
La série photographique du photographe allemand Calin Kruse intitulée Hoodlums and vagabonds est un voyage composé d’images âpres et magnifiques d’une humanité donnant le sentiment de constituer une communauté improbable d’exilés volontaires.
Dans un noir et gris très granuleux apparaissent des êtres de la nuit, ce sont des amis.
Une brune, seins nus, cheveux noirs envoûtants, fumant un pétard.


Une jeune femme, torse nu, se protégeant avec pudeur.
Le ventre d’une complice fixant l’objectif et qu’on imagine enceinte, posant près d’un radiateur.

Des amants inventant un baiser.
Des marginaux, des alliés.


Une caravane, des bois, des jeux et des fous-rires.
La plupart du temps, le flash, une lumière intense, offre aux sujets une aura de mystère et de gloire underground.


Des animaux, vivants ou non, des ruines, des végétaux.
La tonalité est fantastique, vaguement inquiétante, triviale et mythologique.


Le tatouage de l’un est un mot d’ordre pour tous : « Stay beautiful »
Il n’est pas l’heure de dormir, jamais, la vie à contretemps est bien plus désirable.

On se roule dans un tapis de feuilles, on danse le sabbat, des chiens copulent.
Une phrase de Kerouac (On the road) est inscrite sur la couverture d’un livre bientôt introuvable : « […] the only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see centerlight pop and everybody goes ‘Awww !’ »

Des fous, des voyous, des vagabonds, des saints.

Calin Kruse, Hoodlums and vagabonds, dienacht Publishing Edition, 2017 – deux cents exemplaires
