le très ancien. Pour ne pas oublier l’indemne, j’ai demandé à Bernard Plossu s’il voulait bien me confier quelques-unes de ses miniatures de montagnes. Comme un espoir, un avenir, une faveur pour tous. Comme le bruit…

André Breton et Paul Eluard, uniques dans le présent

La guerre et les conflits internationaux eurent raison d’une amitié qui fut pourtant vive pendant une quinzaine d’années entre Paul Eluard et André Breton. Les archives s’ouvrent, les familles sont intelligentes, les documents apparaissent, venus ici essentiellement, pour la Correspondance entre les deux écrivains, du fonds de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet, place du Panthéon,…

Un certain goût de la vie, par La Fabrique de Méditerranée

« On ne fait pas mûrir les olives plus vite ! » Dans Eloge de la pensée de midi (Actes Sud, 2007), Thierry Fabre déploie cette image née de la pensée d’Albert Camus, « la pensée de midi ». Issue de la « gaieté fataliste » d’un Nietzsche à laquelle il faut associer la pugnacité…

Du thym dans les cheveux, Maria Casarès – Albert Camus, une correspondance amoureuse

  « Je suis si heureux, Maria. Est-ce que cela est possible ? Ce qui tremble en moi, c’est une sorte de joie folle. » (juin 1944) Chers amis, l’hiver sera bouleversant, passionnant, brûlant, et c’est Gallimard-Héphaïstos qui mène la danse. « Il n’y a qu’une clairvoyance, celle qui veut obtenir le bonheur. » (juin 1944) Paraissent simultanément en collection…

La possibilité de l’ataraxie, par Nolwenn Brod, photographe

Tout part chez la photographe Nolwenn Brod d’une volonté d’explorer la dimension de la rencontre, qu’elle soit d’ordre immédiatement familiale/intime, ou qu’elle prenne des chemins plus inattendus. Sa recherche est de l’ordre d’une volonté d’unifier ce qui semble apparaître d’abord comme une antinomie, vivants et non-vivants, affects positifs et négatifs, mondes du dehors et du…

L’absence ne rime à rien, par le poète Jean-Pierre Vallotton (2)

Jean-Pierre Vallotton est un écrivain d’exception, fidèle à cette émotion appelée poésie, dont il a fait de chaque instant sa vie, sans tricherie. Attentive à la parole qui vient, comme on reçoit un don, son ambition poétique est de l’ordre d’une nécessité intime, à la fois inquiète et enthousiaste face aux mystères et miroitements du…

La traversée de l’impossible, par Julien Magre, photographe

Je n’ai plus peur du noir est un livre impossible à propos de la mort d’une petite fille, Suzanne. Livre de deuil, de seuil, de mémoire et de reconstruction, cet ouvrage conçu avec la plus grande délicatesse est bien plus qu’un ensemble d’images, c’est un acte de vie considérable. La lumière, ténue d’abord, y apparaît…