Un sens aigu de la justice, 40 figures contre le nazisme, par Sylvie Baussier

Resistance

C’est un petit livre formidable que l’Education nationale serait bien inspirée d’offrir à tous les collégiens, de 3eme par exemple.

Un livre perpétuant la mémoire de celles et ceux qui, en France, en Europe, se sont battus contre le nazisme.

Des destins individuels, des engagements, des valeurs.

Résistance, 40 figures contre le nazisme présente quarante personnalités, ordinaires, exemplaires, exceptionnelles, ayant défendu la liberté.

Conçu par Sylvie Baussier, ce volume retrace de façon synthétique sur des doubles pages illustrées le parcours et le type de combat mené par chacun contre l’Occupant nazi. 

Certains en sont morts, d’autres n’ont cessé de témoigner leur vie durant, transmettant la flamme aux plus jeunes.

« Certains comme Jean Moulin, précise l’auteure, étaient des chefs de réseaux. D’autres, comme Irena Sendlerova, mettaient leur énergie à sauver des enfants. Violette Szabo a été agent secret. Henri et Cécile Rol-Tanguy ont préparé la Libération de Paris… »

L’adulte connaît bien entendu le nom et la vie de quelques-uns, mais pour l’ensemble, nous avons besoin d’un rappel, d’un enseignement.

Qui se souvient que Berty Albrecht (1893-1943), infirmière protestante luttant pour le droit des femmes, créa avec Henri Frenay le journal Combat, grande feuille imprimée recto verso, qui tirera jusqu’à dix mille exemplaires ?

Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969), qui rencontra notamment en 1942 le président Roosevelt pour faire reconnaître le gouvernement de De Gaulle : « Fils de baron, frère de gradés décorés pendant la Première Guerre mondiale, Emmanuel d’Astier de la Vigerie mène d’abord une existence de dandy, très loin des valeurs de sa famille. Mobilisé dans un service de renseignement de l’armée française en 1939, il refuse la démobilisation qui accompagne la défaite de 1940. Il organise à Cannes en septembre de la même année un petit groupe de résistants nommé La Dernière Colonne, auquel participent, entre autres, Lucie et Raymond Aubrac. Il fonde ensuite à Clermont-Ferrand Libération-Sud. »

Les figures se succèdent, multiples, les fiches, les points de vue, les apartés riches de sens, rendant la lecture dynamique, mettant l’esprit en alerte.

Lucie (1912-2007) et Raymond Aubrac (1914-2012) : un amour immense, une unité dans la lutte, des risques permanents.

Madeleine Barot (1909-1995) : « En août 1942, 1016 juifs sont arrêtés à Lyon et internés à Vénissieux par la police de Vichy. Toute une équipe, dont Madeleine, tente de les sauver. De faux diagnostics médicaux déclarant les prisonniers intransportables sauvent 471 personnes, dont 108 enfants. »

Gino Bartali (1914-2000) : « Vainqueur du Tour de France en 1938 et 1948 et de trois Giro d’Italie, Gino se sert de sa popularité pour passer des documents dans son vélo dès l’occupation de l’Italie par les nazis, en septembre 1943. »

Les frères Bielski : « En 1941, ils sont 17, avec pour toute arme un pistolet et quelques cartouches. Des juifs rescapés de ghettos, errant sur les routes, chassés et affamés les rejoignent en 1942. Au plus fort du mouvement, ils seront plus de 1200 ! »

Tony Bloncourt (1921-1942) : « Avec ses camarades, il tente en vain de saboter une voie de chemin de fer. Le 21 août 1941, il est chargé de tuer un officier allemand, Schoetz, mais il ne se résout pas à tirer sur un être humain. Plus tard, ils incendient un camion de l’occupant. »

Je ne vais pas tout recopier, mais voici leurs noms, qui lèvent l’admiration – pour chacun un ouvrage de référence, parfois un film, permettant de mieux comprendre encore leur chemin de vie est signalé.

La Norvégienne Lise Borsum (1908-1985).

Pierre Brossolette (1903-1944).

Vercors (1902-1991).

Danielle Casanova (1909-1943).

René Char (1907-1988).

La Belge Andrée de Jongh (1916-2007)

Marie-Madeleine Fourcade (1909-1989).

L’Américain Varian Fry (1907-1967).

Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002).

Georges Guinguoin (1913-2005).

Haïda Hautval (1906-1988).

L’Allemand Wim Hosenfeld (1895-1952).

Jacques Lusseyran (1924-1971).

La Hongroise Gitta Mallasz (1907-1992).

Resistance (1)

L’Arménien Missak Manouchian (1906-1944).

Guy Môquet (1924-1941).

Jean Moulin (1899-1943).

La Russe Véra Obolensky (1911-1944).

L’Italien Giorgio Perlasca (1910-1992).

L’Abbé Pierre (1912-2007).

Le Polonais Witold Pilecki (1901-1948).

Henri Rol-Tanguy (1908-2002).

L’Allemande Sophie Scholl (1921-1943).

La Polonaise Irena Sendlerowa (1910-2008).

Marguerite Soubeyran (1894-1980).

La Néerlandaise Tina Strobos (1920-2012).

Violette Szabo (1921-1945).

Germaine Tillion (1907-2008).

André (1901-1971) et Magda (1901-1996) Trocmé.

Marie-Claude Vaillant-Couturier (1912-1996).

Rose Valland (1898-1980).

Edouard Vigneron (1896-1972).

Le Suédois Raoul Wallenberg (1912-1947 ?). 

Ces témoins sont morts, nous ne devons pas les oublier.

Aux professeurs maintenant de transmettre leur nom, aux éditeurs d’inventer des livres de partage, aux âmes éprises de justice de prolonger l’esprit de leurs luttes.

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Sylvie Baussier, Résistance, 40 figures contre le nazisme, illustré par Gonoh, Gallimard Jeunesse, 2020, 96 pages

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