©Daido Moriyama / Foundation Cartier-Besson « Il y avait moi, et il y avait mon ombre sur le sol. Que me fallait-il de plus ? » (Daido Moriyama) Pensée par Clément Chéroux, l’exposition sobre et puissante ayant actuellement lieu à la Fondation Henri Cartier-Bresson, Lettres d’amour à la photographie, rappelle la fascination de Daido Moriyama pour la première…
Étiquette : Walter Benjamin
Proses de pensée, par Walter Benjamin, écrivain
Figues, 1696, Bartolemeo Bimbi « Chaque matin nous informe des nouvelles de la planète. Et pourtant nous sommes pauvres en histoires remarquables. Pour quelle raison ? Cela tient au fait qu’aucun événement ne nous parvient plus sans être saturé d’explications (car aucun événement ne nous parvient s’il n’est saturé d’explications). Autrement dit, presque plus rien de ce…
Quand la terre s’ouvre, Martin Heidegger lu par Georges Didi-Huberman
photogramme de Bassaé, 1964, Jean-Daniel Pollet « Si grec veut dire origine – ce qui, d’un certain point de vue, pourrait évidemment faire sens -, c’est à la condition de comprendre ce mot à la façon dont Walter Benjamin, et non Heidegger, entendait le mot Ursprung : non pas la source unique, non pas la « racine » de…
André Malraux, la tentation du cinéma
Les cinéastes, militants et révolutionnaires qui firent Mai 68 ont sûrement été très injustes envers André Malraux dans ce qui s’est appelée alors L’affaire Henri Langlois. On accusa le ministre des Affaires culturelles d’avoir lâché le génial inventeur, désormais démis, de la Cinémathèque française, d’être un renégat, alors qu’il eut toute sa vie la passion…
Poème visuel pour Mary, par Robert Frank, photographe
©delpire & co / Libella, 2025 « Les choses les plus simples changent si l’homme prend contact avec. » (Robert Frank) En 1947, le photographe suisse Robert Frank (1924-2019) s’installe à New York, faisant de 1949 à 1953 de fréquents séjours à Paris, où il aime, tel le flâneur baudelairien, errer. Alors qu’il est séparé de sa…
Les squelettes dansent, par Vincent Wackenheim, écrivain
Le Colporteur, 1530, Hans Holbein « Tant en occis et dévora / Que tous les jours, à grands monceaux, / Trouvaict-on dames, jouvenceaux, / Jueunes, viez et de toutes guises, / Gisans morts parmy les esglizes » (Guillaume de Machaut) On trouve à Clusone, dans le nord de Bergame, sous un préau, à l’air libre, près de…
Repolitiser Atget, par Yannick Le Marec, essayiste
Eugène Atget ©BnF J’ai bien fait de laisser en attente sur mon bureau, durant plusieurs mois, le livre de Yannick Le Marec, Eugène Atget, La photographie des hommes libres. Cet essai prenant la forme d’une enquête est passionnant. A partir de l’album Zoniers, consacré aux habitants de la marge vivant non loin des fortifications parisiennes,…
Auguste Blanqui, les barricades mystérieuses, par Léa Bismuth, essayiste
Désidération ©SMITH « Cet homme a tout du personnage vengeur, shakespearien ou dostoïevskien, mû par une énergie rédemptrice par-delà la mort, soulevé par un désir d’en découdre, passant outre toutes les menaces. » Je n’ai pas lu, depuis le livre de Gilles Collard sur Klaus Mann paru chez Flammarion en août 2025, d’essai aussi passionnant et bien…
Un Brésil de haute solitude, par Vincent Catala, photographe
©Vincent Catala « Autour de ces habitants, nous découvrons l’accumulation des ruines du progrès dans des couleurs neutres et non saturées. Il y a des terrains vagues, des restes de chantier, des parkings sauvages, des viaducs suspendus au-dessus de la forêt vierge, l’odeur de la végétation et du pneu brûlé. Et une infinité de bâtiments austères,…
Une politique de l’esprit et du corps, Klaus Mann, par Gilles Collard, écrivain
« Longtemps, je n’ai pu lire un livre de Klaus Mann sans tomber malade, sans en comprendre la raison. Aujourd’hui je crois que c’est parce qu’il nous laisse une dette et une responsabilité, car il n’est pas certain que nous soyons quittes du XXe siècle. » (Gilles Collard) Je transporte avec moi depuis plusieurs semaines le livre…
Faire son cinéma, par Peter Szendy, philosophe
La maison du docteur Edwardes, 1945, Alfred Hitchcock « Bref, le cinéma peut nous montrer tout ce que nous voyons sans savoir que nous le voyons. Et c’est exactement ça que Benjamin appelle « l’inconscient visuel ». C’est à ça, dit-il, que le cinéma peut nous donner accès. » Publié dans l’excellente collection Les petites conférences, dirigée chez Bayard…