Ecrire, photographier, Laure Samama en majesté

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« Tes mains s’effacent, seul persiste le monde alentour, lointain, ouvert aux autres, fermé à mon regard. Je ne sais pas s’il m’est devenu opaque, interdit, fermé, ou si au contraire il s’offre enfin à moi dans toute son aridité. »

C’est une seule feuille pliée en huit comportant en son milieu une fente, comme une bouche, un appel d’air, une déchirure, une possibilité de lecture.

Au verso (est-ce le recto ?), une forêt, ou un bosquet, quelques arbres blessés, des paroles muettes, énigmatiques, une calligraphie secrète.

De l’autre côté un texte superbe en quatre colonnes, un titre – Tes mains s’effacent – l’identité d’un éditeur – Arnaud Bizalion – un ISBN, et un triptyque mystérieux valant héraldique : un escargot, un portrait tronqué capturé par un miroir formant médaillon, un plumage de paon – ou un fantasme végétal.

Le texte, daté de l’été 2014, évoque quatre ans plus tard un amour qui s’estompe, perdu, disparu, des gestes reçus désormais évaporés, s’éloignant, s’oubliant.

Une femme exprime son désarroi. Elle devient paysage, écureuil, biche, oiseau, chat.

Elle ne bouge plus alors que la nuit gagne la pièce où elle travaille, puis la maison entière.

Que faire de la mélancolie ?

« Je vais poser l’appareil photo ente le monde et moi pour protéger mes yeux de la brûlure du réel. Le temps d’un été il sera mes lunettes eskimos. » (lire Tes mains s’effacent pour découvrir la façon dont les fabriquent les Inuits).

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Pour le plaisir de continuer à lire Laure Samama, le lecteur peut tenter de se procurer rapidement (200 exemplaires numérotés seulement) le deuxième numéro de la très élégante revue de littérature érotique Spasme – mention spéciale pour les dessins très fins illustrant cet opuscule, notamment ceux du dénommé Machine Libre.

Son texte s’intitule cette fois Les seins blancs, il est charmant. C’est l’histoire de deux amies, des gémissements d’un homme, d’une danse un soir de Nouvel An, et d’une poitrine nue.

Les mains se posent, s’impriment sur la chair, se font audacieuses.

« Elle a posé ses mains sur les seins blancs, elle a touché du bout des doigts les tétons rose pâle.

Elle a appuyé légèrement et de plus en plus fort. Enfin, elle a serré et elle les fait rouler entre le pouce et l’index, comme on fait d’une petite boule de glaise dont on veut qu’elle s’affine. Elle a joui presque instantanément, dans le temps même où elle s’arrachait à elle. »

On se retrouve le soir du 31 décembre ?

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Laure Samama, Tes mains s’effacent, Arnaud Bizalion Editeur, 2018

Arnaud Bizalion Editeur

Laure Samama

 

téléchargement

Revue Spasme, numéro 2, Quintal Editions, 2018

LSAMAMA-Spasme-01

Revue Spasme

 

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