Ecriture, crime et dépossession, entretien avec Damien Aubel, écrivain

Le narrateur du premier livre de Damien Aubel, Possessions (éditions Inculte), est la proie d’une sainte fureur contre le vulgaire. Son refus obstiné des petitesses des milieux qu’il traverse construit au cours de ce roman âpre, âcre, amer, fou, un chemin initiatique aboutissant à une forme de mystique sauvage. La littérature met ici à nu…

Venus Lipitania, par Gabrielle Wittkop, sainte du scandale

Gabrielle Wittkop est une femme épatante. Morte par suicide à quatre-vingt-deux ans en 2002, son nom doit pourtant être prononcé au présent, tant la force scandaleuse de ses visions d’écrivain semble émaner d’une force de vie considérable, et inaltérable. Auteur du sidérant Le Nécrophile, republié en 2001 par les éditions Verticales (huit autres titres sont…

Musiques françaises, revue L’Infini, étude 138

Portraits multiples de la somptueuse pianiste Martha Argerich, extrait du dernier roman de Philippe Sollers, Beauté, étude sur la fin de Rigodon par Dominique Brouttelande, la musique irrigue le dernier numéro de la revue L’Infini. En janvier 1961, interviewé par Julien Alvard peu avant sa mort, Louis-Ferdinand Céline déclare : « Comment je me suis intéressé à…

La France suffoque, par Philippe Sollers

« La pensée de la véritable Histoire ne paraîtra qu’aux peu nombreux. » (Heidegger) Depuis des années, chaque semaine, Philippe Sollers et le journaliste voltairien Franck Nouchi (Le Monde) se rencontrent pour discuter de l’actualité et de la littérature. Chacun apprend de l’autre, car chacun aime apprendre et s’informer, dans le désir de découvrir l’envers des cartes,…

La guerre des images selon Daech, par Jean-Louis Comolli

Pour Daech, les images sont des armes de guerre. Jamais la cruauté n’avait été montrée à telle échelle avec autant de détestable volupté (un désir de mort absolu). Que l’image tue les mécréants, qu’elle blesse à l’extrême leur sensibilité, les pétrifie, les épouvante, anesthésie leur sens critique (il y a trop à voir). Nous ferons…

En désespoir de cause

Dans un livre majeur publié en 1956, L’Obsolescence de l’homme, sous-titré Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, le philosophe allemand Günther Anders écrit : « Nous vivons désormais dans une humanité pour laquelle « le monde » et l’expérience du monde ont perdu toute valeur : rien désormais n’a d’intérêt, si ce n’est le fantôme du…